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FRANCE

Cacophonie gouvernementale autour de la taxe sur le diesel

©

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 12/09/2013

Furieux, les membres d'Europe Ecologie-Les Verts menacent de quitter le gouvernement. Les écologistes s'indignent que la fiscalité sur le diesel puissent rester inchangée. De son côté, le gouvernement tente de jouer la carte de l'apaisement.

Rien ne va plus entre le gouvernement et ses alliés écologistes. Un imbroglio gouvernemental autour de la taxe diesel a provoqué l'ire d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV). Une nouvelle fois c'est le budget 2014 qui est en cause : les écologistes s'indignent que la fiscalité sur le diesel puissent rester inchangée.

Le ministre de l'Écologie, Philippe Martin, a en effet laissé entendre lors d'une conférence de presse, mercredi 11 septembre, que le diesel conserverait son avantage fiscal sur l'essence, avant de démentir.

"J'ai dit au contraire que, concernant la fiscalité diesel, je n'avais pas d'informations à donner à ce sujet", a-t-il ensuite déclaré au Monde.fr, tentant de rectifier le tir.

Le ministre du Travail, Michel Sapin, a de son côté expliqué sur BFM-TV que le gouvernement n'était pas entré dans le détail des grandes orientations du budget, présentées mercredi. Il a en outre affirmé que la polémique était déjà close.

Mais dans une émission politique enregistrée mercredi à la mi-journée, le ministre des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies, avait assuré qu'un alourdissement de la taxation du diesel était "abandonné" par le gouvernement.

"La seule chose que je peux vous dire, parce que c'est dans ce cadre-là qu'avait été envisagée une taxe sur le gazole, [c'est] que cette piste, dans la mesure où elle est très pénalisante pour un certain nombre de ménages, est à ce jour abandonnée", a-t-il déclaré à l'émission Questions d'info sur La chaîne parlementaitre (LCP), intensifiant la cacophonie.

"Ce budget ne peut pas nous satisfaire"


En colère, plusieurs dirigeants d'EELV ont assuré qu'ils ne voteraient pas le budget en l'état. Les grandes lignes du Projet de loi de finances pour 2014 ont été présentées mercredi en conseil des ministres. Le projet de loi lui-même sera présenté le 25 septembre.

"S'il n'y a pas un effort vers la transition énergétique et la fiscalité verte, qui est un outil très important pour la transition énergétique, la lutte contre l'effet de serre et la création d'emplois, nous ne voterons pas ce budget en l'état", avait auparavant indiqué le député EELV Noël Mamère à Reuters.

"Ce budget, pour l'instant, ne peut pas nous satisfaire puisque le Premier ministre est en train de renoncer à la taxation sur le diesel", a ajouté le député-maire de Bègles.

"On est très loin de la transition énergétique annoncée par le Premier ministre et par le président de la République, d'autant que ce renoncement s'inscrit derrière un autre renoncement : la taxation sur les poids lourds qui date de 2008 et qui a encore été retardée", a-t-il poursuivi.

Participation au gouvernement en jeu


Allant plus loin, le député européen EELV Yannick Jadot, a souligné que le budget était "un élément structurant de coalition parlementaire et gouvernementale".

"Si nous étions amenés à ne pas accepter ce budget, ça poserait un certain nombre de questions sur notre participation au gouvernement", a-t-il ainsi estimé sur France Info.

En juillet, les partenaires d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) de la majorité socialiste s'étaient montrés très critiques envers l'exécutif malgré la présence de deux des leurs au gouvernement.

Après l'éviction du ministère de l'Ecologie de la socialiste Delphine Batho, pour avoir critiqué le "mauvais budget" de son ministère, les leaders des Verts avaient prévenu qu'ils jugeraient le gouvernement à l'aune du projet de budget 2014.

Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a tenté en fin de journée d'apaiser la polémique, assurant qu'un arbitrage interviendrait la semaine prochaine.

"Il y aura une contribution énergie climat", a-t-il rappelé, mais "pas la création du moindre impôt, puisque ce seront les taxes existantes qu'on rendra en quelque sorte plus vertes, pour favoriser une consommation qui soit plus écologique".

Interrogé sur la colère des députés écologistes, le ministre a souhaité que ces derniers "attendent que cette conférence environnementale ait lieu, et c'est à ce moment-là que sera connue la fiscalité écologique".

Avec dépêches
 

Première publication : 12/09/2013

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