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Afrique

Le vice-président kényan William Ruto devant la Cour pénale internationale

© AFP | Le vice-président William Ruto (à droite).

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 10/09/2013

Le procès de William Ruto devant la CPI s'ouvre ce mardi. Le vice-président kényan est accusé d'avoir fomenté certaines des violences poltico-ethniques qui ont enflammé le Kenya en 2007-2008, suite à la réélection contestée du président Kibaki.

William Ruto fait face à la Cour pénale internationale (CPI). Le procès du vice-président kényan pour crimes contre l'humanité s'ouvre mardi 10 septembre à La Haye. C'est la première fois q'un haut dirigeant encore en fonction est jugé devant cette institution, récemment désavouée par les députés kényans.

L'homme de 46 ans est accusé d'avoir fomenté certaines des violences politico-ethniques qui ont meurtri le Kenya après la réélection contestée du président Mwai Kibaki fin décembre 2007, faisant un millier de morts et plus de 600 000 déplacés. Lui et son co-accusé, l'animateur de radio Joshua Arap Sang, doivent répondre de trois crimes contre l'humanité : meurtres, persécutions et déportations. Ils plaident non coupables.

L'audience doit débuter vers 09h30 (07h30 GMT), quelques jours à peine après l'adoption par les députés kényans d'un texte proposant de quitter le Statut de Rome, le traité fondateur de la Cour, accusée d'être une institution "néo-colonialiste". Ce vote, largement symbolique, n'aura aucune influence sur les procédures en cours, mais il est une première depuis l'entrée en fonction de la CPI en 2003.

Blessures et ressentiments

La procureure de la CPI Fatou Bensouda poursuit des membres des deux clans qui se sont affrontés lors des heurts politico-ethniques de 2007-2008 au Kenya : le Parti pour l'unité nationale (PNU) de Mwai Kibaki et le Mouvement démocratique orange (ODM). Du côté de l'ODM, William Ruto est accusé d'avoir pris la tête d'une organisation criminelle en vue d'évincer les partisans du PNU de la vallée du Rift. Joshua Arap Sang est accusé lui d'avoir contribué à ces crimes en "attisant les violences par la diffusion de messages de haine".

Du côté du PNU, Uhuru Kenyatta, président du Kenya, est soupçonné d'avoir, en réaction, conçu et mis en œuvre un "plan commun" d'attaques généralisées et systématiques contre des partisans de l'ODM.

Le chef de l'État et son vice-président, rivaux d'alors devenus alliés politiques, se sont engagés à coopérer avec la CPI mais Uhuru Kenyatta avait averti dimanche qu'il était impossible que les deux têtes de l'exécutif soient ensemble hors du Kenya. Le procès d'Uhuru Kenyatta, le premier de la CPI contre un chef d'État en fonction, débutera ainsi le 12 novembre.

L'ONG Amnesty International a soutenu que l'ouverture du procès est "une opportunité importante en vue de mettre fin à l'impunité pour les crimes graves commis en 2007-2008". Certains craignent néanmoins que les procès ne rouvrent des blessures et ne fassent ressurgir les ressentiments.

Avec dépêches
 

Première publication : 10/09/2013

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