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Afrique

Morsi déchu, la communauté internationale appelle au retour de la démocratie

© AFP

Vidéo par Gallagher FENWICK

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 04/07/2013

La destitution, par l'armée, du président égyptien Mohamed Morsi mercredi a provoqué nombre de réactions notamment dans les capitales occidentales. Obama se dit très préoccupé, l'UE quant à elle réclame des élections dans les plus brefs délais.

 
Après l'annonce de la destitution du président égyptien Mohamed Morsi mercredi 3 juillet, la réaction de Washington, qui avait depuis quelques jours les yeux rivés sur l’un des ses principaux alliés arabes, à mesure que la tension croissait dans le pays, était très attendue. C'est le président américain en personne qui a réagi à cet évènement qui rebat les cartes au Moyen-Orient.  "Les États-Unis suivent la situation très indécise en Égypte, et nous croyons qu'en définitive l'avenir du pays ne peut être déterminé que par le peuple égyptien", a ainsi déclaré Barack Obama, dans un communiqué, après une réunion avec ses conseillers pour la sécurité nationale à la Maison Blanche.  
 
Et de poursuivre  "Nous sommes néanmoins très préoccupés par la décision des forces armées égyptiennes de déposer le président Morsi et de suspendre la Constitution égyptienne. À noter que le chef d’État américain n’a ni condamné l’action de l’armée, ni évoqué un coup d’État.
 
"J'appelle maintenant le pouvoir militaire égyptien à rendre toute l'autorité rapidement et de manière responsable à un gouvernement civil démocratiquement élu selon un processus ouvert et transparent", a-t-il toutefois ajouté.
 
Il a par ailleurs demandé aux agences et ministères américains concernés d'évaluer les "implications" légales de la nouvelle situation sur l'aide que Washington verse annuellement au Caire - quelque 1,3 milliard de dollars d'aide militaire - et qui, en vertu de la loi américaine, ne peut théoriquement pas aller vers un pays où un coup d'État a eu lieu.
 
Le monde arabe
 
Le président syrien Bachar al-Assad a , quant à lui, estimé mercredi que la destitution du président égyptien, qui soutenait la rébellion contre le régime de Damas, était synonyme de l'échec de l'islam politique.

"Quiconque se sert de la religion dans le champ politique pour favoriser un groupe aux dépens d'un autre tombera où que ce soit dans le monde", a-t-il dit, selon un communiqué cité par le quotidien officiel "Thawra". "Le résumé de ce qui se passe en Égypte, c'est la chute de ce que l'on appelle l'islam politique", a-t-il ajouté.
 
En revanche, plusieurs monarchies du Golfe, Arabie saoudite en tête, se sont réjouies de l'intervention des militaires égyptiens. Le roi Abdallah a adressé un message de félicitations au président de la Haute Cour constitutionnelle égyptienne, Adly Mansour, qui sera investi, ce jeudi, chef de l'État par intérim. "Nous vous félicitons pour votre arrivée au pouvoir à ce stade crucial de son histoire et nous prions Dieu pour qu'il vous aide à assumer la responsabilité qui vous incombe afin d'accomplir les ambitions de notre peuple frère d'Égypte", a écrit le monarque saoudien.
 
Paris "prend acte"
 
En France, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a "pris acte" de l'annonce de nouvelles élections. Paris "souhaite que les échéances soient préparées dans le respect de la paix civile, du pluralisme, des libertés individuelles et des acquis de la transition démocratique, afin que le peuple égyptien puisse choisir librement ses dirigeants et son avenir", a-t-il précisé sur Facebook.
 
L'Union européenne a appellé toutes les parties à "retourner rapidement au processus démocratique", notamment par la tenue d'une nouvelle élection présidentielle. La chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, a indiqué dans un communiqué "espérer que la nouvelle administration cherchera à rassembler", et a réitéré "l'importance d'un respect total des droits fondamentaux".
 
Enfin, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a estimé "préoccupante" l'intervention de l'armée pour renverser le président égyptien Mohammed Morsi, tout en jugeant les revendications des manifestants égyptiens "légitimes".
 
Avec dépêches

 

Première publication : 04/07/2013

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