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Moyen-orient

Syrie : Pour l'opposant Michel Kilo, "il ne reste aujourd’hui que la solution militaire"

© AFP

Texte par Tahar HANI

Dernière modification : 11/09/2013

Dans un entretien accordé à FRANCE 24 mardi, Michel Kilo, opposant syrien historique et défenseur du courant laïc, estime que l’opposition syrienne a besoin d’armes de qualité pour modifier le rapport de force avec l’armée de Bachar al-Assad.

FRANCE 24 : Comment jugez-vous la proposition russe de mettre l’arsenal chimique syrien sous contrôle de l’ONU ?
La proposition russe est une perte de temps. Elle donne au régime syrien une nouvelle occasion de se moquer de la communauté internationale et de la défier. Tout le monde sait que ce régime a ratifié toutes les chartes et conventions internationales concernant les Droits de l’homme, mais il n’en a jamais appliqué une. En fait, le message du régime syrien est destiné aux Israéliens. Il leur dit : "D’accord ! Nous allons nous débarrasser de nos armes chimiques. En contrepartie, aidez-nous à convaincre l’administration américaine de nous laisser finir notre 'bataille' contre le peuple syrien".

FRANCE 24 : Pensez-vous qu’une intervention militaire est la seule solution pour régler la crise syrienne ?
Il ne reste aujourd’hui que la solution militaire. Mais je ne parle pas ici de frappes américaines, mais de donner les moyens militaires nécessaires à l’armée syrienne libre pour pouvoir remporter des batailles sur le terrain et modifier le rapport de force face à l’armée de Bachar al-Assad. Barak Obama a longtemps fait peur aux Américains, en leur disant tantôt que l’armée syrienne est forte, tantôt qu’une frappe militaire risquerait d’embraser toute la région. Au final, les Américains se sont prononcés contre toute frappe militaire. Ceci étant, je reste persuadé que l’administration américaine trouvera d’autres prétextes pour convaincre son opinion publique de la nécessité de frapper la Syrie.

FRANCE 24 : Y a-t-il encore des chances pour la tenue de la conférence "Genève 2" à laquelle appellent les États-Unis et la France notamment ?
Si la proposition russe est appliquée au détriment des intérêts de l’opposition syrienne, nous ne voyons aucun intérêt à participer à la conférence "Genève 2". Nous ne participerons à cette conférence que sous certaines conditions. Nous exigeons notamment de décréter un cessez-le-feu global, puis libérer tous les prisonniers, la mise en place d’un gouvernement de transition et la traduction devant la justice internationale de tous les auteurs des crimes commis contre le peuple syrien.

 

Première publication : 10/09/2013

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