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Moyen-Orient

L’armée syrienne accusée d’attaques à l’arme chimique dans la banlieue de Damas

© AFP | Archives

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 22/08/2013

Alors qu'une équipe de l'ONU est à Damas pour enquêter sur les armes chimiques, l'armée syrienne est soupçonnée d’avoir utilisé mercredi du gaz neurotoxique lors d’une attaque contre les rebelles qui aurait fait 1 300 morts selon l’opposition.

L’opposition syrienne accuse le régime de Bachar al-Assad d’avoir eu recours à des armes chimiques mercredi 21 août, lors du bombardement de positions rebelles dans la banlieue de Damas. Selon George Sabra, un dirigeant de la Coalition nationale de l’opposition, cette attaque a fait 1300 morts. "Les crimes d'aujourd'hui (...) ne sont pas les premiers que le régime commet à l'aide d'armes chimiques, mais ils marquent un tournant dans les opérations du régime (...) Cette fois, c'était pour anéantir plutôt que pour terroriser", a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse organisée à Istanbul, en Turquie.

Des attaques d'une très grande violence ont été entendues par les habitants de la capitale, tôt dans la nuit de mardi à mercredi. "Après minuit, les forces du régime ont intensifié leurs opérations militaires dans les zones de la Ghouta orientale et la Ghouta occidentale, dans la région de Damas, en ayant recours à l'aviation et aux lance-roquettes", a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui s'appuie sur un large réseau de militants, et de sources médicales et militaires.

Les autorités syriennes démentent

L'ONG a, par ailleurs, indiqué que l'opération se concentrait sur la localité de Madhamiyat el-Cham, au sud-ouest de la capitale, soulignant qu'il s'agit du "bombardement le plus violent sur cette localité depuis le début de la campagne militaire du régime" dans la région il y a plusieurs mois. "Les forces loyalistes cherchent à reprendre" Madhamiyat el-Cham, toujours selon l'organisme.

Les autorités syriennes ont aussitôt démenti les accusations des opposants sur l'utilisation de gaz toxiques dans l'attaque de mercredi. "Les allégations sur l'utilisation d'armes chimiques par l'armée arabe syrienne aujourd'hui dans des régions de la banlieue de Damas (...) sont nulles et non avenues et totalement infondées", a ainsi assuré l'armée dans un communiqué lu par un officier à la télévision officielle.

"Ces allégations (colportées) par les groupes terroristes et les chaînes satellitaires les soutenant ne sont qu'une tentative désespérée de cacher leurs échecs sur le terrain et reflètent l'état d'hystérie et d'effondrement dans lequel se trouvent ces groupes", ajoute le communiqué.

Condamnation de la communauté internationale

L'opposition syrienne et le secrétaire général de la Ligue arabe ont demandé à une équipe d'experts de l'ONU, qui se trouve actuellement en Syrie, et à Damas depuis dimanche, de se rendre sur place pour enquêter sur ce drame "immédiatement" .

Pour sa part, le président François Hollande a annoncé que la France demanderait aussi "à l'ONU de se rendre sur les lieux de l'attaque", a déclaré la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a également déclaré que si les informations sur l’usage d’armes chimiques par le régime syrien étaient confirmées, il s’agirait "d’une atrocité sans précédent". "Cela porterait sur un nombre très important de personnes, des femmes, des enfants, et précisément au moment où l'ONU est là", a-t-il expliqué, en soulignant toutefois que les accusations de l'opposition n'étaient "pas encore vérifiées".

Avec dépêches


Première publication : 21/08/2013

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