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Moyen-Orient

Armes chimiques en Syrie : Ban Ki-moon hausse le ton contre Damas

© AFP

Vidéo par François GOULIN

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 23/08/2013

Si l'utilisation d'armes chimiques par le régime de Bachar al-Assad était avérée, elle constituerait un "crime contre l'humanité" et aurait "de graves conséquences", estime le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a haussé le ton contre le régime syrien, vendredi 23 août, prévenant que l'utilisation d'armes chimiques près de Damas mercredi, si elle était avérée, constituerait un "crime contre l'humanité" qui aurait "de graves conséquences". "Toute utilisation d'armes chimiques, où que ce soit, par qui que ce soit, et quelles que soient les circonstances, violerait le droit international. Un tel crime contre l'humanité devrait avoir de graves conséquences pour celui qui l'a perpétré", a-t-il prévenu lors d'une visite à Séoul.

"C'est un défi grave pour la communauté internationale dans son ensemble, et l'humanité que nous avons en commun, d'autant que cela s'est passé alors que la mission d'experts de l'ONU se trouvait dans le pays", a ajouté le secrétaire général, qui a une nouvelle fois réclamé que l'équipe d'inspection de l'ONU puisse enquêter sur ces attaques chimiques présumées.

"Je suis particulièrement préoccupé"

"Il n'y a pas de temps à perdre"

"Je ne peux penser à aucune bonne raison pour qu'une partie quelconque - le gouvernement ou les forces d'opposition - refuse l'occasion de chercher la vérité dans cette affaire", a-t-il dit. "Il n'y a pas de temps à perdre", a encore souligné le secrétaire général des Nations unies, qui a demandé à la Haute représentante pour le désarmement, Angela Kane, de se rendre à Damas immédiatement.

Un million d'enfants ont fui la Syrie

Le nombre d'enfants contraints à fuir la Syrie franchira vendredi 23 août le cap du million, soit la moitié du nombre total de réfugiés syriens chassés de leur pays par la guerre civile, déclarent l'Unicef (Fonds des Nations unies pour l'enfance) et le HCR (Haut Commissariat de l'Onu pour les réfugiés).
 

Un haut responsable de la sécurité à Damas a de nouveau démenti les accusations de l'opposition en déclarant à l'AFP qu'utiliser ces armes le premier jour de travail des experts de l'ONU en Syrie aurait été "un suicide politique". Les experts de l'ONU sont arrivés dimanche en Syrie. Leur mandat se limitait à déterminer si des armes chimiques ont été utilisées dans le passé à Khan al-Assal (nord), Ataybé (près de Damas), et à Homs (centre). Mais l'ONU a annoncé que le chef de l'équipe, Aake Sellström, avait entamé des négociations avec le régime pour pouvoir enquêter sur l'attaque de mercredi.

Afin de gagner du temps, des opposants syriens disent avoir prélevé des échantillons sur les victimes, qu'ils essaient de faire parvenir aux experts de l'ONU. "L'équipe de l'ONU a parlé avec nous et, depuis, nous avons préparé des échantillons de cheveux, de peau et de sang et nous les convoyons dans Damas grâce à des messagers de confiance", a ainsi déclaré à Reuters, vendredi, Abou Nidal, un opposant s'exprimant d'Arbin, une ville sous contrôle rebelle.

Le flou reste de mise

Ce qui est sûr, c'est qu'une offensive a eu lieu mercredi 21 août dans la Ghouta orientale et à Mouadamiyat al-Cham, des secteurs de la banlieue sud-ouest de Damas aux mains des rebelles et qu'elle a fait un grand nombre de victimes, même si le bilan reste imprécis. L'opposition a fait état de plus de 1 300 morts, mais l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui s'appuie sur un large réseau de militants et de médecins, a comptabilisé 170 morts et n'a pu confirmer l'utilisation d'armes chimiques. Cette ONG a fait état de nouveaux bombardements de l'armée jeudi sur la même région.

À l'appui des accusations sur ce massacre présumé, des photos de cadavres de jeunes enfants et des vidéos ont été diffusées par les militants anti-régime. Elles montrent des enfants inanimés étendus sur le sol près de corps d'hommes qui ne portent aucune trace de sang, ou des médecins essayant de ranimer des enfants qui semblent inconscients. L'AFP a analysé avec un logiciel spécialisé l'une des images les plus marquantes de l'attaque dans la Ghouta sur laquelle on voit des corps d'enfants alignés. L'analyse confirme qu'il n'y a pas eu de manipulation de cette image et que la prise de vue date bien du 21 août, selon les métadonnées du document.

Avec dépêches

Première publication : 23/08/2013

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