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Chine : la fantasque défense de l’ex-superstar communiste Bo Xilai

© AFP

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Charlotte BOITIAUX

Dernière modification : 26/08/2013

L’ancienne icône du Parti communiste chinois, Bo Xilai, attend le jugement de son procès qui s’est achevé lundi. Les Chinois ont raffolé de cette saga judiciaire, qui a révélé la personnalité plutôt atypique de l’accusé.

Le procès pour corruption de l’ex-superstar du Parti communiste chinois, Bo Xilai, s'est achevé lundi 26 août,en attendant le jugement dont la date n’a pas été précisée, a annoncé le tribunal de Jinan, une ville située dans l'est de la Chine. Au cinquième jour de cette saga judiciaire qui a tenu en haleine le pays tout entier, le procureur a reproché à l'accusé des infractions "extrêmement graves", une déclaration de mauvaise augure pour l'accusé qui devrait écoper d'une lourde peine. Bo Xilai, 64 ans, était jugé depuis jeudi 21 août pour corruption, détournement de fonds et abus de pouvoir.

Portrait

Mais ce qui a passionné les Chinois lors de ce "procès du siècle" ne réside pas tant dans la longue liste des chefs d’inculpation que dans la personnalité – assez fantasque – de l’accusé, qui a mis en place un système de défense plutôt insolite. L'ex-Prince rouge avait déjà surpris le pays quand, le premier jour de son procès, il avait finalement nié la plupart des faits qui lui étaient reprochés. "Les preuves avancées par le tribunal ne permettent pas de prouver que je suis coupable (…) J’ai fait une confession à contrecœur, mon cerveau n’arrivait plus à penser", avait alors lâché Bo Xilai.

Ce fut le premier coup d'éclat d'une longue liste de "rebondissements" qui émaillèrent ce procès. Désireux, par exemple, de contrer ceux qui l'accusent d'avoir profité de pots-de-vin pour mener une vie dorée, le dirigeant déchu a mis en avant la vétusté de ses sous-vêtements. "Personnellement, je n'attache aucune importance à mon apparence vestimentaire. Les caleçons longs que je porte actuellement m'ont été offerts par ma mère dans les années 1960", a confié celui que l'on a longtemps considéré comme l'une des étoiles politiques montantes du pays.

Somptueuse villa à Cannes

Le charismatique Bo Xilai, connu pour son élégance et ses costumes soignés, a assuré qu’il ne portait pas de marques de luxe. "Je vous affirme que le costume que je porte, ainsi que ceux de ma garde-robe, ont tous été confectionnés par un petit atelier du district de Xinjin de Dalian", a ajouté Bo Xilai, en évoquant la ville qu'il a dirigée dans les années 2000.

Le scandale autour du dirigeant ainsi que les révélations lors du procès ont jeté une lumière crue sur les privilèges et le train de vie luxueux de la nomenklatura communiste chinoise. A ce propos, l’accusé semble ne rien savoir non plus d’une villa saisie dans l’un des plus beaux quartiers de Cannes, en France, et qu’il aurait, selon l'accusation, reçue en pot-de-vin...

L’audience tourne même au vaudeville quand l'accusé s'épanche soudainement sur ses problèmes de couple. Le dirigeant déchu chinois Bo Xilai a en effet révélé que son ex-bras droit, le chef policier Wang Lijun, son principal accusateur, était dévoré de passion pour sa propre femme, Gu Kailai. Pour rappel, Wang Lijun avait écopé d’une lourde peine pour avoir "couvert" le meurtre de Neil Heywood, un Britannique assassiné par l'épouse de Bo Xilai, le 13 novembre 2011. Gu Kailai a été condamnée à mort pour cet assassinat, avant de voir sa peine commué en réclusion à perpetuité. Bo Xilai est soupçonné d’avoir tenté de faire taire le chef de la police, qui a finalement révélé l'affaire.

"Il était secrètement amoureux de ma femme"

C'est donc cet amour impossible – et non la peur d’être liquidé par Bo Xilai – qui a, selon lui, poussé Wang à tenter de se réfugier en février 2012 dans un consulat américain.

"Il était secrètement amoureux de [ma femme] Gu Kailai, il en était confus et bouleversé", a déclaré l'ancien chef du Parti communiste de la métropole de Chongqing [sud-ouest], où Wang le secondait à la tête du bureau de la sécurité publique. Selon Bo, Wang Lijun aurait même confessé s’être giflé à plusieurs reprises pour expier cet amour impossible.

Pour la première fois, un tribunal chinois a diffusé les comptes rendu des journées d’audience en quasi simultané sur les réseaux sociaux. Une "liberté" 2.0 qui a fait le bonheur des internautes chinois, qui se sont délectés, depuis le début du procès, des facétieuses et intimes remarques du prince déchu.

Avec dépêches

Première publication : 26/08/2013

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