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FRANCE

Dalil Boubakeur élu président du Conseil des musulmans de France

© AFP

Texte par Dépêche

Dernière modification : 01/07/2013

Le recteur de la Grande mosquée de Paris, qui a dirigé l'institution de 2003 à 2008, a été élu à une très large majorité, dimanche, à la tête du Conseil français du culte musulman (CFCM), miné par les tensions entre les différentes fédérations.

Le recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a été élu dimanche président du Conseil français du culte musulman (CFCM), une instance censée représenter les musulmans de France mais minée par des crises à répétition.

Dalil Boubakeur qui dirige une institution proche de l'Algérie "a été élu à une très large majorité des membres du Conseil d'administration", a déclaré à l'AFP un membre de cette instance, Abdallah Zekri, maintenu dans ses fonctions de président de l'Observatoire de l'islamophobie.

Cette élection intervient une semaine après un coup de théâtre qui avait vu la Grande mosquée de Paris (GMP), une des trois plus grandes fédérations de l'islam de France, quitter une réunion du CFCM.

M. Boubakeur, 72 ans, succède au Franco-marocain Mohammed Moussaoui qui a écourté d'un an son second mandat pour permettre la mise en oeuvre d'une réforme souhaitée par les autorités françaises.

"L'aboutissement du processus de réforme engagé il y a plusieurs mois vient consolider le CFCM dans son rôle de premier interlocuteur des pouvoirs publics pour traiter des questions relatives à l'exercice du culte musulman", a réagi le ministre de l'Intérieur Manuel Valls.

M. Boubakeur va diriger une présidence collégiale pendant deux ans jusqu'au 30 juin 2015 avant de céder la place à Anouar Kbibeche du Rassemblement des musulmans de France (RMF, proche du Maroc) à qui succédera en 2017 Ahmed Ogras du Conseil des musulmans turcs de France, détaille un communiqué du CFCM signé du président sortant.

Ce dernier s'est vu confier "une mission de réflexion sur la mise en place d'une instance rattachée au CFCM en charge des cadres religieux musulmans, imams et aumôniers, ainsi que de leur statut et de leur formation", selon le texte.

Après avoir exprimé leur "inquiétude" face à la "recrudescence des actes antimusulmans", les administrateurs du CFCM "réitèrent leur condamnation ferme de tout acte de violence ou appel à la haine au nom de leur religion et rappellent que nul ne peut se prévaloir d'agir au nom d'une religion ou d'une idéologie pour justifier des comportements contraires aux principes et aux valeurs du Vivre-Ensemble".

Boycott

Défenseur du dialogue inter-religieux et d'un islam intégré à la société française, le recteur de la GMP a déjà effectué deux mandats de 2003 à 2008 à la tête du CFCM, sans avoir été élu.

Cette fois, il avait d'abord désigné l'avocat Chemd Eddine Hafiz comme le candidat de la GMP à la présidence. Mais ce choix a été contesté par d'autres fédérations, notamment le Rassemblement des musulmans de France parce que Me Hafiz est l'avocat du Front Polisario, qui lutte pour l'indépendance du Sahara occidental, annexé par Rabat en 1975.

Le CFCM a été créé en 2003 sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy pour doter les 3,5 millions de musulmans vivant en France d'une instance représentative. Jusque-là, la GMP était le seul interlocuteur des pouvoirs publics en France.

Mais le CFCM est miné par des tensions entre "l'islam consulaire" marocain ou algérien, et "l'islam transnational" de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF, proche des Frères musulmans) et du mouvement piétiste du Tabligh, selon les politologues Leyla Arslan et Mohamed-Ali Adraoui, qui viennent de publier "L'Islam en France pour les Nuls".

A cela s'ajoutent les tensions entre les intérêts diplomatiques des Etats d'origine, algérien, marocain mais aussi turc.

Après des années de crise, l'UOIF et la GMP avaient accepté en début d'année de revenir à la table du CFCM en échange de la mise en place d'une direction collégiale et tournante.

En vertu de cet accord, des élections ont eu lieu le 8 juin pour désigner les nouveaux membres du conseil d'administration du CFCM. Les pro-Maroc ont dominé avec 25 sièges, contre huit aux pro-Algérie et sept aux Turcs.

Le scrutin a souffert du boycott à la dernière minute de l'UOIF, elle-même tiraillée entre ceux qui veulent jouer le jeu du CFCM et ceux qui préfèrent rester autonomes.

AFP

Première publication : 01/07/2013

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