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Amériques

Joe Biden évoque le cas d'Edward Snowden avec Rafael Correa

© AFP

Texte par Dépêche

Dernière modification : 30/06/2013

Le président équatorien a révélé, samedi, que le vice-président des États-Unis l'avait appelé pour lui demander de ne pas accorder l'asile à Edward Snowden, l'informaticien à l'origine des révélations sur le programme d'espionnage Prism.

Les tractations se poursuivaient samedi sur le sort d'Edward Snowden, après que les Etats-Unis ont demandé à l'Equateur de ne pas accorder l'asile à l'ancien consultant du renseignement américain, à l'origine des révélations sur un programme d'espionnage qui aurait aussi eu pour cible l'Union européenne.

Le président équatorien Rafael Correa a révélé que le vice-président des Etats-Unis Joe Biden l'avait appelé au téléphone vendredi, sur fond de tensions diplomatiques entre les deux pays, pour plaider en faveur de l'extradition du jeune homme de 30 ans, recherché pour espionnage par Washington.

"Nous avons parlé de l'affaire Snowden et il m'a transmis de manière très courtoise la requête des Etats-Unis de bien vouloir rejeter la demande d'asile", a déclaré M. Correa, au cours de sa conférence de presse hebdomadaire, donnée à Aromo, localité située à 440 kilomètres au sud-ouest de Quito.

Au centre d'un imborglio diplomatico-judiciaire international, l'ancien collaborateur de l'Agence nationale de sécurité (NSA), qui a dénoncé les vastes programmes américains de surveillance des communications, est bloqué depuis dimanche à l'aéroport de Moscou, où il a atterri en provenance de Hong Kong.

Signe de ce scénario rocambolesque, des cinéastes de Hong Kong ont brûlé la politesse au géant d'Hollywood en étant les premiers à diffuser un film sur l'affaire, une vidéo de cinq minutes, intitulé "Verax" et diffusée sur le réseau internet YouTube.

Les Etats-Unis ont depuis multiplié en vain auprès de la Russie les appels pour son extradition, avertissant l'Equateur de "répercussions" en cas d'octroi de l'asile à M. Snowden, dont le passeport américain a été invalidé et qui ne dispose d'aucun document pour voyager.

Le président équatorien a d'ailleurs annoncé que son consul à Londres serait "sanctionné" pour avoir remis au fugitig américain un sauf-conduit sans l'autorisation de Quito et donc dépourvu de validité. Ce document avait été invoqué par Hong Kong pour justifier sa décision de le laisser gagner la Russie.

Dirigeant socialiste aux relations conflictuelles avec la Maison Blanche, M. Correa a en outre précisé avoir rappelé au vice-président américain que la demande d'asile de l'informaticien américain ne serait instruite que "lorsqu'il serait sur le sol équatorien, si cela se produisait".

"Evidemment les Etats-Unis seront les premiers à qui nous demanderons leur avis", a-t-il affirmé, évoquant une conversation "courtoise, voire cordiale" avec M. Biden.

L'Equateur a déjà suscité la colère des Etats-Unis pour avoir accordé il y a un an l'asile politique dans son ambassade à Londres au fondateur du site internet WikiLeaks, Julian Assange, autre bête noire de Washington pour avoir divulgué des centaines de milliers de câbles confidentiels américains.

Le sort de M. Snowden demeure donc dans l'impasse pour l'instant. La Russie avait indiqué que ce dernier était "libre" de repartir, tandis que son propre père a évoqué la possibilité que son fils retourne aux Etats-Unis sous conditions.

De son côté, le président Correa a réaffirmé que sa décision d'accorder l'asile ou non serait prise de manière "souveraine", tout en insistant sur le fait que M. Snowden avait révélé "le plus grand cas d'espionnage massif dans l'histoire de l'humanité" et appelant la communauté internationale à "réclamer des explications aux Etats-Unis".

Appelé Prism, le programme d'espionnage des communications électroniques mondiales de la NSA aurait aussi été étendu à l'Union européenne, selon la dernière édition de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel.

La NSA aurait notamment espionné la représentation diplomatique de l'UE à Washington, ainsi qu'auprès des Nations unies, affirme Der Spiegel qui fonde ses accusations sur des documents confidentiels obtenus en partie grâce à M. Snowden.

Der Spiegel a également recueilli sur son site internet des réactions de personnalités européennes, comme le président du Parlement européen, l'Allemand Martin Schulz, qui estime que "si cela se confirme, il s'agit d'un immense scandale". "Cela nuirait considérablement aux relations entre l'UE et les Etats-Unis", a-t-il réagi.

Mercredi, l'UE avait demandé aux États-Unis de lui fournir "aussi rapidement que possible" des réponses à ses questions sur le programme de surveillance américain Prism.

AFP
 

Première publication : 29/06/2013

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