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Afrique

Algérie : "L'édifice électoral est dorénavant contrôlé par des proches de Bouteflika"

© AFP

Texte par Tahar HANI

Dernière modification : 13/09/2013

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a procédé à un remaniement ministériel qui concerne notamment les ministères clés de l'Intérieur, la Défense et la Justice. Une action qui renforce la position du chef de l'État en vue de la présidentielle.

Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, a procédé mercredi 11 septembre à un important remaniement ministériel qui concerne plusieurs ministères de souveraineté comme l'Intérieur, la Défense, les Affaires étrangères et la Justice. Le Premier ministre Abdelmalek Sellal, lui, conserve son poste, de même que les ministres clés de l'Énergie et des Finances.

Comment faut-il percevoir ces changements ? Ce remaniement est-il un signe de faiblesse de la part de la présidence d'Abdelaziz Bouteflika ou faut-il au contraire y voir une volonté de reprise en main de la part de l'exécutif ? Éléments de réponse avec Rachid Tlemçani, enseignant-chercheur à la Faculté des Sciences Politiques de l’Université d’Alger et auteur de “Élections et élites en Algérie".

FRANCE 24 : Quelle lecture faites-vous du remaniement ministériel opéré par le président Bouteflika ?

Rachid Tlemçani : Après diverses apparitions publiques, le président Abdelaziz Bouteflika entend prouver que, désormais, il est bien aux commandes de l’État et que sa maladie n’est pas susceptible de l’éloigner des affaires publiques. Il a officiellement fait sa rentrée en restructurant les institutions importantes : changement ministériel profond, mouvement dans le corps des walis (préfectures), nomination de magistrats et changements dans les structures du DRS (Département du renseignement et de la sécurité), la police politique.

La nouvelle architecture du système fait désormais de la présidence le lieu central pour l'impulsion de l'action du gouvernement et le lieu privilégié de la décision politique.

Les ministères clés ont été confiés à des très proches de Bouteflika. Pourquoi ce choix et comment l’analyser à quelques mois de l’élection présidentielle de 2014 ?

L’organisation de l’élection présidentielle repose sur trois ministères de souveraineté : la Défense, la Justice et l’Intérieur. Ce dernier est confié à Tayeb Belaïz, l’ex-président du Conseil constitutionnel qui n’a pas été à la hauteur de sa mission en n’appliquant pas l’article 88 de la Constitution prévoyant la destitution du président de la République pour raisons de santé alors que le chef de l’État a été absent 82 jours. Tout l’édifice électoral est donc bien contrôlé par des proches du président de la République. L’élection présidentielle de 2014 ne sera donc pas organisée par l’État-DRS, qui s’oppose ouvertement à un quatrième mandat, mais par l’État-Bouteflika.

Certains analystes parlent d’une victoire de Bouteflika sur le fameux "DRS". Partagez-vous cette analyse ? Pensez-vous que ce dernier "DRS" est affaibli ? Va-t-il réagir ?

Le puissant et omniprésent appareil de sécurité, le DRS, se trouve en effet dépouillé de trois services stratégiques : la presse, la sécurité de l’armée et la police judiciaire. Le service de police judiciaire du DRS, qui a mené de nombreuses enquêtes sur la corruption, a été placé sous l’autorité directe de la Justice militaire qui dépend elle-même du chef d’état-major de l’armée et par conséquent de la présidence de la République. Ces "services" dirigés par le général de corps d’armée Mohamed Mediène, dit "Toufik", chef du DRS depuis 1990, passeront sous le contrôle effectif de l’état-major de l’ANP (Armée nationale populaire), dirigé par Ahmed Gaïd Salah, connu pour être très proche du clan présidentiel. C'est d'ailleurs lui qui est promu vice-ministre de la Défense.

Pour rappel, le Président de la République, dès son investiture en 1999, a mené une lutte tous azimuts pour écarter l’armée de la sphère politique. Pour lui, il était hors de question que l’armée reste au cœur du processus décisionnel, un phénomène anticonstitutionnel. Mais le DRS a profité du conflit présidence/état-major de l’armée pour se redéployer à l’intérieur des rouages de l’État, l’administration et la diplomatie ainsi que la société civile, à tel point que la police politique est aujourd’hui devenue une institution très forte, un véritable État au-dessus de tout soupçon.

L’État-DRS est une institution au-dessus de la mêlée. C’est ainsi qu’elle a réussi à assurer facilement à Bouteflika un troisième mandat. Mais aujourd’hui, elle est tiraillée par des conflits d’intérêts. Ses services et chefs ne sont plus soudés, ils ne se sont pas mis d’accord sur un candidat rassembleur, consensuel et crédible.

Bouteflika sera-t-il candidat ? Si non, comment compte-t-il peser sur l’issue du scrutin ?

Le scénario du quatrième mandat, qui fut écarté au lendemain du Printemps arabe qui a vu la chute de plusieurs autocrates dans la région, revient en force depuis le retour du président de l’hôpital militaire du Val-de-Grâce. Selon ce scénario, Bouteflika serait reconduit à la tête de l’État et si ce n’est pas lui, ça serait un membre de son clan. Cette option, forme de stabilité politique, est par ailleurs soutenue par les puissances occidentales et les partenaires commerciaux. Le candidat du clan présidentiel [quand il aura été désigné, NDLR] sera probablement plébiscité, comme sous l’ancien régime.

Première publication : 13/09/2013

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