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FRANCE

Réforme pénale : Ayrault calme le jeu après le tacle de Valls à Taubira

Jean-Marc Ayrault

Vidéo par France 2

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 14/08/2013

Le Premier ministre français a tenté de calmer le jeu après la publication dans "Le Monde" d’une note de Manuel Valls très critique envers la réforme pénale de Christiane Taubira. Le texte doit être présenté le mois prochain en Conseil des ministres.

"Je pense qu'il n'y a pas deux lignes, il n'y en a qu'une". Le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, est monté au créneau dans la presse, mercredi 14 août, pour tenter d’apaiser les tensions entre ses deux ministres Manuel Valls et Christiane Taubira. "Qu'il y ait débat c'est normal [...] ce qui est important c'est que les Français aient confiance dans les décisions que nous prendrons", a-t-il également souligné.

La veille, une note provenant du ministre de l’Intérieur critiquant farouchement une réforme pénale portée par la garde des Sceaux avait fuité dans la presse. En ligne de mire : le projet de suppression des peines-planchers pour les récidivistes et l'aménagement automatique de certaines peines de prison. Malgré l’étalage médiatique de ces divergences, le Premier ministre a assuré que le texte serait présenté en Conseil des ministres en septembre, comme prévu.

"Un processus de discussion normal"

En déplacement à Marseille où il était venu évoquer la lutte contre le trafic de drogue, Manuel Valls a, lui aussi, joué la carte de l’apaisement en affirmant qu’il continuerait à "travailler main dans la main" avec Christiane Taubira. "Elle et moi nous voulons éviter de retomber dans l'opposition classique entre garde des Sceaux et ministre de l'Intérieur", a-t-il ajouté, précisant avoir eu mardi soir une conversation téléphonique avec Christiane Taubira.

Fustigeant la portée médiatique de cette affaire, Manuel Valls a fait savoir mercredi matin sur RTL qu’il s’agissait d’"un processus de discussion normal", affirmant que "la Justice et l'Intérieur doivent travailler ensemble au service des Français pour être efficaces". Il a également écarté toute démission, tant de sa part que de celle de la ministre de la Justice.

Reste que ces désaccords risquent de mettre à mal, une fois de plus, la cohésion du gouvernement et offrent d’ores et déjà à la droite un angle d'attaque idéal avant les élections municipales : la sécurité. "François Hollande doit choisir : la sécurité des Français mérite mieux qu'un compromis boiteux", a ainsi estimé l'ancien ministre UMP Luc Chatel. Michèle Alliot-Marie (UMP), qui fut ministre de l'Intérieur et de la Justice, a elle critiqué "la méthode" de Manuel Valls et Christiane Taubira et ironisé sur "l'inexistence du Premier ministre".

Répercussions sur la popularité de l’exécutif

Pour nombre d’experts et de commentateurs, ces affrontements tombent au plus mauvais moment, l’exécutif abordant une rentrée particulièrement délicate. "C'est un vrai sujet pour le gouvernement car le calendrier parlementaire et politique de la rentrée est extrêmement chargé", avec la réforme des retraites, le vote du budget, et la crainte, dans l'opinion, de potentielles hausses des prélèvements, estime Jérôme Fourquet, directeur du département opinion publique à l'IFOP.

En outre, ce nouveau couac pourrait avoir un effet négatif sur l’exécutif en termes de popularité, selon Jean-Daniel Lévy, directeur du département politique et opinion chez Harris Interactive. Ce fut le cas, notamment, en 2010, lorsque la ministre de la Justice de l’époque, Michèle Alliot-Marie, et son homologue de l'Intérieur, Brice Hortefeux, s’étaient accrochés sur l'opportunité de renforcer les sanctions contre les délinquants s'attaquant à des personnes âgées. La cote du président Nicolas Sarkozy en avait subi les conséquences, rappelle Jean-Daniel Lévy.

Selon les analystes, si l'arbitrage entre les deux ministres tarde, le risque est grand pour François Hollande, dont la capacité à trancher est l’un des principaux reproches que lui fait l'opinion. D’autant plus que la sécurité des biens et des personnes est le deuxième dossier considéré comme le plus important par les Français, juste derrière les questions économiques, selon un sondage Harris Interactive réalisé en mars 2013.

Avec dépêches

Première publication : 14/08/2013

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