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La cote de popularité de Dilma Rousseff s'écroule

© AFP

Texte par Dépêche

Dernière modification : 30/06/2013

Conséquence de la vague de protestation qui secoue le Brésil depuis début juin, la cote de popularité de la présidente Dilma Rousseff a chuté de 27 points en trois semaines, a annoncé samedi un institut de sondage.

La popularité de la présidente Dilma Rousseff a chuté de 27 points, à 30%, depuis la première semaine de juin, début de la fronde sociale qui secoue le Brésil, alors que de nouvelles manifestations sont prévues dimanche à Rio de Janeiro en marge de la finale de la Coupe des Confédérations de football.

Un sondage de l'institut Datafolha publié samedi montre que la popularité du gouvernement Rousseff est passée de 57% à 30% en trois semaines, depuis les premières grandes manifestations pour l'amélioration des services publics et contre la corruption.

En mars dernier, le gouvernement Rousseff jouissait encore d'une popularité de 65%.

Début juin, un précédent sondage Datafolha avait déjà révélé une chute de huit points de la cote de popularité de Mme Rousseff, candidate naturelle pour briguer un second mandat à la présidentielle de fin 2014.

"C'est une situation radicalement différente à laquelle personne ne s'attendait. Dilma (Rousseff) n'est plus la présidente solide d'il y a quelques mois", a déclaré à l'AFP l'analyste politique, André César, du cabinet de consultants Prospectiva.


Le ministre des communications, Paulo Bernardo a indiqué samedi que la présidente était "très tranquille" après le sondage. "Elle reconnaît qu'il y a un changement et le remède, selon elle, est de travailler", a-t-il ajouté cité par l'Agence Brasil (publique).

"C'est un signal d'alarme, un signe qu'elle doit commencer à gouverner", a affirmé de son côté, le leader du principal parti d'opposition au sénat, Aloysio Ferreira cité par O Globo.

Les manifestations ont eu pour point de départ la hausse du tarif des tickets d'autobus avant de s'attaquer à la facture colossale du Mondial de football en 2014, alors que certains services publics comme la santé et l'éducation manquent cruellement de moyens financiers.

Dilma Rousseff a multiplié les consultations vendredi autour de son projet de référendum sur une réforme politique qu'elle veut envoyer dès mardi au Congrès en réponse au mouvement de contestation dans le pays. Le sondage Datafolha de samedi montre que 68% approuvent ce référendum.

Les manifestations ont perdu de leur ampleur au cours des derniers jours.

Plus d'évangéliques que de manifestants à Sao Paulo

Mais samedi, deux millions de fidèles, selon les organisateurs et 800.000 selon la police, se sont rassemblés au centre de Sao Paulo pour la marche annuelle "pour Jésus", la plus grande fête évangélique du Brésil, où ce courant religieux a fortement progressé ces dix dernières années au détriment du catholicisme.

C'est presque autant que les plus grandes manifestations sociales des derniers jours. Environ 1,2 million de manifestants avaient défilé dans les rues de tout le pays (dont 130.000 à Sao Paulo) le 21 juin au plus fort de la fronde sociale.

Sur l'un des camions se trouvait le pasteur et député controversé Marco Feliciano, président de la Commission des droits de l'homme à la chambre des députés, accusé de racisme et d'homophobie. Il a été plusieurs fois ovationné par la foule qui brandissait des banderoles où l'on pouvait lire "le militantisme gay profite des manifestations du peuple. Quelle honte!".

Les évangéliques ont gagné du terrain, surtout les pentecôtistes, et en 2010 ils représentaient plus de 22% de la population, soit 42,3 millions de personnes. Ils constituent un groupe important au Parlement qui s'oppose au mariage homosexuel et à la légalisation de l'avortement

Dimanche pour la finale de la Coupe des Confédérations (Brésil-Espagne à 22H00 GMT) une grande marche est annoncée vers le stade Maracana de Rio. La police a mobilisé 6.000 hommes qui seront répartis à l'intérieur du stade et aux abords de l'enceinte, appuyés par 100 véhicules.

Le président de la Fifa, Joseph Blatter, a dit toutefois vendredi qu'il s'agissait "de la meilleure Coupe des Confédérations (la 9e) organisée jusqu'à présent". Il s'est également dit "sûr que la Coupe du monde serait un succès".

Lors du match inaugural du tournoi le 15 juin à Brasilia, Dilma Rousseff avait été huée aux côtés de M. Blatter. Dimanche, elle ne sera pas présente au Maracana, contrairement à ce qu'elle avait envisagé, rapporte la presse.

AFP

Première publication : 30/06/2013

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