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SPORT

JO-2020 : "Les manifestations n'ont pas affecté la candidature d'Istanbul"

© AFP

Texte par Stéphanie TROUILLARD

Dernière modification : 31/07/2013

Le CIO va désigner le 7 septembre la ville qui accueillera les JO-2020 parmi les trois candidatures : Tokyo, Madrid et Istanbul. Malgré les récentes manifestations, la cité turque est confiante dans ses chances et compte sur son attrait économique.

Il y a encore quelques mois, Istanbul paraissait être en bonne posture pour décrocher l’organisation des Jeux Olympiques de 2020 après quatre tentatives infructueuses (2000, 2004, 2008 et 2012). La métropole turque de près de 14 millions d'habitants faisait la course en tête avec Tokyo, l’autre grand favori, loin devant Madrid, fragilisée par la crise espagnole.

Mais le récent mouvement de protestation anti-gouvernemental qui a touché la Turquie pourrait avoir changé la donne. À un peu plus d’un mois du vote final du Comité international olympique (CIO), qui aura lieu le 7 septembre à Buenos Aires, les représentants de la candidature stambouliote tentent de faire oublier cet épisode et de rassurer le reste du monde.

De passage à Paris, Hasan Arat, le président d’Istanbul-2020, veut croire aux chances de sa ville : "Nous ne pensons pas que ces manifestations puissent avoir un impact sur notre candidature. Regardez dans d’autres pays démocratiques, il y a également des événements de ce genre. La Turquie est un pays jeune et vibrant. C’est au gouvernement de gérer ce genre de choses et c’est très calme désormais", affirme cet ancien basketteur professionnel devenu homme d'affaires spécialisé dans l'immobilier.

Le chef de la candidature turque n’est pas non plus effrayé par la contestation qui a eu lieu au Brésil ces dernières semaines pour dénoncer le coût de l’organisation de la Coupe du monde 2014 et des JO-2016. Selon lui, ce genre de revendications ne risquent pas de secouer la Turquie car la situation sociale entre les deux États n’est pas comparable : "Quand on regarde ces 30 dernières années, la Turquie a investi dans la santé et l’éducation. Nous avons plus de 20 millions d’étudiants. Le gouvernement répond aux besoins du peuple, ce n’est pas juste un rêve".

La vidéo de présentation pour la candidature d'Istanbul

Le boom économique, l’atout d’Istanbul

Pour faire oublier les dommages causés à son image par les manifestations, Istanbul-2020 mise sur son atout principal : la bonne santé économique du pays. La Turquie a vu son produit national brut multiplié par trois en 10 ans et pointe au 16e rang des puissances économiques mondiales. "Quand on voit la crise économique dans le monde, on peut dire que notre pays n’a pas été touché car il a une régulation bancaire très forte. Depuis 2009, la Turquie a créé cinq millions d’emplois. C’est le point fort de notre candidature", constate Hasan Arat.

Le pays compte bien profiter de cette stabilité économique et investir massivement dans l’optique des Jeux olympiques. Les autorités ont déjà prévu un budget de plus de 19 milliards d’euros pour financer les installations et surtout les infrastructures de transports, l’un des grands points faibles de la candidature. Pour décongestionner la ville, réputée pour ses embouteillages, un nouveau tunnel et un nouveau pont vont notamment permettre de relier les deux rives du Bosphore, tandis que la construction d’un troisième aéroport est en projet. La Turquie a également pu déjà tester de nombreux équipements en accueillant ces derniers mois les Jeux méditerranéens, la Coupe du monde de football des moins de 20 ans ou encore les Mondiaux de natation en petit bassin.

Le footballeur Didier Drogba, ambassadeur d'Istanbul 2020, en compagnie de Hasan Arat, le Président de la Candidature
© Istanbul 2020

Entre l'Europe et l'Asie

Pour séduire les membres du CIO, la "sublime porte" met aussi en avant son histoire millénaire et sa situation géographique exceptionnelle. Le slogan de sa campagne "Bridge Together" ("un pont entre nous tous") fait référence à sa position entre l’Europe et l’Asie. "C’est la première fois que des Jeux olympiques pourraient se dérouler sur deux continents en une seule ville. On pourrait assister à un événement en Asie le matin et l’après-midi en Europe. Le marathon débutera également dans la partie asiatique de la ville, traversera le pont et se terminera du côté européen", illustre le directeur de la candidature, qui souligne également que ces JO seraient aussi les premiers organisés par un pays musulman.

En attendant la décision finale du CIO, Hasan Arat va poursuivre sa tournée de promotion un peu partout dans le monde. L’ex-sportif de haut niveau envisage sa mission comme une véritable compétition : "Nous devons travailler jusqu’à la dernière seconde, comme au basket-ball. Même avec trois secondes à jouer, je peux toujours prendre un temps mort et réussir ensuite à marquer !"

Première publication : 30/07/2013

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