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Accident de train à Brétigny : la SNCF confirme la thèse d'une éclisse défaillante

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 15/07/2013

La SNCF confirme l'hypothèse de la défaillance d'une pièce d'aiguillage comme cause de l'accident de Brétigny-sur-Orge (Essonne) qui a fait six morts. L'éclisse s'est désolidarisée, s'est détachée et est sortie de son logement.

Brétigny-sur-Orge, Essonne

Afficher Brétigny-sur-Orge : le déraillement d'un train fait plusieurs morts sur une carte plus grande

Deux jours après le déraillement du train Paris-Limoges, qui a fait six morts dans la gare de Brétigny-sur-Orge (Essonne), le détachement d'une pièce reliant deux rails, une éclisse, reste la piste privilégiée pour expliquer l'accident. Selon la SNCF, cette pièce en acier de 10 kg s'est désolidarisée du rail. "Elle est venue se loger au centre de l'aiguillage et, à cet endroit, elle a empêché le passage normal des roues du train et aurait provoqué le déraillement", a souligné Pierre Izard, directeur général des infrastructures de la SNCF.

Les opérations de déblaiement des voies, entamées samedi, devraient prendre fin lundi en soirée, a déclaré sur place Guillaume Pepy, le président de la SNCF, mais l'enquête continue pour déterminer comment cette pièce s'est retrouvée fichée dans l'aiguillage.

Des photos de cette éclisse ont été projetées dimanche lors d'une conférence de presse, la troisième depuis le drame.

L'aiguillage avait été contrôlé le 4 juillet, selon la SNCF. Une demi-heure avant la catastrophe, un autre train était passé et aucune anomalie n'avait été relevée. Les voitures et la locomotive du Paris-Limoges étaient "à jour de toute vérification".

La SNCF va contrôler les 5 000 pièces semblables du réseau. "Les raisons de la désolidarisation de cette éclisse du rail est l'objet même" des enquêtes judiciaire et techniques en cours, a expliqué Guillaume Pepy.

Le bilan définitif est de six morts

Les sauveteurs ont achevé samedi 13 juillet leur mission à la gare de Brétigny-sur-Orge où les opérations se sont poursuivies pour soulever les voitures abîmées lors du déraillement. Après avoir soulevé en début de soirée la voiture la plus abîmée parmi les quatre qui se sont couchées, les secouristes n'ont pas découvert d'autres victimes comme cela était redouté.

"Nous sommes maintenant assurés qu'il n'y a pas de victimes supplémentaires" et le bilan "devient définitif, avec six décédés", a annoncé sur le place le préfet de l'Essonne, Michel Fuzeau. Il a précisé que 14 personnes étaient toujours hospitalisées dimanche, dont deux étaient entre la vie et la mort.

Cette catastrophe ferroviaire est la plus grave en France depuis la collision en 2008 entre un TER et un car scolaire à Allinges (Haute-Savoie), qui avait tué 7 collégiens.

Depuis le drame, la vétusté des infrastructures ferroviaires françaises est soulignée. "Le constat est sévère avec une dégradation ces dernières années, faute de moyens consacrés aux lignes classiques", a relevé le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier. Même si, sur la ligne Paris Austerlitz-Toulouse, où s'est produit l'accident, près de 70 millions d'euros ont été investis en 2013, soit le double des investissements de 2012, a-t-il précisé au "Journal du dimanche".

Outre l'enquête interne lancée par la SNCF, l'enquête judiciaire ouverte par le parquet d'Evry cherche à déterminer d'éventuelles responsabilités pénales ou civiles, tandis que des enquêteurs du Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT), rattaché au ministère des Transports, se sont rendus sur place dès samedi.

 Avec dépêches

Première publication : 15/07/2013

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