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Moyen-orient

Intervention en Syrie : John Kerry en quête de soutien européen à Vilnius

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 07/09/2013

Alors que le Congrès américain doit se prononcer la semaine prochaine sur d'éventuelles frappes en Syrie, le chef de la diplomatie John Kerry, qui est en Lituanie ce samedi, entame une tournée européenne afin de rallier des dirigeants à sa cause.

Au lendemain d’un G20 au cours duquel le dossier syrien a largement divisé, le secrétaire d’État américain John Kerry a entamé une tournée éclair en Europe. Arrivé vendredi à Vilnius (Lituanie), John Kerry doit s’entretenir de manière "informelle" samedi 7 septembre avec ses 28 homologues de l’Union européenne.

Dans l’avion qui emmenait le chef de la diplomatie américaine à Vilnius, un responsable du département d’État a déclaré s'attendre à des "discussions précises et circonstanciées" avec les ministres européens, pointant "les divisions au sein de l'UE", tout en saluant le soutien de la France ou du Danemark.

Dans la foulée de ces discussions, John Kerry se rendra à Paris, où il s'entretiendra avec le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, puis à Londres avant de retourner aux États-Unis lundi.

L’Union européenne toujours sceptique

Le lobbying exercé par l’administration américaine reste néanmoins suspendue à la publication du rapport des experts de l’ONU, qui avaient inspecté les banlieues que Damas aurait attaqué à l'arme chimique.

Pour la plupart des États de l'Union européenne, ce rapport représente en effet une étape essentielle qui confirmerait de manière indépendante les accusations d'attaques aux gaz toxiques sur lesquelles Washington et Paris justifient leur intervention. Ce qui lèverait probablement les réticences des gouvernements qui hésitent à s'engager sur la seule base d’informations provenant des services de renseignement nationaux.

Au vu des réticences de la communauté internationale, le président français François Hollande a été, comme son homologue américain Barack Obama, contraint de temporiser. Ce dernier doit d'ailleurs s'adresser aux Américains mardi alors que le vote du Congrès, auquel il a demandé son feu vert pour intervenir militairement en Syrie, est attendu en milieu de semaine prochaine.

Le président français a annoncé qu'il attendrait le rapport de l'ONU avant de donner éventuellement l'ordre de frapper le régime de Damas. "Cela peut être un élément d'appréciation pour élargir la coalition qui devra se former", a-t-il indiqué.

L’Allemagne a créé la surprise en annonçant samedi qu'elle signait à son tour l'appel à une "réponse internationale forte" lancé la veille par onze pays, dont les États-Unis, présents au sommet du G20. Berlin avait été vendredi le seul pays de l'UE membre du G20 à ne pas l'approuver, une décision qu'elle avait expliqué par le besoin de respecter le processus européen.

Cet appel, paraphé par les États-Unis, la France, l'Australie, la Corée du Sud, l'Arabie saoudite et l'Italie, ne fait pas mention de l’option militaire, mais il "représente l'amorce d'un consensus" qui "pourrait s'avérer bien utile politiquement lorsque la décision des frappes sera prise", a estimé un diplomate européen.

Les deux camps réunissent leurs soutiens

Hors d’Europe, les partisans et opposants aux frappes continuent de briguer les soutiens. Mardi prochain, le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem sera à Moscou, grand allié de Damas.

Lors du G20, le président russe Vladimir Poutine a assuré que la ligne de Moscou était partagée par plusieurs grands pays, dont la Chine, l'Inde ou le Brésil.

Cliquez sur la carte pour l'agrandir

Dans l’attente du rapport de l'ONU, "les Indiens, les Brésiliens, les Chinois et bien d'autres estiment que les informations provenant des services de renseignement américains ne sont pas suffisantes", a confirmé vendredi le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt.

Le compte rendu de l’enquête menée par les experts des Nations unies, qui doit être publié au plus tard dans deux semaines, devrait éclaircir la situation.

Pour autant, les tractations diplomatiques vont rester intenses, notamment en France où François Hollande doit rencontrer le président libanais Michel Sleimane à Nice, samedi. John Kerry s’entretiendra pour sa part dimanche avec des dirigeants de la Ligue arabe à Paris.

Avec dépêches.

Première publication : 07/09/2013

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