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Afrique

En Tunisie, le mausolée de Sidi Bou Saïd fait peau neuve grâce à la mobilisation citoyenne

© Lilia Blaise | Le mausolée de Sidi Bou Saïd

Texte par Lilia BLAISE

Dernière modification : 25/07/2013

Après l’incendie qui a endommagé une partie de l’édifice en janvier dernier, le mausolée de Sidi Bou Saïd, dans la banlieue de Tunis, retrouve ses couleurs grâce à la mobilisation citoyenne. Reportage.

En haut d’un petit escalier, sur la colline de Sidi Bou Saïd, dans la banlieue nord de Tunis, le mausolée, toujours debout, semble immaculé. Il faut contourner le bâtiment pour découvrir le chantier et les restes des dégâts de l’incendie du 12 janvier 2013. Une façade remise à neuf et une restauration complète sont désormais en cours d’achèvement.

Depuis l’incendie qui a ravagé une partie du bâtiment datant du XIIIe siècle, le village s’est mobilisé pour le reconstruire au plus vite. Pour certains, c’est le symbole historique de la ville qui doit être restauré, pour d’autres, la reconstruction reste la meilleure arme contre l’extrémisme. La destruction du mausolée de Sidi Bou Saïd a fait suite à une série d’actes de vandalisme qui a touché les lieux représentant le culte soufi en Tunisie. Dans tout le pays, près d’une quarantaine ont été incendiés dont une vingtaine entièrement détruits en moins de dix mois.

Pour le maire Raouf Dakhlaoui, le chantier de reconstruction est un acte de résistance. "S’ils le détruisent de nouveau, nous le reconstruirons", affirme-t-il. Dans les jours qui ont suivi l’incendie, il a créé avec d’autres habitants l’association de sauvegarde des monuments de Sidi Bou Saïd. "On a reçu des dons de partout mais le plus important, c’était que chaque villageois puisse participer, même avec seulement 10 dinars." L’aide de l’ambassade de France, qui s’élève à 10 000 dinars, ne représenterait qu’une partie de la somme amassée en quelques mois - environ 50 000 dinars (près de 23 000 euros) - pour financer les premiers travaux.

Les thèses se contredisent encore sur l’origine de l’incendie

Si, grâce aux dons, le mausolée est en voie de reconstruction, certains citoyens digèrent mal l’absence de progrès de l’enquête sur les auteurs des dégradations de ce monument inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco. Les thèses se contredisent d’ailleurs encore sur l’origine de l’incendie. Le maire a dénoncé un acte de vandalisme commis par des "extrémistes" et a porté plainte contre le leader du parti islamiste Ennahda, Rached Ghannouchi, pour "responsabilité morale".

La reconstruction a permis des découvertes historiques

Lors de la réhabilitation, l’Institut national du Patrimoine a découvert derrière les murs calcinés, des fondations datant de la période Hafside( XIIIe siècle). Après le nettoyage de la céramique et le sondage des murs, d’anciennes colonnes et d’autres tombes avoisinant celles du saint, enfouies sous les nombreuses extensions qu’a connues le mausolée à travers les âges ont été mises à nu. "Nous ne avons pas encore à qui elles appartiennent, il se peut qu’elles aient précédé la construction du lie", témoigne Adnene Ben Nejma, l’architecte en charge des travaux.

La gardienne des lieux, madame Chadlia , qui habite juste à côté du mausolée, a quant à elle évoqué la thèse d'un court-circuit: "Il y avait une odeur de brûlé depuis la fin de l’après-midi et puis nous avons vu des étincelles. Personne n’est rentré, j’avais fermé la porte". L’affaire aurait été politisée mais serait donc close, selon elle. Du côté du ministère de l'Intérieur, les résultats de l'enquête n'ont pas été officiellement annoncés.

Depuis le début des incidents contre des mausolées en Tunisie, seules quatre personnes se revendiquant de la mouvance salafiste ont été arrêtées pour vandalisme et actes de violence dans le cas d’un mausolée, celui de Saïda Manoubia, lui aussi en phase de reconstruction. Ils ont été condamnés le 17 juin 2013 à cinq ans de prison.

Le mausolée de Sidi Bou Saïd devrait rouvrir ses portes en septembre.

Première publication : 24/07/2013

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