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Asie - pacifique

L'ex-"prince rouge" Bo Xilai conteste les accusations portées à son encontre

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 22/08/2013

Au premier jour de son procès pour corruption et abus de pouvoir, l'ancien cadre du Parti communiste chinois tombé en disgrâce a rejeté les accusation dont il fait l'objet. Ses partisans dénoncent un procès politique.

C’est la première fois depuis 17 mois que Bo Xilai apparaît en public. Jeudi 22 août, l’ancien haut-cadre du Parti communiste chinois (PCC) a comparu à Jinan (est de la Chine) à l’ouverture, sous haute sécurité, de son procès pour corruption et abus de pouvoir. Il a immédiatement contesté l'accusation de corruption retenue contre lui, tout comme le fait d'avoir reçu des pots-de-vin d'un homme d'affaires.

Il s’agit du plus important scandale politique du pays depuis des décennies, et le principal intéressé ne s’est jamais exprimé publiquement sur l’affaire. Le compte-rendu des débats n'est accessible que par des microblogs diffusés par la cour pénale.

Les faits reprochés datent de 1999 à début 2012. Bo Xilai, 64 ans, est accusé de corruption à l'époque où il était maire du port de Dalian, avant la prise de ses fonctions à Chongqing. Il lui est reproché d'avoir reçu - avec sa femme et son fils - plus de 20 millions de yuans (2,4 millions d'euros) de pots-de-vin et d'avoir détourné plus de 5 millions de yuans d’une agence gouvernementale à son profit.

L'ancien secrétaire général du PCC à Chongqing, une mégalopole du sud-ouest du pays, est également poursuivi pour abus de pouvoir : il est accusé d’avoir tenté de soustraire à la justice sa femme, Gu Kailai, condamnée en 2012 pour son rôle dans le meurtre d'un homme d'affaires britannique, Neil Heywood, en novembre 2011. L'ancien chef de la police de Chongqing, Wang Lijun, a lui aussi été incarcéré pour avoir essayé d'étouffer l'affaire.

"Persécution politique"

Cinq membres de sa famille et 19 journalistes assistaient à l'audience. Une poignée de partisans de l'accusé s'étaient rassemblés devant le tribunal pour dénoncer une "persécution politique" de celui qui se présentait en héritier du maoïsme face aux réformistes, qui plaident pour une accélération de la modernisation de l'économie chinoise. Le rassemblement a été rapidement dispersé par la police.

Avant sa chute, cet ancien ministre du Commerce était considéré comme l'une des principales figures des "princes rouges", la nouvelle génération de descendants de l'élite du PCC, en raison d'un discours et de mesures populistes, qui tranchaient avec la rhétorique prudente des courants qui domine le parti. Bo Xilai était à la fois craint par les réformistes pour ses références fréquentes à Mao Zedong, et admiré par une partie de l'aile gauche du PCC pour ses déclarations en faveur du rôle de l'État dans la réduction des inégalités, ainsi que ses campagnes de lutte contre le crime organisé.

Il risque la peine de mort

Bo Xilai est le dirigeant le plus haut placé à comparaître devant la justice chinoise depuis le procès en 1980 de Jiang Qing, la veuve de Mao Zedong, et de la "bande des quatre", des dirigeants maoïstes accusés d'avoir été les instigateurs de la Révolution culturelle. Son procès est donc perçu comme un test pour les promesses de transparence et de lutte contre la corruption du nouveau président chinois, Xi Jinping.

Le procès doit durer deux jours et le verdict - il ne fait guère de doute qu’il sera jugé coupable - est attendu début septembre. Bo Xilai risque la peine de mort, même si celle-ci est généralement commuée en prison à vie dans les cas de délits financiers.

Avec dépêches

Première publication : 22/08/2013

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