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Moyen-orient

Les députés britanniques s'opposent à une intervention armée en Syrie

© Capture d'écran FRANCE 24

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 30/08/2013

Les députés britanniques se sont prononcés jeudi contre une action militaire en Syrie. Désavoué, David Cameron s'est engagé à respecter ce refus. Une situation qui renforce l'hypothèse d'une action unilatérale des États-Unis.

C’est un revers cinglant pour David Cameron. Le Premier ministre britannique, qui prônait une action ciblée contre le régime syrien, est obligé de reculer face au refus des députés. Le Parlement britannique a en effet refusé jeudi 29 août au soir d'autoriser David Cameron à lancer une action militaire contre Damas en réponse à l'usage d'armes chimiques, lors d'un vote marqué par le souvenir de l'Irak. La motion gouvernementale a été rejetée par 285 députés contre 272.

Le chef du gouvernement s'est engagé à respecter ce refus. "Il est tout à fait clair ce soir, alors que la Chambre n'a pas adopté cette motion, que le Parlement britannique, reflétant l'opinion du peuple britannique, ne veut pas d'une action militaire britannique : j'ai reçu le message, et le gouvernement agira en conséquence", a ainsi déclaré David Cameron. Suite au vote, un porte-parole de Downing Street a confirmé à l'AFP que "la Grande-Bretagne ne serait pas impliquée dans une action militaire", renforçant l'hypothèse d'une action unilatérale des États-Unis.

"Tirer les leçons de l'Irak"

Réagissant au vote du Parlement britannique, la Maison Blanche a en effet laissé entendre que le président Barack Obama pourrait décider d'une action unilatérale. "Les États-Unis continueront à consulter le gouvernement britannique, l'un de nos alliés et amis les plus proches", mais "les décisions du président Obama seront guidées par ce qui est dans l'intérêt des États-Unis", a déclaré la porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain, Caitlin Hayden.

"Cameron va devoir expliquer rapidement comment il compte agir en Syrie par la voix diplomatique".


À Londres, du côté des travaillistes, on se félicite du vote du Parlement. Après sept heures de discussions passionnées marquées par le souvenir de l'intervention en Irak en 2003 et des prétendues armes de destruction massive de Saddam Hussein, le chef de file du Parti travailliste, Ed Miliband, avait appelé les parlementaires à "tirer les leçons de l'Irak". "Je crois qu'aujourd'hui la Chambre des Communes a parlé pour le peuple britannique qui a dit qu'il ne voulait pas se précipiter vers la guerre", s’est-il félicité à l'issue du vote. "J'étais déterminé à ce qu'on tire les leçons de l'Irak et je suis content qu'on ait fait entendre raison au Premier ministre ce soir", a-t-il poursuivi.

"Pas de certitide absolue de la culpabilité du régime syrien"

À l’issue de la session, les membres du gouvernement ne cachaient pas, eux, leur déception. "J'espérais que notre raisonnement l'emporterait, mais nous comprenons qu'il y ait une profonde méfiance sur tout engagement au Moyen-Orient", a dit le secrétaire à la Défense, Philip Hammond, devant les caméras de la BBC, ajoutant que les États-Unis seraient sans doute déçus que la Grande-Bretagne "n'intervienne pas". "Je ne m'attends pas à ce que la non-participation britannique stoppe une intervention", a-t-il toutefois ajouté. Philip Hammond a également reconnu que David Cameron était "déçu" et estimé que ce résultat allait "certainement peser sur la relation spéciale" entre les États-Unis et le Royaume-Uni.

"Je crois fermement à la nécessité d'une réponse forte face à l'usage d'armes chimiques. Mais je crois aussi au respect de la volonté de la Chambre des Communes", a estimé David Cameron devant les députés. Son intervention a été accueillie par des huées de parlementaires de l'opposition.

Le Premier ministre avait appelé le Parlement à répondre par une "forte action humanitaire" à un "crime de guerre", tout en reconnaissant qu'il ne pouvait pas y avoir de certitude absolue de la culpabilité du régime syrien. "Au bout du compte, il n'y a pas une certitude à 100 % sur la question de savoir qui est responsable. Vous devez porter un jugement", avait déclaré David Cameron aux députés. Mais "le fait que le gouvernement syrien possède et a utilisé des armes chimiques ne fait pas l'ombre d'un doute", avait également estimé le dirigeant conservateur, citant comme preuves les récits de témoins oculaires, les réseaux sociaux, les vidéos.

Avec dépêches

Première publication : 30/08/2013

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