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EUROPE

Condamné, Silvio Berlusconi dénonce un "acharnement judiciaire sans égal"

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 02/08/2013

La Cour de cassation a confirmé jeudi la condamnation à une peine de prison ferme de Silvio Berlusconi pour fraude fiscale. Le Cavaliere, qui a aussitôt réagi dans un message vidéo, a jugé la condamnation "dénuée de tout fondement".

C’est la première condamnation définitive du Cavaliere. Jeudi 1er août, la Cour de cassation a confirmé la peine de prison ferme de Silvio Berlusconi pour fraude fiscale dans l'affaire Mediaset. À 76 ans, l'ancien président du Conseil écope ainsi de quatre ans de prison dont trois couverts par une amnistie. L'accusé ne devrait toutefois pas aller en prison en raison de son âge, les personnes âgées de plus de 70 ans ne pouvant pas être incarcérées en Italie.

Silvio Berlusconi a aussitôt dénoncé dans un message vidéo une "condamnation dénuée de tout fondement", évoquant "un véritable acharnement judiciaire sans égal". Ses deux avocats avaient tenté de démontrer son innocence devant la juridiction suprême. "Je n'ai jamais mis sur pied un système de fraude fiscale", s'est encore défendu jeudi le Cavaliere. Ajoutant : "Je suis fier d'avoir contribué à la richesse du pays en versant des milliards d'impôts à l'État italien".

La Cour de cassation a par ailleurs demandé un réexamen de l'interdiction pour l’accusé d'occuper un poste officiel pendant cinq ans.

Choc dans le paysage politique italien

Dans l'affaire Mediaset, l'ancien chef d'État était accusé d'avoir artificiellement "gonflé" le prix des droits de diffusion de films, achetés via des sociétés écrans lui appartenant, au moment de leur revente à son empire audiovisuel. Le groupe Mediaset aurait ainsi constitué des caisses noires à l'étranger et réduit ses bénéfices en Italie pour payer moins d'impôts. Le manque à gagner pour le fisc italien a été évalué à 7 millions d'euros.

La décision de la Cour de cassation est un choc dans le paysage politique italien, tant le personnage polarise les passions, et met en péril la fragile coalition au pouvoir. Le chef du gouvernement italien Enrico Letta a d'ailleurs aussitôt appelé à la "sérénité" et au "respect de la magistrature et de ses décisions", mettant en avant "l'intérêt de l'Italie".

Une partie de la gauche pourrait juger impensable de continuer à gouverner avec le parti d'une personnalité condamnée et provoquer de nouvelles élections. "Il n'est pas possible d'imaginer que le PD (Parti démocrate, gauche) puisse rester allié du parti de Silvio Berlusconi", a ainsi réagi Nichi Vendola, chef du petit parti de gauche Sinistra e Liberta (SEL), proche du PD.

Avec dépêches

Première publication : 01/08/2013

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