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Afrique

Morsi refuse de partir, l'armée prête à "verser son sang"

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 03/07/2013

À quelques heures de l'expiration de l'ultimatum lancé par l'armée, le président égyptien Mohamed Morsi a écarté mardi soir toute idée de démission, se déclarant prêt à "sacrifier sa vie" pour préserver sa "légitimité".

À quelques heures de l'expiration de l'ultimatum lancé par l'armée aux responsables politiques, mercredi 3 juillet à 17h00 (15h00 GMT), la tension ne cesse de monter en Egypte. Dans la nuit de mardi à mercredi, 16 personnes ont péri dans une attaque contre un rassemblement de partisans du président Mohamed Morsi, près de l'université du Caire, selon le ministère de la Santé. Ailleurs dans la capitale, sept personnes ont été tuées lors de heurts entre pro et anti-Morsi dans le quartier de Guizeh (sud), selon des sources médicales. Des heurts ont également éclaté en périphérie du Caire et à Alexandrie et dans la ville de Kaliouba, au nord de la capitale. 

Morsi prêt à "donner sa vie"
 
Les esprits se sont échauffés après le discours télévisé du président égyptien, fortement contesté dans la rue depuis une semaine. S'adressant à la télévision avec pugnacité, le chef de l’Etat issu des Frères musulmans, de plus en plus isolé après la démission de six ministres, a refusé de s'effacer pacifiquement du pouvoir. Il a indiqué qu'il "continuerait à assumer la responsabilité du pays", présentant sa "légitimité" - un mot prononcé plusieurs dizaines de fois - comme "la seule garantie contre l'effusion de sang". Affirmant qu'il était prêt à "donner sa vie", il a martelé que le peuple l'avait "choisi lors d'élections libres et équitables".
 
Appelant la population au calme et l'opposition au dialogue, il a affirmé que le pays devait encore panser les plaies laissées par l'ancien régime d'Hosni Moubarak. Il a aussi mis en garde contre le "piège" d'une violence "sans fin", alors que les violences ont déjà fait 47 morts en une semaine de manifestations.
 
Feuille de route
 
Trois heures plus tard, dans un communiqué intitulé "les dernières heures", le Conseil suprême des forces armées égyptiennes (CSFA) s'est dit prêt "à verser son sang" pour "défendre l'Egypte et son peuple des terroristes, des radicaux ou des fous" et s’est dit prêt à imposer sa propre "feuille de route". En cas d'échec de son ultimatum, les militaires ont indiqué qu'ils établiraient eux-mêmes la "feuille de route" pour résoudre la crise, mais ont assuré qu'ils ne voulaient pas préparer un "coup".
Morsi appelle l'armée à retirer son ultimatum

Le président égyptien Mohamed Morsi a réaffirmé mardi soir sa "légitimité constitutionnelle", et appelé l'armée à retirer l'ultimatum. Mohamed Morsi "appelle les forces armées à retirer leur avertissement et refuse tout diktat" qu'il vienne d'Égypte ou de l'étranger, a-t-il écrit sur son compte Twitter officiel.

 
De leur côté, les Frères musulmans ont qualifié l'initiative de l'armée de "rébellion" face à laquelle le peuple égyptien ne resterait pas sans réaction.
 
Selon le quotidien gouvernemental Al-Ahram, cette "feuille de route" prévoirait notamment la nomination d'un conseil présidentiel et une suspension de la Constitution pour une période de transition --placée "sous la supervision de l'armée-- pouvant durer jusqu'à un an.
 
Peu avant sur son compte Twitter officiel, le président Morsi avait appelé les forces armées à "retirer leur avertissement" et refusé tout "diktat", en référence à l'ultimatum militaire, assimilé par ses partisans à un coup de force pour le faire partir. Ces déclarations ont été faites après avoir rencontré tout au long de la journée le ministre de la Défense et chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Sissi, qui fait figure d'homme fort face au président.
 
Du côté de l’opposition, le Front de salut national (FSN), principal bloc de l'opposition libérale, laïque et de gauche, a estimé que le président Morsi avait lancé un "appel public à la guerre civile" tandis que le mouvement Tamarud (rébellion), à l'origine de la mobilisation monstre du 30 juin, réclamait que le chef de l’Etat, "qui a menacé son peuple", soit arrêté par la Garde républicaine et déféré devant un tribunal.
             

Avec dépêches

Première publication : 03/07/2013

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