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Economie

Égypte : pourquoi Barack Obama n'a pas parlé de coup d'État

© Wikimedia

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 04/07/2013

Si Washington devait qualifier les événements en Égypte de "coup d’État", les États-Unis seraient légalement tenus de supprimer toute contribution financière au pays. Un scénario qui semble pourtant peu probable.

Il a pris soin de ne pas prononcer les mots. Lors de sa première déclaration officielle après le renversement de Mohamed Morsi, mercredi 3 juillet, le président américain Barack Obama n’a pas parlé de coup d’État. “Nous sommes profondément inquiets de la décision des forces armées égyptiennes de déposer le président Morsi”, a indiqué la Maison Blanche.

Une subtilité sémantique qui répond, certes, à des considérations diplomatiques, mais pas seulement. Il en va, en effet, aussi de l’aide économique que les États-Unis apportent chaque année à l’Égypte. Si Washington avait qualifié les événements en cours au Caire de coup d’État, le robinet à dollars aurait dû être coupé. La loi sur l’assistance financière étrangère, qui remonte à 1961, est très claire à ce propos : “Aucun fonds mis à disposition grâce à la présente loi ne doit apporter un soutien financier direct à un gouvernement d’un pays dont le chef du gouvernement a été déposé par un coup d’État militaire ou un décret”.

Or cette manne financière est essentielle pour Le Caire alors que la situation économique du pays n’en finit pas de se détériorer depuis la révolution qui a mis fin au règne d’Hosni Moubarak en 2011. L'Égypte dépend donc grandement des 1,3 milliard de dollars versés chaque année par les États-Unis. La pays est, après Israël, le deuxième plus important bénéficiaire de l’aide étrangère américaine. 

"Est-ce un coup d'État ?"

Face à cette pirouette rhétorique présidentielle, les médias et le monde politique n'ont pas tardé à réagir. Est-ce un coup d'État ? “Quoi qu'en dise la Maison Blanche, ça y ressemble quand même beaucoup”, souligne, entre autre, le site américain d’informations Slate. La chaîne d’informations en continue CNN ne prend, de son côté, aucun gant diplomatique et titre, jeudi, sur son site “Coup d’État en Égypte : ce que nous savons”.

Le refus de Barack Obama d'employer ce mot n'a pas non plus échappé au très influent sénateur démocrate Patrick Leahy. Celui qui siège à la commission en charge de superviser l’aide extérieure américaine, a souligné qu’à la lumière des récents événements, les autorités américaines allaient devoir “se pencher sur les sommes futures à accorder au gouvernement égyptien”. “Il est de notre devoir de réaffirmer le principe que les transitions politiques doivent être le résultat d’élections et non pas de coups de force”, a-t-il déclaré ne laissant planer que peu de doute sur son analyse de la situation égyptienne.

Une tradition américaine

Patrick Leahy a, pourtant, laissé une porte ouverte à une interprétation plus politique et moins légaliste des textes. Il a ainsi ajouté qu’il était urgent d’attendre “d’avoir une vision d’ensemble plus claire des événements” avant de prendre une décision. Une manière de reconnaître que l’obsession textuelle n’était peut-être pas adaptée à la situation présente. “Il est peu probable que Washington coupe l’aide financière à l’Égypte car cet argent sert, au final, les intérêts des États-Unis qui peuvent difficilement se permettre que la mauvaise santé économique de l’Égypte continue à favoriser l’instabilité au Moyen-Orient”, souligne ainsi le blog WorldWiew du Washington Post.

Surtout Washingon ne s’est pas privé par le passé d’avoir une interprétation souple des dispositions légales en la matière. En 2009, lors du coup d’État militaire au Honduras, la même question s’était déjà posée à l’administration Obama, rappelle le juriste américain Greg Weeks sur son blog Weeksnotice. Les États-Unis n’avaient finalement pas coupé l’aide financière alors même qu’ils avaient qualifié les événements de coup d’État. Idem lors de la fin prématurée du règne du président haïtien Jean-Baptiste Aristide chassé du pouvoir en 2004 par les rebelles du Front pour la libération et la reconstruction nationales. Washington n’en avait pas moins continué à envoyer une aide financière au pays.

Première publication : 04/07/2013

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