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FRANCE

À Paris, un adolescent accuse des policiers de l'avoir passé à tabac

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 12/07/2013

Un collégien de 15 ans affirme avoir été frappé par des policiers alors qu'il était en garde à vue à Paris. Le garçon s’est vu délivrer par les médecins une interruption de travail de 45 jours. L'IGS - la police des polices - a ouvert une enquête.

Un déchaînement de violence. La scène qu’un adolescent de 15 ans décrit sur le site internet StreetPress est celle d’un passage à tabac en règle. Il ne s’agit pas d’un règlement de comptes entre bandes rivales, mais du contrôle de police d’un collégien qui a mal tourné. À l’issue de sa garde à vue, le jeune homme est si mal en point que les médecins lui délivrent une interruption de temps de travail (ITT) de 45 jours - une durée exceptionnellement longue.

Les faits remontent au 28 mai. Ce jour-là, l’adolescent, élève de troisième, est assis sur un banc devant son collège dans le XIXe arrondissement de Paris. Dans sa main, un joint, ou une "cigarette artisanale" selon le vocabulaire que le garçon utilise sur StreetPress. Quand une patrouille de police arrive, le collégien jette son mégot. Le geste n’échappe pas aux fonctionnaires, qui entament alors un contrôle d’identité.

Marques de strangulation

Rapidement, la situation dérape. L’adolescent est insolent, l’un des agents s’énerve. "Il m’a serré le cou", raconte l’adolescent sur StreetPress. Des photos prises à sa sortie du commissariat 24 heures plus tard montrent en effet des traces violacées sur la gorge de l’adolescent.

Le jeune homme est ensuite menotté puis jeté à l’arrière de la voiture de police. Là, les claques et les insultes pleuvent. Arrivé au commissariat, l’un des agents lui assène plusieurs coups de poing au visage, lui bloque ensuite le bras derrière le dos, pendant qu’un autre lui porte des coups de pieds sur le coude, puis dans les parties génitales. "J’étais vraiment sonné", témoigne le collégien. À l’extérieur de la cellule, plusieurs autres agents observent la scène sans réagir.

Menotté malgré un coude cassé, l’adolescent - œil au beurre noir et bouche déformée par les coups - raconte avoir enfin été présenté devant un officier de police judiciaire, qui lui signifie sa garde à vue. Quand il demande à voir un médecin, on lui répond qu’il "viendra dans la soirée", rapporte l’adolescent. Le médecin arrive plusieurs heures plus tard. " Ça passera", lance-t-il au jeune qui lui fait part de sa douleur dans le coude. Le médecin conclut à trois jours d’ITT, notant également des "marques" sur le visage du jeune homme. Plus tard, l’unité médico-judiciare conclura à 31 jours d’ITT, puis une expertise faite à l’hôpital lui en attribuera 45…

L’IGS mène l’enquête sur une éventuelle "bavure"

L’Inspection générale des services (IGS), la police des polices, vient d’ouvrir une enquête sur les agissements des fonctionnaires de police impliqués dans l’affaire. Les parents de la jeune victime ont déposé une plainte contre X pour "coups et blessures volontaires en réunion […] par des personnes dépositaires de l’autorité publique, sur mineur de quinze ans".

"Chacun fait la différence avec des situations de violence lors d’interpellations musclées, où des coups sont échangés", a déclaré à France Info l’avocat du collégien, maître William Bourdon. "Là, c’est un véritable défoulement. Ce gamin a été choisi, ciblé, plusieurs policiers ont été à l’action, d’autres ont regardé la scène de façon impavide […]. Les faits sont très graves à la fois en raison de l’âge de la victime - il a 15 ans et se trouve donc dans une situation de faiblesse particulière - et en raison du fait qu’il n’y a pas eu l’ombre d’un comportement de sa part qui aurait pu, non pas justifier la violence, mais peut-être la faciliter ou la favoriser", ajoute ensuite l’avocat, évoquant des "faits de violence gratuite".

Selon plusieurs médias, les policiers incriminés nient les faits. Joint par téléphone, Pascal Disant, responsable du syndicat Alliance pour la région parisienne, assure qu’un médecin a examiné à deux reprises le jeune homme entre les murs du commissariat, et n’a jamais conclu à une fracture du coude. "Si le bras avait été cassé, il l’aurait vu, c’est évident, assure le policier. Deux jours après la fin de la garde à vue, le jeune homme se rend à l’hôpital, et là, on voit que le bras est cassé. Je m’interroge : a-t-il été cassé pendant la garde à vue ou après sa libération ? L’enquête de l’IGS déterminera si le gamin a été menaçant, violent, insultant et si les policiers sont coupables, ils seront condamnés."

Première publication : 12/07/2013

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