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Culture

Violence, sexe et crise des valeurs à la 70e Mostra de Venise

© AFP

Texte par Guillaume GUGUEN

Dernière modification : 25/07/2013

De l’aveu même de ses organisateurs, la 70e Mostra de Venise, qui se tiendra du 28 août au 7 septembre, ne sera pas une partie de franche rigolade. Coup d’œil sur les films et les starlettes les plus attendus sur la lagune.

Deuxième grand rendez-vous international du cinéma - après Cannes, bien sûr -, le Festival de Venise n’a, cette année encore, pas à rougir de sa sélection officielle.

Vingt films au total concourent pour le Lion d’Or que décernera le président du jury, le réalisateur italien Bernardo Bertolucci, au terme d’une dizaine de jours de compétition pour le moins austère. "Le cinéma reflète les crises que nous traversons, économique, sociale, familiale, il est le miroir d'une réalité souvent tragique, a expliqué jeudi 25 juillet le directeur de la Mostra, Alberto Barbera, lors de la conférence de presse de présentation. Abus sexuels, violences sur les femmes, dissolution des liens familiaux, parents défaillants, crise des valeurs... Les cinéastes ne donnent pas de signal d'optimisme ou de voie d'issue." Le ton est donné. Pas sûr qu’on se gondole à Venise.

Coup de projecteur sur les réjouissances qui attendent, du 28 août au 7 septembre, les festivaliers vénitiens. Au menu : une poignée de films d’auteur, une pincée de starlettes et un zeste de polémiques.


Les poids lourds

Il sera présenté hors compétition mais constituera très certainement l’un des temps forts des festivités. Projeté en ouverture, "Gravity" du Mexicain Alfonso Cuarón ("Y tu mamá también", "Les Fils de l’homme") est d’ores et déjà annoncé comme le nouveau monument de la science-fiction façon "2001, Odyssée de l’espace". Ce sont Sandra Bullock et George Clooney qui endossent les deux uniques rôles de ce thriller spatial en 3D dans lequel ils incarnent des astronautes chargés d’intervenir sur le téléscope Hubble.

Il n’avait rien réalisé depuis "Ponyo sur la falaise" en 2008. Le vénéré maître de l’animation japonaise Hayao Miyazaki ("Le Voyage de Chihiro", "Le Château ambulant") débarque sur la lagune avec "Le vent se lève", biographie du concepteur des bombardiers utilisés par l’aviation nippone durant la Seconde Guerre mondiale.

Quel autre cerveau aussi fertile que celui du fantasque Terry Gilliam aurait pu accoucher du scénario de "The Zero Theorem" ? La dernière fable de l’ex-Monty Python suit un pirate informatique névrosé, campé par le génial Christoph Waltz, qui se met en tête de découvrir les origines de l’humanité. Matt Damon, Tilda Swinton et Mélanie Thierry complètent l’alléchant casting de ce film 100% gilliamien.

Parmi les autres monstres sacrés du cinéma qui se disputeront la prestigieuse récompense, notons l’Algérien Merzak Allouache ("Les Terrasses"), le Britannique Stephen Frears ("Philomenia"), le Français Philippe Garrel ("La Jalousie"), l’Israélien Amos Gitaï ("Ana Arabia").

Les enfants terribles

Après avoir fait dans le social ("Wendy et Lucy") et le western mystique ("La Dernière Piste"), l’Américaine Kelly Reichardt s’attaque au film politique avec "Night Moves", l’histoire d’un groupe de militants écologistes qui nourrit le noir dessein de faire exploser un barrage. Dans les habits des terroristes verts : les stars montantes Jesse Eseinberg et Dakota Fanning.

On l’annonçait à Cannes, dont il a de nombreuses fois foulé le tapis rouge. Le jeune prodige canadien Xavier Dolan ("Les Amours imaginaires", "Laurence Anyways") est en lice pour le Lion d’Or avec "Tom à la ferme", le récit d’un jeune homosexuel qui découvre que son amant, tout juste disparu dans un accident de voiture, avait caché sa sexualité à sa famille.

Son adaptation pour le moins casse-gueule du monument littéraire "Tandis que j’agonise" de William Faulkner fut accueilli froidement lors du dernier Festival de Cannes. Le public vénitien sera-t-il plus indulgent avec James Franco ? L’acteur-réalisateur y présente un nouvel ambitieux projet, "Child of God", portait d’un funeste criminel nécrophile du Sud des États-Unis.

Les starlettes

Outre Jesse Eseinberg, Dakota Fanning et Mélanie Thierry, plusieurs autres étoiles assureront le service "strass et paillettes". Le point d’orgue du glamour devrait être atteint par la présence de Scarlett Johansson dans la Cité de Doges. Dans "Under the skin" du Britannique Jonathan Glazer ("Birth") , la comédienne américaine – et nouvelle résidente parisienne – prête sa plastique à un extra-terrestre malveillant qui attire ses proies humaines grâce à sa silhouette avantageuse.

Davantage connue pour ses frasques alcoolisées que pour ces performances d’actrice, la sulfureuse Lindsay Lohan célèbrera à Venise son retour sur le grand écran. Pour "The Canyons" de Paul Shrader (hors compétition), la comédienne endosse un rôle à sa mesure : celui d’une apprentie actrice désœuvrée qui collectionne les aventures sexuelles. Également à la distribution de ce long-métrage porno-chic écrit par Bret Easton Ellis : la star du X James Deen et le cinéaste Gus Van Sant.


Côté français, c’est le duo formé par Louis Garrel et Anne Mouglalis dans "La Jalousie" de Philippe Garrel qui défendra le glamour tricolore.


Les polémiques

Certains films n’ont pas encore été projetés aux festivaliers qu’ils dégagent déjà une forte odeur de scandale. Présenté hors compétition, "Moebius" du Sud-Coréen Kim Ki-duk, lauréat du Lion d'Or 2012 avec "Pieta", s’est attiré les foudres des autorités de Séoul qui ont jugé le film trop "violent, terrifiant et dangereux pour les mineurs" pour lui accorder un droit d’exploitation en salles. Résultat : le cinéaste a été contraint de couper 21 des scènes constituant cette histoire d’un père de famille qui expie ses péchés sexuels en s’émasculant volontairement.

Plus politique, le dernier documentaire de l’Américain Errol Morris pourrait lui aussi faire des vagues sur la lagune. "The Unknown known : the life and times of Donald Rumsfeld" propose un long entretien avec le très controversé ancien secrétaire à la Défense des États-Unis. Artisan de l’invasion US en Irak, Donald Rumsfeld fut pointé du doigt pour son rôle dans les tortures à la prison d’Abou Ghraib. Qu’il taise certains faits ou se répande en révélations, l’homme risque de bousculer un peu les consciences…

 


 

Première publication : 25/07/2013

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