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Asie - pacifique

La coalition du Premier ministre remporte les élections sénatoriales

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Dépêche

Dernière modification : 21/07/2013

La coalition au pouvoir conduite par le Premier ministre Shinzo Abe a obtenu la majorité absolue à la chambre haute, selon la chaîne NHK. Son parti remporte à lui seul 63 sièges sur les 121 en jeu.

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a remporté dimanche les élections sénatoriales, d'après les résultats donnés par les télévisions, ce qui lui offre un boulevard pour conduire sa politique de relance économique et de fermeté diplomatique.

A l'issue du scrutin à 20H00 et sur la base des premiers dépouillements, la coalition formée par le Parti libéral-démocrate (PLD, droite) et le Nouveau Komeito (centre) a obtenu la majorité absolue à la chambre haute, selon la chaîne NHK.

A lui seul, le PLD, présidé par M. Abe, a remporté au moins 63 sièges (et au moins 73 avec le Nouveau Komeito), sur les 121 en jeu. Cela confère à la coalition un total minimum de 132 sièges, soit 10 de plus que la majorité absolue.

"Je remercie les électeurs. Nous allons pouvoir décider rapidement ce qui doit être décidé", s'est réjoui M. Abe à la télévision.

La moitié des 242 sièges de sénateurs étaient en jeu lors de ce scrutin.

Face au gouvernement Abe qui jouit d'environ 60% d'opinions favorables depuis son retour au pouvoir il y a sept mois, l'opposition n'a pas réussi à mobiliser.

La participation est apparue plutôt faible, bien que la campagne ait été autorisée sur internet pour la première fois.

La principale force d'opposition, le Parti démocrate du Japon (PDJ, centre gauche), subit une nouvelle lourde défaite après celle des législatives de décembre qui a mis fin à ses trois ans à la tête du pays.

Grâce à cette victoire, M. Abe dispose désormais d'un horizon de trois ans sans élection nationale et de tous les leviers puisque la coalition formée par son parti et le Nouveau Komeito contrôle déjà les deux tiers de la chambre basse.

"La situation de parlement bancal (avec une opposition majoritaire au Sénat) a été supprimée", s'est félicité M. Abe.

Cette élection lui garantit, dit-il, la stabilité politique, alors que le Japon a connu sept changements de Premier ministre depuis 2006.

Le chef du gouvernement jouira de surcroît d'une légitimité renforcée pour poursuivre sa politique de relance économique, surnommée "Abenomics", qui a entretenu sa popularité et attiré l'attention à l'étranger.

"La politique économique que nous menons est la bonne et nous allons poursuivre en ce sens parce que cela commence à avoir des effets positifs sur l'économie réelle", a déclaré M. Abe dimanche soir.

Dans le but de débarrasser la troisième puissance économique mondiale d'une déflation chronique et recouvrer une dynamique après le séisme, le tsunami et la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011, le chef du gouvernement a engagé des dépenses budgétaires pour financer des grands travaux et poussé la Banque du Japon à injecter des liquidités abondantes dans les circuits.

La troisième "flèche" de sa politique, censée élever le potentiel de croissance du pays, devrait comporter une restructuration du secteur agricole, des dérégulations massives et des modifications des règles du marché du travail, autant de changements qui inquiètent le centre et la gauche mais qu'espèrent les milieux d'affaires.

Yoshinobu Yamamoto, professeur de sciences politiques à l'Université de Niigata, a estimé que cette élection représentait "un référendum virtuel sur les +Abenomics+".

Les opposants de M. Abe redoutent aussi qu'après cette victoire, ce nationaliste ne remette sur le métier ses priorités diplomatico-militaires et éventuellement n'édulcore les excuses du Japon pour les atrocités commises pendant la Seconde guerre mondiale, au risque de froisser la Chine et la Corée du Sud voisines.

Depuis son retour au pouvoir après un premier passage raté à la primature (2006-2007), M. Abe a fait augmenter le budget militaire du Japon et prévenu qu'il voulait amender la constitution pacifiste imposée au pays par l'occupant américain après la capitulation nippone de 1945.

"Il est important de poursuivre profondément la discussion sur ce sujet et nous allons pouvoir le faire grâce à cette stabilité politique", a souligné dimanche M. Abe.

Première publication : 21/07/2013

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