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Le gouvernement marocain affaibli après le retrait des ministres de l'Istiqlal

© AFP | Le chef du parti Istiqlal Hamid Chabat

Texte par Amara MAKHOUL-YATIM

Dernière modification : 10/07/2013

Cinq des six ministres du parti conservateur Istiqlal se sont retirés du gouvernement. Privés de leurs alliés, les islamistes du Parti justice et développement (PJD) doivent tenter de former une nouvelle coalition. Une tâche qui s'annonce difficile.

Le divorce couvait depuis plus de deux mois déjà. Cette fois c’est officiel, l’Istiqlal se détache des islamistes dont il était le principal allié. Mardi 10 juillet, cinq des six ministres du parti conservateur ont présenté leur démission du gouvernement dominé par les islamiste du Parti justice et développement (PJD).

"C'est officiel, nos ministres viennent de présenter leur démission au chef du gouvernement", a annoncé mardi soir le porte-parole de l'Istiqlal, Adil Benhamza. Sur les six membres du parti titulaires d'un portefeuille, seul celui de l'Éducation, Mohammed El-Ouafa, doit encore présenter sa démission et dispose pour cela de 24 heures. "Dans le cas contraire, il sera exclu" a-t-il affirmé.

Désaccords au sein du parti Istiqlal

L'Istiqlal avait annoncé début mai son intention de quitter le gouvernement, provoquant une crise gouvernementale. Cantonné dans l'opposition durant des décennies, le PJD a remporté un succès historique lors des législatives de novembre 2011, dans le sillage des Printemps arabes. Mais faute de majorité absolue, il a dû construire une coalition hétéroclite avec trois autres formations, dont l'Istiqlal, le parti qui a mené le Maroc à l’indépendance à l’issue de la période coloniale.

Pour Sadek Hajji, journaliste marocain et analyste politique, "les dirigeants du parti Istiqlal reprochent au PJD de ne pas les consulter suffisamment pour ce qui est des décisions importantes". "Ils accusent le Premier ministre marocain Abdelilah Benkirane, issu du PJD, de confondre le rôle de chef de gouvernement avec celui de chef de parti", poursuit-il.

Mais d’autres facteurs peuvent expliquer cette scission, selon le journaliste. "Il y a des désaccords internes à Istiqlal", explique Sadek Hajji. Fin septembre 2012, le parti conservateur a élu à sa tête le maire de Fès Hamid Chabat, un trublion de la vie politique marocaine. Et l’Istiqlal s’est montré particulièrement virulent envers ses alliés islamistes depuis ce changement de direction précisément. "Ce n’est pas Chabat qui a négocié l’accord avec le PJD, et les six ministres d’Istiqlal au gouvernement ont été nommés par son prédécesseur", poursuit-il. "Ils sont d’ailleurs en désaccord avec leur chef et c’est pourquoi le ministre de l’Éducation a refusé d’obéir", révèle le journaliste qui estime que ces conflits internes expliquent en grande partie ce "coup d’éclat". "Hamid Chabat cherche de cette façon à asseoir son pouvoir", estime-t-il.

Le PJD en position délicate

Selon Pierre Vermeren, historien spécialiste du Maroc, cette crise politique "survient également dans un contexte de difficultés économiques". En effet, le Fonds monétaire international (FMI) réclame au Maroc de réformer sa Caisse des compensations, une mesure d’ampleur qui sera favorable aux plus pauvres. "À la fois le palais royal, le parti Istiqlal et le PJD veulent avoir la paternité de cette réforme qui devrait se révéler populaire", explique-t-il.

En provoquant cette crise politique, l’Istiqlal, très proche du palais, selon le chercheur, met ainsi le PJD dans une position délicate. Privé de son principal allié, le parti islamiste va devoir chercher de nouvelles alliances pour former une nouvelle coalition, s’il veut rester au pouvoir. Il risque donc bien de voir la mise en œuvre de cette fameuse réforme lui échapper.

Selon la presse marocaine, des tractations sont déjà en cours avec une autre formation pour pallier ce retrait. "Selon moi, il n’y a que le parti du Rassemblement national des indépendants (RNI) qui pourrait accepter de rejoindre la coalition", estime pour sa part Sadek Hajji. "Mais de toutes façons, vu les divergences qui existent entre le RNI et le PJD, l’alliance ne durerait pas longtemps : tôt au tard, il va falloir revoter", affirme le journaliste.

Un constat que partage Pierre Vermeren, "toutes les alliances politiques sont possibles, mais il est évident que la crise politique actuelle ouvre la voie à l’organisation de nouvelles législatives". Interrogé mardi par l'AFP, un député et dirigeant du PJD, Abdelalziz Aftati, a assuré ne pas craindre la perspective d'élections anticipées en cas d'échec des négociations avec d'autres alliés. C'est même le souhait "de certains responsables de notre parti", a avancé Abdelalziz Aftati.

Première publication : 10/07/2013

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