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FRANCE

Un militaire soupçonné d'avoir voulu attaquer une mosquée arrêté près de Lyon

© AFP

Vidéo par France 3

Texte par Dépêche

Dernière modification : 12/08/2013

Un sergent de l'armée de l'air a reconnu avoir projeté de tirer sur la mosquée des Minguettes, dans la banlieue lyonnaise, à l'occasion de la fin du ramadan. Il a été mis en examen et placé en détention provisoire.

Parce qu'il projetait, selon les enquêteurs, de tirer sur une mosquée, un militaire de 23 ans "proche des idées de l'extrême droite radicale" a été arrêté sur sa base aérienne près de Lyon, a annoncé dimanche le ministère de l'Intérieur.

Au terme de quatre jours de garde à vue dans les locaux de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), le jeune homme, sergent dans l'armée de l'Air, a été mis en examen pour "détention de munitions de quatrième catégorie en relation avec une entreprise terroriste" et "dégradation de lieu de culte en relation avec une entreprise terroriste". Il a été placé en détention provisoire, a indiqué à l'AFP une source judiciaire.

Le ministère de l'Intérieur a précisé que le jeune homme, interpellé sur la base aérienne de Lyon Mont Verdun, "avait projeté de tirer à l'arme à feu contre une mosquée de la région lyonnaise".

Selon une source judiciaire, le suspect a reconnu devant les enquêteurs qu'il avait prévu de tirer sur la mosquée des Minguettes, à Vénissieux, dans la banlieue lyonnaise, le 8 août, à l'occasion de la fin du Ramadan.

Lors de sa garde à vue entamée le 7 août, le suspect a également reconnu avoir lancé, dans la nuit du 20 au 21 août 2012, un cocktail molotov sur la porte de la mosquée de Libourne (Gironde), qui n'avait fait que peu de dégâts et pas de victime.

Les pompiers, dont la caserne se situe juste en face de la mosquée, étaient rapidement intervenus et avaient éteint les flammes avec un simple extincteur.

Dérive


Selon la même source proche de l'enquête, le jeune homme, solitaire et fragile psychologiquement, était dans une période difficile à la suite de déboires amoureux.

Ce sont des proches qui, alertés notamment par des documents trouvés en sa possession et craignant une dérive extrémiste, ont signalé son cas aux autorités.

Selon la même source, le jeune homme aurait tenté à trois reprises, sans y parvenir, d'entrer en contact avec Maxime Brunerie, le jeune militant d'extrême-droite auteur, le 14 juillet 2002, d'une tentative d'attentat contre le président Jacques Chirac lors du défilé sur les Champs Élysées.

Il aurait également été très touché par le suicide, le 21 mai devant l'autel de Notre Dame, de l'historien d'extrême-droite Dominique Venner dont il admirait les travaux, a précisé la même source.

Le communiqué de l'Intérieur ajoute que le ministre Manuel Valls "félicite les agents de la DCRI pour leur enquête ayant permis de mettre préventivement à la disposition de la justice et hors d'état de nuire" ce suspect.

"Le ministre de l'Intérieur réitère son engagement le plus résolu à lutter contre toutes les violences s'inspirant des idéologies les plus extrémistes, qui portent atteinte aux valeurs de la République et qui ont pour seul objectif de créer des tensions dans la société et de propager un climat de haine", ajoute le communiqué. "Aucune tolérance ne sera admise", conclut-il.

Interrogé, un porte-parole du ministère de la Défense n'a fait aucun commentaire. "Il s'agit d'une opération de police judiciaire", a-t-il dit.

Dans une première réaction à l'AFP, Abdallah Zekri, président de l'Observatoire contre l'islamophobie, s'est "félicité que cet individu ait pu être arrêté avant d'avoir pu commettre un autre acte ignoble visant la communauté musulmane".

"Les actions anti-musulmanes ont augmenté de 50% au cours du premier semestre de cette année", a-t-il ajouté. "Il est bon que des individus pareils soient mis hors d'état de nuire".

AFP

Première publication : 11/08/2013

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