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Agent orange au Vietnam : la justice sud-coréenne condamne Monsanto

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 12/07/2013

La justice coréenne a condamné Monsanto à indemniser 39 vétérans de la guerre du Vietnam contaminés par l'agent orange, un défoliant hautement toxique commercialisé par la firme. L'entreprise devra leur verser 315 000 euros.

La justice sud-coréenne a donné raison vendredi 12 juillet à 39 anciens combattants qui affirmaient être tombés malades à cause de l'agent orange, du nom du défoliant utilisé par les Américains pendant la guerre du Vietnam.

La Cour suprême estime que la corrélation épidémiologique entre le défoliant et les maladies de peau développée par ces anciens militaires qui ont combattu aux côtés des Américains contre le Vietcong est prouvée. Elle a donc ordonné à Monsanto et Dow Chemicals, productrices de l'agent orange, de verser aux 39 plaignants une indemnisation d’un total de 466 millions de wons (environ 315 000 euros).

Des réparations qu'ils ne recevront sans doute jamais, la firme Dow Chemicals ayant fait savoir qu'elle contestait les conclusions de la justice sud-coréenne et invoqué des décisions précédentes aux États-Unis.



Un total de 16 000 anciens combattants avaient saisi la justice individuellement en 1999 contre les firmes américaines, réclamant l'équivalent de 3,4 milliards d'euros de dommages financiers. La Corée du Sud a mobilisé 300 000 hommes auprès des Américains pendant la guerre du Vietnam.

Roundup, PCB, Lasso... Monsanto est habituée aux procès

Ce n’est pas la première fois que la firme phytosanitaire américaine Monsanto se retrouve au cœur de scandales sanitaires. Ses produits traînent en effet une réputation sulfureuse depuis plusieurs décennies, comme le démontre "Le Monde selon Monsanto", une enquête menée par la journaliste indépendante Marie-Monique Robin en 2008 et qui dresse un portrait au vitriol de la compagnie.

Dans les années 1980, plusieurs milliers de vétérans américains du conflit vietnamien avaient déjà porté plainte contre Monsanto et six autres entreprises agrochimiques pour empoisonnement à l’agent orange. Tous ont été atteints de maladies graves - cancers, maladies de la peau, défaillances du système immunitaire…- imputées à la dioxine, composé chimique hautement toxique et présent en masse dans le défoliant.

Dans les années 1990, c’est au tour de son désherbant Roundup - le désherbant le plus vendu au monde - de faire la une des journaux. Le produit est pointé du doigt pour sa nocivité. Plusieurs études concordantes affirment pourtant que le pesticide - et son principe actif, le glyphosate - est potentiellement tératogène, c'est-à-dire responsable de malformations fœtales.

En 2002, la firme Monsanto est également reconnue coupable par la justice américaine d’avoir "pollué le territoire d’Anniston [une ville d’Alabama où la firme a fabriqué du PCB pendant près de 50 ans] et le sang de sa population avec les PCB [substance chimique synthétiques et polluante]". Elle est condamnée à verser 700 millions d’euros de dommages et intérêts à ses habitants.

En février 2012, Monsanto est une nouvelle fois condamné dans l’affaire qui l’oppose à un agriculteur français. La justice déclare la firme responsable de l’intoxication du céréalier Paul François suite à l’inhalation de son désherbant Lasso. Monsanto a fait appel. "Les produits de Monsanto sont conformes aux exigences de sécurité en place au moment de leur mise sur le marché. [La société] a une politique très rigoureuse en ce qui concerne l'évaluation scientifique de la sécurité des produits de protection des plantes", avait réagi l'entreprise, dans un communiqué.

Avec dépêches

Première publication : 12/07/2013

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