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FRANCE

Syrie : Alain Juppé se démarque de l'UMP en plaidant pour une intervention militaire

© AFP | L'ancien ministre des affaires étrangères Alain Juppé.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 05/09/2013

L'ancien ministre des affaires étrangères français, Alain Juppé, s'est prononcé jeudi en faveur d'une intervention armée en Syrie. Une déclaration qui vient rompre la position commune affichée la veille par le groupe UMP lors du débat parlementaire.

L'unité affichée par l'UMP durant le débat parlementaire sur la Syrie, mercredi 4 septembre, n'était donc qu'une façade. Interrogé jeudi 5 septembre sur RTL, l'ancien ministre des affaires étrangères Alain Juppé s'est démarqué de la ligne officielle de son parti en soutenant l'idée d'une intervention militaire, qui sera au cœur des discussions du G20 qui s'ouvre en Russie.

Tout en reconnaissant que décider d'une intervention militaire est une "décision extraordinairement difficile" dont il "ne sous-estime pas les risques de tous ordres politiques, militaire, de contagion" régionale, Alain Juppé a estimé qu'elle pourrait "marquer un coup d'arrêt, pour dire à tous les dictateurs potentiels de la planète et en particulier au régime syrien qu'on ne les laissera pas faire n'importe quoi".

Les propos de l'ancien Premier ministre viennent contrecarrer ceux du président du groupe UMP Christian Jacob la veille à l'Assemblée. Ce dernier avait exprimé au nom de son parti un "triple refus" à "une riposte", notamment si elle est hors du cadre de l'ONU, et juge que Paris ne doit pas être "aligné" sur Washington. Or, pour Alain Juppé, "se retrancher derrière le feu vert du Conseil de sécurité, c'est se rendre complice de l'inaction", car la Russie "ne bougera pas".

Le maire de Bordeaux a toutefois rejoint la position de son parti en réitérant sa demande d'un vote au Parlement sur la question syrienne : "S'affranchir de la décision du Conseil de sécurité justifie qu'il y ait un vote", a-t-il ajouté.

Fillon vs Copé

Avec le dossier syrien, l'UMP avait pourtant une occasion en or de déployer sa force de frappe contre François Hollande. Mais le débat qui s'est engagé sur l'éventualité d'une frappe militaire française en Syrie et la nécessité d'une consultation préalable du Parlement n'a fait que réveiller les dissensions. "On avait un boulevard face à Hollande, et encore une fois, ils ont tout fait capoter", déplore un parlementaire à l'AFP.

Depuis que la France se dit "prête à punir ceux qui ont pris la décision infâme de gazer des innocents" en Syrie fin août, deux clans s'opposent tant sur l'intervention que sur le vote au Parlement. D'un côté, l'ex-Premier ministre François Fillon a mis en garde contre une action "à la légère et à la remorque de quiconque"."Je pense que, dans les circonstances actuelles, la France ne peut pas partir en guerre sans le soutien clair du Parlement", a-t-il ajouté. Nathalie Kosciusko-Morizet, Bernard Accoyer, Gérard Longuet et Luc Chatel sont sur la même ligne, ainsi que le député de la 10e circonscription des Français de l'étranger, dont la Syrie, Alain Marsaud. 

"Il y a un millier de binationaux franco-syriens qui sont coincés là-bas. Que vont-ils devenir en cas d'intervention ?, a déclaré Marsaud. Moi, je défends mes compatriotes, et aussi le Liban, qui serait le premier pays de la région à subir les conséquences d'une intervention."

En revanche, Jean-François Copé a, lui, adressé un satisfecit  à François Hollande en déclarant qu'il appartient au seul chef de l'État "de choisir" d'organiser ou non un vote du Parlement, avant d'en faire la demande quelques jours plus tard et  d'"attendre les conclusions des inspecteurs de l'ONU" avant de décider d'une intervention militaire avec les États-Unis. Un avis partagé par Nicolas Sarkozy, selon l'ami de l'ancien président Brice Hortefeux. "Il avait déjà alerté la communauté internationale et les autorités françaises le 8 août 2012 sur la nécessité d'agir en urgence", a-t-il déclaré.

Avec dépêches

Première publication : 05/09/2013

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