Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

DÉBAT

Hollande face à la presse : le chef de l'État a tenu sa conférence semestrielle

En savoir plus

CAP AMÉRIQUES

La stratégie des États-Unis face à l'organisation de l'EI

En savoir plus

FOCUS

Thaïlande : le business lucratif des mères porteuses

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Niki de Saint-Phalle, une "nana" militante et engagée

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCONOMIE

Les incertitudes économiques d'une Écosse indépendante

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"DDay"

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Kilt ou double"

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Ebola : une volontaire française de MSF contaminée

En savoir plus

SUR LE NET

Iran : les jeunes internautes contournent la censure

En savoir plus

  • Écosse : "Quel que soit le résultat, il va y avoir beaucoup de mécontents"

    En savoir plus

  • Frappes en Irak, croissance, Europe : les principales annonces de Hollande

    En savoir plus

  • Cinq casques bleus tchadiens tués dans le nord du Mali

    En savoir plus

  • Thaïlande : le business lucratif des mères porteuses

    En savoir plus

  • Alex Salmond, le visage d'une Écosse qui rêve d'indépendance

    En savoir plus

  • L'Australie, une cible de choix pour l'organisation de l'EI ?

    En savoir plus

  • Yacine Brahimi, la pépite algérienne révélée par Porto

    En savoir plus

  • Belgique : l'euthanasie d'un violeur inquiète les partisans de la mort assistée

    En savoir plus

  • Peu importe l’issue du référendum, "l’Écosse ne sera plus jamais la même"

    En savoir plus

  • Livraison d'armes aux rebelles syriens : le Congrès américain doit se prononcer

    En savoir plus

  • Vladimir Evtouchenkov, le nouvel oligarque dans le viseur du Kremlin

    En savoir plus

  • Parcours sans-faute des Bleues vers le Mondial-2015

    En savoir plus

  • Une star de la Silicon Valley rachète le château de Pommard

    En savoir plus

  • Le sulfureux maire de Toronto atteint d'un cancer rare et agressif

    En savoir plus

  • "Hollande renvoie l’image de quelqu’un de trop optimiste"

    En savoir plus

Economie

Qui est vraiment "Fabulous Fab", le trader au cœur du procès des subprimes ?

© AFP

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 16/07/2013

Le procès de Fabrice Tourre, le trader français de la banque Goldman Sachs, a débuté lundi à New York. Accusé d'être responsable de la crise des subprimes, ce génie des maths s'est réinventé en humanitaire au Rwanda. Pour brouiller les pistes ?

C’est l’un des procès les plus emblématiques des dérives du monde de la finance d’avant la crise de 2008 qui s’est ouvert lundi 15 juillet à New York. Dans le rôle de l’accusé : le trader français Fabrice Tourre, accusé d’être à lui seul, ou presque, responsable de la crise des subprimes. Son ancien employeur, la banque d’investissement Goldman Sachs, a préféré payer, en 2010, une amende record de 550 millions de dollars plutôt que de se montrer devant les juges.

La Security Exchange Comission (SEC - le gendarme américain de la finance) va donc tout faire pour transformer le jeune homme en requin de la finance vendu corps et âme au dieu dollar. C'est d'autant plus important pour cette institution qu'elle a souvent été critiquée, depuis le début de la crise des subprimes, pour ne pas avoir réussi à désigner les coupables de la débâcle financière de 2008. Fabrice Tourre est ainsi accusé d’avoir menti à ses clients en 2007, leur vantant les mérites d’un produit financier complexe de type subprime – Abacus 2007-AC1 – alors qu’il aidait, en parallèle, le milliardaire John Paulson à parier contre cet instrument financier. Conséquence : lorsqu’Abacus s’est effondré, les investisseurs ont perdu un milliard de dollars dans l’affaire et Fabrice Tourre a touché un bonus de 2 millions de dollars.

Virée rwandaise

L’entreprise de diabolisation de l’ex-trader français risque cependant de se heurter au passé récent de l’accusé. Depuis qu’il a quitté Goldman Sachs en 2010, Fabrice Tourre est allé au Rwanda pour y aider les fermiers à être plus efficaces. D’après le New York Times, qui a suivi ses traces, il a passé plus d’un an, entre début 2011 et mi-2012, au service d’une ONG dont le nom n’a pas été rendu public. Une mission humanitaire qui cadre mal avec l’image d’un requin de la finance uniquement intéressé par le profit.

Fabrice Tourre ne semble d'ailleurs pas être allé en Afrique pour faire de la figuration. “Il était souvent le dernier à quitter les bureaux”, se souvient un colocataire du Français à Kigali, interrogé par le New York Times. Les mails envoyés depuis le Rwanda par l’ex-trader, consultés par le quotidien américain, dépeignent un bénévole qui a mis au profit des fermiers locaux la même ingéniosité qu’il avait su déployer pour le compte de Goldman Sachs. Fabrice Tourre écrit ainsi en mars 2011 à des amis qu’il réfléchit à des innovations technologiques pour améliorer la récolte de café local. L’une de ses trouvailles aurait consisté à insérer des “puces espions” dans les graines afin de lutter contre le vol de café....

Mais où est passé “Fabulous Fab” ?

Des tranches de vie qui donnent l’impression que Fabrice Tourre n’est rien d’autre qu’un cerveau qui tourne à plein régime au profit de ceux qui savent l’utiliser. Goldman Sachs a su le faire, tout comme l’ONG au Rwanda. Pour donner un peu d’épaisseur humaine à celui qui, au sein de la banque d’investissement américaine, était réputé pour être un génie des maths, les témoignages sur place soulignent aussi qu’il faisait partie d’une équipe de foot local et aimait à traîner dans les bars.

Depuis son retour aux États-Unis, Fabrice Tourre suit des cours à l’Université de Chicago pour décrocher un doctorat en économie. Là encore, ses professeurs ne tarissent pas d’éloges sur le jeune homme qualifié “d’élève parmi les plus brillants” ou encore “de candidat que les entreprises vont s’arracher”.

Nul doute que l’accusation va tenter de faire passer la parenthèse rwandaise pour une habile tentative de réhabilitation. Pour ce faire, elle devrait ressortir les frasques passées de “Fabulous Fab”. Un surnom que Fabrice Tourre s’est donné lui-même dans un e-mail devenu célèbre, où il écrivait à un ami que “l’édifice entier [celui des subprimes, NDLR] risque de s’effondrer. Seul survivant potentiel, ‘Fabulous Fab’, debout au milieu de toutes ces opérations exotiques et complexes, qu’il créa sans forcément saisir tous les implications de ces monstruosités”. Dans un autre e-mail, il se réjouissait de l’argent qu’il se faisait en vendant des Abacus 2007-AC1, qu'il qualifiait de "son Frankestein", pour “la veuve et l’orphelin”.

Première publication : 15/07/2013

  • SCANDALE FINANCIER

    Fabrice Tourre, un "frenchy" au cœur de l'affaire Goldman Sachs

    En savoir plus

  • SCANDALE FINANCIER

    Le Français Fabrice Tourre rejette toute accusation de fraude

    En savoir plus

  • SCANDALE FINANCIER

    Goldman Sachs, une banque dans la tourmente

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)