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FRANCE

Mort de Jacques Vergès : "Il nous ferait à tous un immense bras d'honneur"

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 16/08/2013

Le très controversé Jacques Vergès, avocat de l'indéfendable et des causes perdues est décédé jeudi à l'âge de 88 ans. La profession, très divisée sur l'avocat qu'il fut, évoque sa mémoire et salue son courage.

Le monde de la justice française a rendu hommage à la mémoire de Jacques Vergès, décédé jeudi 15 août des suites d’un arrêt cardiaque à 88 ans. Ses pairs ont salué son courage et son professionnalisme.

Le président du Conseil national des barreaux, Christian Charrière-Bournazel, a évoqué un "très brillant avocat", "courageux" et "indépendant". "Un avocat, ce n'est pas un mercenaire, c'est un chevalier, et Jacques Vergès était un chevalier", a-t-il assuré.



Un géant du barreau

Me Olivier Morice a décrit à l'AFP Jacques Vergès comme un "immense avocat qui n'a jamais manqué de courage et qui restera dans l'histoire".

"Cela a été une chance incroyable", a déclaré à l'AFP, Isabelle Coutant-Peyre, avocate de Carlos, qui avait débuté en 1981 à son côté. "Il avait une vision politique exemplaire du métier d'avocat et une expérience unique dans les grandes luttes du XXe siècle".

"Il n'y a pas beaucoup de géants au barreau, mais lui incontestablement en était un", avec "une période glorieuse quand il défendait le FLN algérien et une moins glorieuse quand il a commencé à défendre des mouvances terroristes comme la bande à Baader", a jugé l'avocat Georges Kiejman.

Vergès "n’a jamais été un modèle"

Quelques bémols tout de même à tous ces éloges. Gilbert Collard, député FN, s’est contenté de déclarer : "Quand il défendait Klaus Barbie, j'étais du côté des parties civiles. J'étais du bon côté, il était du mauvais, mais c'est ce qui fait la démocratie".

Me Alain Jakubowicz, qui représentait le Consistoire israélite de France devant la cour d'assises de Lyon lors du procès Barbie en 1987 s’est montré moins diplomate. Jacques Vergès "n'a jamais été un modèle d'avocat". Et d’ajouter, "j'ai passé plusieurs mois à ses côtés lors du procès Barbie, il ne m'a jamais adressé la parole et il a été parfaitement odieux, il a tenu des propos inqualifiables", lors de ce procès. "Je ne suis pas surpris des propos laudateurs à son sujet, mais je pense que s'il pouvait lire et entendre ce qu'on dit de lui aujourd'hui, il nous ferait à tous un immense bras d'honneur", a-t-il poursuivi. "C'est un homme qui s'est amusé de la vie, il n'en avait rien à foutre des peuples opprimés, ce qui comptait c'était lui" a-t-il enfin conclu.

"Il est plus exact de qualifier Jacques Vergès de ‘personnage’ que d'avocat, compte tenu des méthodes de défense très controversées qu'il avait adopté depuis le procès Barbie", a expliqué à l'AFP Me Patrick Klugman, parlant d'un "immense acteur qui s'est servi de sa robe d'avocat pour illustrer les rôles qu'il s'était lui même distribués".

Me Alain Lévy, avocat de la Fédération nationale des déportés et internés s'est "étonné des louanges entendues ce matin". "Il y a quelque chose que je n'entends pas: il s'est servi des procès comme une tribune politique pour défendre ses idées. Il s'est servi du procès Barbie pour faire le procès de la colonisation", a estimé Me Lévy.

Me Serge Klarsfeld avait mis en cause en termes virulents Jacques Vergès à l'occasion du procès de l'ancien chef de la Gestapo de Lyon, déclarant notamment: "Barbie est un tueur de Juifs, Vergès défend les tueurs de Juifs". Interrogé par l'AFP vendredi, il s'est contenté de dire : "J'ai dit suffisamment mon hostilité à Jacques Vergès de son vivant et je m'abstiendrai de parler au moment de sa mort".

 

 

Avec dépêches

 

Première publication : 16/08/2013

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