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Moyen-orient

Les inspecteurs de l'ONU sont à Damas pour enquêter sur les armes chimiques

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Dépêche

Dernière modification : 18/08/2013

Après le feu vert donné par le gouvernement syrien, les inspecteurs de l'ONU sont arrivé à Damas, dimanche, pour enquêter sur une possible utilisation d'armes chimiques dans le conflit en Syrie.

Des experts de l'ONU sont arrivés dimanche à Damas pour examiner l'utilisation présumée d'armes chimiques dans le conflit en Syrie, après l'acceptation par le gouvernement des modalités proposées pour la sécurité et l'efficacité de la mission.

L'équipe de l'ONU composée de plus de dix inspecteurs est arrivée dans un hôtel de la capitale syrienne, moins d'un mois après une première visite de deux envoyés spéciaux onusiens, Aake Sellström et Angela Kane, consacrée à cette même question.

Interrogé par l'AFP, Khaled al-Masri, le porte-parole de l'ONU à Damas, a dit ignorer quand les experts débuteront leur mission et dans quels secteurs ils se rendront.

En juillet 2012, le régime du président Bachar al-Assad avait reconnu pour la première fois posséder des armes chimiques, menaçant de les utiliser en cas d'intervention militaire occidentale, mais "jamais contre sa population".

Le président américain Barack Obama avait alors affirmé que l'utilisation de telles armes reviendrait à franchir une "ligne rouge".

L'ONU a reçu début août l'autorisation de Damas pour enquêter sur trois sites.

Les experts devraient se rendre à Khan al-Assal près d'Alep (nord) où le régime affirme que les rebelles ont fait usage d'armes chimiques le 19 mars, tuant au moins 26 personnes dont 16 soldats syriens. Selon l'opposition, c'est le régime du président Assad qui a mis en scène cette attaque.

Les deux autres sites seraient Ataybah près de Damas où une attaque avait été signalée en mars et Homs, pour une attaque suspecte le 23 décembre dernier.

Le mandat des inspecteurs, conduits par le Suédois Aake Sellström, est d'évaluer s'il y a eu utilisation d'armes chimiques ou non, mais pas de déterminer qui en est responsable.

Le régime d'Assad a donné son feu vert à l'ONU pour la visite des experts, après avoir accepté les modalités proposées par l'ONU pour assurer la sécurité et l'efficacité de la mission selon l'organisation internationale.

Jeudi, un responsable au ministère syrien des Affaires étrangères a affirmé que son gouvernement était "prêt à accorder toutes les facilités pour que l'équipe puisse mener à bien sa mission". "La Syrie n'a rien à cacher".

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a remercié le gouvernement syrien pour sa "coopération" et réaffirmé que l'objectif de l'ONU était une "enquête totalement indépendante et impartiale".

L'opposition a affirmé que les enquêteurs pourraient accéder "sans entraves" aux sites sous son contrôle où des armes chimiques auraient été utilisées.

Damas avait demandé une enquête de l'ONU dès le mois de mars, mais insistait pour qu'elle se concentre uniquement sur le site de Khan al-Assal. Mais Ban Ki-moon souhaitait par contre un accès plus large et des enquêtes sur d'autres sites.

Selon l'ONU, la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis lui ont signalé 13 attaques à l'arme chimique. Ces trois pays ont affirmé que les attaques ont été le fait des troupes d'Assad, alors que la Russie, le principal allié du régime syrien, a affirmé que son enquête a révélé l'emploi de gaz sarin par les rebelles à Khan al-Assal.

Par ailleurs, dans un entretien dimanche à un journal saoudien, le chef de l'opposition syrienne Ahmad Jarba a déclaré que Bachar al-Assad était "effondré" et que la Syrie était en fait gouvernée par son allié iranien.

M. Jarba a en outre affirmé que les combattants de l'opposition contrôlaient désormais près de la moitié du territoire syrien et que les prochains mois seraient "décisifs".

Le chef de l'opposition a de plus répété son refus "que Bachar ou quelqu'un de son clan" prenne part à une solution politique au conflit syrien qui dure depuis plus de deux ans et demi.

De toute manière, Assad "ne gouverne pas en ce moment la Syrie, les véritables dirigeants sont les gardiens de la Révolution iraniens (...) et les combattants du Hezbollah" chiite libanais soutenu par Téhéran, a affirmé M. Jarba

Il a lancé un nouvel appel aux pays le soutenant de fournir des "armes modernes" aux rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL).

La rébellion n'a cessé de réclamer des armes lourdes pour protéger les zones civiles de la puissance de feu du régime, dans ce conflit qui a fait selon l'ONU plus de 100.000 morts et près de deux millions de réfugiés depuis mars 2011.

Pour sa part, le président Assad a répété dimanche qu'il était déterminé à "extirper le terrorisme", dans une allusion aux rebelles et opposants syriens qui tentent de renverser son régime.

AFP

Première publication : 18/08/2013

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