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FRANCE

Jacques Vergès, l'avocat des indéfendables, est mort

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 16/08/2013

L'avocat français Jacques Vergès, connu pour avoir défendu notamment l'ex-chef de la gestapo de Lyon Klaus Barbie ou le terroriste Carlos, est décédé jeudi à l'âge de 88 ans, a annoncé le Conseil national des barreaux.

Il était l'un des avocats les plus controversés et redoutés du barreau de Paris. Me Jacques Vergès, le ténor toujours à la pointe des luttes anti-colonialistes, est mort jeudi 16 août à l'âge de 88 ans.

"C'était un personnage complexe", explique Cyril Payen, correspondant de FRANCE 24 à Bangkok. "Il y a une énorme ligne de partage entre l'homme public, volontiers provocateur, parfois agressif, et l'homme dans son intimité, qui était très humble", poursuit-il.

Prenant pour cible l'État, la société ou la justice, autant pour défendre une cause qu'un client, cet avocat médiatique et narcissique, fin lettré, petit et rond, aimait provoquer et déstabiliser.



La liste de ses clients était impressionnante. Il a notamment défendu le nazi Klaus Barbie, le "révolutionnaire" Carlos ou le khmer rouge Khieu Samphan mais aussi les membres des mouvements d'extrême-gauche européens (Fraction armée rouge, Action directe), les activistes libanais Georges Ibrahim Abdallah et Anis Naccache, le dictateur serbe Slobodan Milosevic, etc. Il était aussi disposé à défendre le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.

On peut encore citer parmi ses clients la famille Boulin, la fille de Marlon Brando, le capitaine Barril, le jardinier marocain Omar Raddad, le tueur en série Charles Sobrhraj, ou encore des dirigeants africains.

Jacques Vergès est né le 5 mars 1925 – un an plus tôt selon un biographe – à Ubon Ratchathani, dans l'actuelle Thaïlande, d'un père français de la Réunion et d'une mère vietnamienne, morte lorqu'il avait trois ans. La famille s'installe ensuite à la Réunion, où le père devient député communiste et où son frère jumeau Paul créera le PC réunionnais.



Il s'engage à 17 ans dans les Forces Françaises Libres, à Londres. Démobilisé, il s'inscrit au PCF, devient président de l'association des étudiants coloniaux et rencontre celui qui deviendra Pol Pot, Khmer rouge et futur dirigeant du Cambodge. Puis Vergès séjourne à Prague de 1951 à 1954, avant de rentrer à Paris fin 1955 et d'y suivre de brillantes études d'avocat.

Très engagé dans la guerre d'Algérie, il devient l'avocat du FLN et quitte le PCF en 1957, le jugeant "trop tiède" sur ce dossier. En 1963, il épouse - en secondes noces - la militante du FLN Djamila Bouhired, après l'avoir sauvée de la peine de mort.

Il embrasse ensuite le maoïsme en créant le périodique "Révolution" et soutient le Front de libération populaire de la Palestine.

De 1970 à 1978, Jacques Vergès disparaît. Au retour, il laisse planer le mystère sur cette période, se bornant à dire qu'il a passé des vacances "très à l'est de la France", et reprend ses activités d'avocat.

Jacques Vergès a monté au théâtre un plaidoyer intitulé "Serial plaideur" et publié une vingtaine de livres, dont "Dictionnaire amoureux de la justice", "Le salaud lumineux", "Justice pour le peuple serbe", "Beauté du crime", "La démocratie à visage obscène", "Sarkozy sous BHL" etc. En 2007, Barbet Schroeder lui a consacré un film intitulé "L'avocat de la terreur".

Avec dépêches

Première publication : 16/08/2013

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