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EUROPE

Royaume-Uni : l'ingénieuse idée d'une association pour éviter les mariages forcés

© Capture d'écran du site de Karma Nirvana

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 16/08/2013

Pour lutter contre les mariages forcés à l'étranger de résidents du Royaume-Uni, les victimes sont encouragées à cacher une cuillère sur elles pour faire sonner le portique de sécurité de l'aéroport et se voir refuser l’accès à l’avion.

On connaissait l’utilité des portiques détecteurs de métaux dans les aéroports pour prévenir les menaces terroristes. On connaissait moins leur efficacité en ce qui concerne la prévention des mariages forcés. Au Royaume-Uni, Karma Nirvana, une association d’aide aux victimes d’unions non consenties, a développé une stratégie en coopération avec les aéroports de Londres Heathrow, Liverpool et Glasgow, consistant à empêcher les personnes de prendre l’avion, et ainsi de partir dans un pays lointain où elles seront mariées de force. La ruse : dissimuler une cuillère sous leurs sous-vêtements afin que le portique de sécurité sonne au moment de leur passage.

L’idée est d’inciter les victimes potentielles à employer cette technique qui leur permet, une fois repérées par le personnel de sécurité, d’être interrogées dans un lieu privé où elles peuvent expliquer leur cas en toute discrétion.

"Cela demande beaucoup de courage," explique Natasha Rattu, la chef des opérations de Karma Nirvana. "C’est quelque chose d’incroyablement difficile à faire étant donné que la famille est autour, mais personne ne saura ce qu’il s’est réellement passé," précise-t-elle, rassurante, avant d’indiquer que la méthode a déjà été expérimentée. "Nous avons été en contact avec des personnes qui, grâce à cette tactique, ont pu se sortir d’une situation dangereuse."

L'été, période propice à un retour au pays d'origine

Par ailleurs, au-delà de la cuillère ou tout autre objet métallique caché sous les vêtements, il existe certains signes révélateurs que le personnel aéroportuaire a appris à détecter. Un billet aller simple, l’âge et l’attitude mal à l’aise d’une victime peuvent en effet mettre la puce à l’oreille. Tout comme la période de l’année à laquelle le voyage est prévu. Lors des périodes estivales, en effet, les cas de mariages forcés sont plus fréquents, les vacances scolaires étant propices aux longs séjours dans les pays d’origine de ces familles - pays que ne connaissent généralement pas les futurs mariés.

"Les victimes croient qu’elles partent à l’étranger pour assister à un mariage, sans se douter qu’il s’agit en réalité de leur propre mariage. Elles s’en vont généralement pour une longue période et ne reviennent que lorsqu’elles sont enceintes," confie Natasha Rattu au quotidien britannique "The Guardian".

Samedi 10 août, le gouvernement britannique a également mis en alerte les médecins et les enseignants afin qu’ils participent à cette traque.

Des victimes de 2 ans à 71 ans

Si les estimations indiquent que, chaque année, entre 1 500 et 5 000 personnes sont victimes de mariage forcé, l’association reçoit elle 6 500 appels annuels de la part de personnes en détresse. À la moitié de l’année 2013, ce chiffre avait presque été atteint. Selon des estimations du service du ministère britannique des Affaires étrangères spécialisé dans les cas de mariages forcés, 18 % des victimes sont des hommes et plus d’un tiers n’ont pas 16 ans. La plus âgée connue avait 71 ans au moment des faits, la plus jeune seulement deux ans.

Des chiffres qui ne représentent que la "partie émergée de l’iceberg", selon Karma Nirvana, ces pratiques restant de manière générale très secrètes.

Le Pakistan, le Bangladesh, l’Inde, l’Afghanistan, la Somalie, la Turquie ou encore l’Irak font partie de la soixantaine de pays où les mariages forcés sont recensés. Au Royaume-Uni, une loi est en cours de réflexion pour criminaliser cette pratique.

Première publication : 16/08/2013

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