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Moyen-orient

L’opposition ne veut pas de la "réconciliation nationale" prônée par Morsi

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 27/06/2013

Dans un discours prononcé mercredi soir, le président égyptien Mohamed Morsi a proposé de créer une commission ouverte à toute la classe politique pour amender la Constitution. Mais l'opposition se dit toujours déterminée à manifester dimanche.

Le président égyptien, Mohamed Morsi, a tendu la main à ses adversaires politiques lors d'un discours qui a duré plus de deux heures mercredi 26 juin. Dans un contexte de vives tensions - au moins une personne a trouvé la mort dans des heurts entre pro et anti-Morsi avant son intervention -, le chef de l'État a proposé la formation d'une commission qui regrouperait l'ensemble de la classe politique et aurait pour mission d'amender la Constitution. Celle-ci a été adoptée par référendum en décembre dernier, avec le soutien des islamistes, mais nombreux sont ceux qui la jugent tendancieuse et hostile à l'opposition.

"Même les Frères musulmans ne pourront pas réunir les deux tiers des députés"



Le président égyptien a reconnu avoir commis des erreurs, mais il a également accusé sans les nommer des "ennemis de l'Égypte" coupables à ses yeux de vouloir saboter le système démocratique issu de la révolution de 2011. "Je suis devant vous non comme détenteur d'une charge, mais en tant que citoyen égyptien qui est inquiet pour son pays", a-t-il déclaré avant d'indiquer qu'il ferait prochaînement le bilan de la première année de sa présidence.

Le chef de l'État égyptien a également estimé que l'affrontement politique actuel menaçait la démocratie et risquait de plonger le pays dans le chaos. En guise de conclusion, il a tendu un rameau d'olivier à l'opposition et parlé de "réconciliation nationale".

L'opposition réclame des élections anticipées

À la suite de l'intervention présidentielle, l'opposition a réitéré son appel à manifester le 30 juin, jour du premier anniversaire de la prise de fonction de Mohamed Morsi. "Notre revendication était une élection présidentielle anticipée et comme cela n'a été nullement mentionnée dans le discours, notre réponse sera dans la rue le 30 juin", a déclaré Mahmoud Badr, journaliste de 28 ans qui a lancé la campagne pour manifester ce jour-là. Badr assure que la pétition qu'il a lancée pour faire partir Morsi, sous le slogan "Tamarod !" (Rebelle), a réuni 15 millions de signatures en deux mois. "J'ai honte que cet homme soit devenu président de mon pays", a-t-il continué.

Khaled Dawoud, porte-parole de la coalition des partis libéraux, qui soutient également la pétition, a estimé que l'appel de Morsi à la coopération n'était pas nouveau et qu'il ne devait donc pas être pris au sérieux. "Je suis plus résolu que jamais à manifester le 30 juin pour exiger le départ d'un président totalement irresponsable", a-t-il dit.

Selon plusieurs observateurs, l'Égypte est au bord d'une nouvelle éruption de l'ampleur de celle qui avait fait chuter Hosni Moubarak en février 2011, en raison d'une combinaison explosive de polarisation politique exacerbée et de crise économique chaque jour plus pesante.

Première publication : 27/06/2013

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