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Amériques

Face à la fronde des paysans, l'État colombien mobilise l'armée

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 30/08/2013

Le président colombien a ordonné le déploiement de 50 000 militaires dans le pays pour faire face à la grogne des paysans qui dénoncent des accords de libre-échange responsables, selon eux, de la paupérisation de leur secteur d’activité.

Le président colombien, Juan Manuel Santos, hausse le ton contre le mouvement de protestation paysanne qui secoue le pays. Après 12 jours de fronde contre la politique agricole et commerciale du gouvernement, responsable, selon les paysans, de la paupérisation de leur secteur d'activité, le chef de l'État a ordonné, vendredi 29 août, le déploiement de 50 000 militaires dans la capitale, Bogota, ainsi que sur les principales routes du pays. Objectif : éviter les débordements alors que deux personnes sont mortes, jeudi, en marge de manifestations à Bogota.

Les militaires seront également déployés en province pour assurer la mobilité des routes, et des "ponts aériens" pourront être organisés pour assurer l'acheminement de denrées qui commencent à manquer dans certaines villes, du fait des blocages routiers mis en place depuis le 19 août par les paysans en colère, a détaille Juan Manuel Santos dans une déclaration radio-télévisée.

"Il est inacceptable que les actes de certains affectent gravement la vie de la majorité", a-t-il insisté au lendemain d'une journée marquée par une cinquantaine de manifestations dans les principales villes du pays, dont certaines ont débouché sur des heurts entre policiers et manifestants.

Après ces échauffourées, qui ont été suivis de scènes de pillage, la municipalité de Bogota a fait état, mercredi soir, de 147 blessés, et la police de 40 arrestations.

La rébellion des Farc pointée du doigt

Le ministre de la Défense, Juan Carlos Pinzon, a accusé jeudi les rebelles des Forces armées révolutionnaires de Colombie(Farc), engagés dans des négociations de paix avec le gouvernement, d'avoir infiltré le mouvement et d'attiser la colère du monde paysan à l'encontre de l'État.

Une hypothèse que Daniel Pécaut, spécialiste de la Colombie contacté par FRANCE 24, juge peu probable. “Les producteurs de pommes de terre près de Bogota sont extrêmement pauvres, et ne dépendent pas du tout des Farc," pointe-t-il, pour exemple.

Les paysans colombiens ont lancé un mouvement à durée illimitée il y a une douzaine de jours dans l'ensemble du pays pour réclamer l'établissement de prix planchers pour certains produits ainsi que la baisse des prix des intrants agricoles.

Ainsi confronté à la plus grave crise depuis son investiture en 2010, le président Santos a déclaré qu'il allait lever les droits de douane pesant sur 23 produits, dont certains engrais et pesticides, afin de faire baisser les coûts de production agricole.

Avec dépêches

Première publication : 30/08/2013

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