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Afrique

Des femmes taxées 5 dollars pour avoir accouché dans la douleur au Zimbabwe

© Transparency International

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 16/07/2013

Un hôpital zimbabwéen a imposé une taxe de 5 dollars dont les femmes devront s'acquitter pour chaque cri poussé lors de leur accouchement. Une pratique abusive dénoncée par Transparency International, qui lutte contre la corruption dans le pays.

Donner la vie peut coûter très cher au Zimbabwe. Plusieurs femmes enceintes ont écopé d'une amende de 5 dollars (3,80 euros) pour avoir hurlé de douleur au cours de leur accouchement dans un hôpital du pays, indique un rapport de l'organisation humanitaire Transparency International publié en juillet. Une taxe réclamée par les infirmières afin de "prévenir les fausses alertes", et ainsi faire des économies. 

Les femmes qui ont refusé de payer, ou qui n'en ont pas les moyens, ont été retenues dans l'enceinte de l'hôpital jusqu'à ce que leurs familles viennent s'acquitter de cette taxe, ajoute l'organisation anti-corruption. Certaines victimes ont même témoigné avoir été harcelées par des agents de recouvrement, qui demandaient des intérêts si la taxe n'était pas réglée dans les temps. 

Huit femmes meurent chaque jour au cours de leur accouchement

Cette charge vient s'ajouter au coût de l'accouchement, soit 50 dollars. Une somme déjà très élevée pour ces Zimbabwéennes qui vivent dans un des pays les plus pauvres au monde - le salaire annuel s'élevant en moyenne à 150 dollars (114 euros).

Conséquence de cette pratique abusive : de nombreuses femmes donnent naissance chez elle, sans aide médicale. Selon les données des Nations unies, huit femmes en moyenne meurent chaque jour en mettant leur enfant au monde au Zimbabwe. 

Pour mettre un terme à ce racket, Transparency International, qui a également lancé une campagne pour encourager les Zimbabwéens à dénoncer la corruption dans les services administratifs, a adressé un courrier au ministère de la Santé pour l'alerter. Une lettre qui s'est depuis égarée, aurait avoué un officiel auprès de l'organisation humanitaire. Cette dernière s'est donc entretenu avec l'adjoint du Premier ministre, qui s'est engagé à ouvrir une enquête sur les services de maternité dans le pays.

Première publication : 16/07/2013

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