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Afrique

En images : Bibles brûlées et murs calcinés dans une église copte de Gizeh

© © Mehdi Chebil

Vidéo par Selim EL MEDDEB , Hicham EZZAT , Adam PLETTS , Abdallah MALKAWI

Texte par Mehdi CHEBIL

Dernière modification : 02/12/2013

Les attaques contre la minorité chrétienne d’Égypte se sont multipliées depuis la dispersion sanglante des manifestations pro-Morsi. Une équipe de FRANCE 24 s’est rendue dans une église copte incendiée et partiellement détruite près du Caire.

Perdue au bout d’une ruelle poussiéreuse de Gizeh, l’église copte du quartier de Kordossa semble étrangement calme, dimanche 18 août, à quelques heures de la messe dominicale. Il suffit de pousser le lourd portail en fer sous une peinture représentant l’archange Saint-Michel pour saisir toute l’inquiétude qui tourmente la minorité chrétienne d’Égypte depuis l’écrasement des manifestations favorables au président islamiste déchu Mohamed Morsi.

L’église n’est plus qu’une carcasse vide, dont les arches et le plafond noircis témoignent d’un violent incendie. Quelques bancs à moitié carbonisés ont été poussés dans un recoin de l’édifice ; des restes de robes religieuses et de Bibles en langue arabe sont visibles au milieu des cendres. Le gardien de l’église, Reda Abdallah, montre à l’équipe de FRANCE 24 l’étendue des dégâts et revient sur le déroulement de l’attaque, survenue le 14 août dernier, au moment même où les forces égyptiennes donnaient l’assaut du principal campement pro-Morsi devant la mosquée Rabaa au Caire.


"Islamiya, islamiya !"

"On a d’abord entendu les cris à l’extérieur… Les cris d’une foule en colère chantant 'islamiya, islamiya !' et scandant des slogans hostiles à notre pope [le patriarche copte Tawadros II] et au général Al-Sissi. Il y avait environ un millier de personnes, essentiellement des jeunes de 20 - 25 ans mais aussi quelques personnes plus âgées. Plusieurs d’entre eux étaient armés de bâtons et de couteaux, ils sont venus ici directement après avoir mis à sac le commissariat local", se souvient Reda Abdallah.

Face à cette foule hystérique, le gardien n’a pas eu d’autre choix que de s’enfuir par la porte de derrière. Les serrures du portail extérieur n’ont pas tenu bien longtemps face aux assaillants. Entre 16h30 et 18 heures, ces derniers ont méthodiquement vandalisé l’ensemble du site, mettant le feu à l’église et à la salle des fêtes attenante, tout en inscrivant des slogans islamistes sur les murs extérieurs. Trois personnes ont été blessées dans l’attaque.

Pas un policier n’est venu enquêter sur place


Le jeune copte Korollos Khalil a assisté à la scène depuis le toit de sa maison, qui jouxte l'un des bâtiments incendiés. Il revoit encore la façon dont son père s’activait frénétiquement pour arroser le mur intérieur de son habitation afin d’éviter qu’elle ne prenne feu à son tour. "Je ne pouvais même pas toucher le mur avec ma main tellement c’était brûlant !" s’exclame l’enfant de huit ans, encore choqué par la violence de l’attaque.

Ses parents ont tenté d’alerter les autorités. En vain.

"Mon mari et moi avons appelé la police une centaine de fois. Parfois les policiers disaient qu’ils allaient venir… mais ils ne sont jamais venus", rapporte la mère de Korollos Khalil. Le gardien de l’église confirme qu'aucun policier ne s'est rendu sur place pour enquêter entre la date de l’attaque, le 14 août, et la venue de l’équipe de FRANCE 24, le 18 août.

Abandonnés à leur sort, les coptes de Kordossa n’ont pu compter que sur la solidarité du voisinage immédiat - essentiellement musulman. Elsam Ahmed, qui habite à 20 mètres de l’église, affirme avoir recueilli deux coptes blessés chez lui. L’homme d’une cinquantaine d’années décrit les assaillants comme "des drogués, des petites frappes, des voleurs qui ont emporté des frigos et tout ce qu’ils pouvaient trouver".

Malgré le soutien oral du patriarche Tawadros II au général Al-Sissi, les coptes de Kerdassa craignent d’être lâchés par la police en cas de nouvelle attaque des pro-Morsi. "On a peur pour nos enfants, notre destin est dans les mains de Dieu", commente Reda Abdallah d’un air résigné.

 

Première publication : 19/08/2013

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