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Afrique

Le djihadiste américain al-Amriki tué en Somalie

© AFP

Vidéo par Pierrick LEURENT

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 13/09/2013

Le djihadiste américain Abou Mansour al-Amriki, dont la tête était mise à prix par Washington, a été tué jeudi par ses anciens alliés, des islamistes shebab, selon des témoins. Il était l'un des djihadistes étrangers les plus connus en Somalie.

Il était connu sous le nom de "Mansour l'Américain", et le département d'État offrait cinq millions de dollars pour sa capture. Omar Shafik Hammami, alias Abou Mansour al-Amriki, 29 ans, a été tué jeudi 12 septembre, rapportent des témoins. Ce djihadiste américain, combattant depuis 2006 en Somalie, a perdu la vie lors d'une fusillade avec des islamistes shebab, des ex-compagnons d'armes avec lesquels il s'était brouillé.

"Les informations mentionnent Amriki parmi les morts", a déclaré Moalim Ali, un habitant de la localité de Bardhere (sud), proche de l'affrontement. "Amriki et deux autres combattants, dont un étranger, ont été tués près de Bardhere", a confirmé un autre résident, Mohamed Wardhere. Un site djihadiste dont Hammami était proche a également rapporté sa mort, et précisé que l'autre étranger tué, Osama al-Britani, était Britannique.

Côté américain, l'annonce de sa mort est en cours de vérification. Ce combattant s'était fait connaître comme propagandiste de la cause shebab via des morceaux de rap, des vidéos et une utilisation intensive des réseaux sociaux. Il s'était cependant brouillé fin 2012 avec le chef suprême des insurgés islamistes, Ahmed Abdi Godane, et son sort suscitait depuis des interrogations. Son compte Twitter, d'habitude très actif, était resté silencieux entre mai et le 5 septembre, lorsqu'il y avait affirmé être "toujours un terroriste".

Mère baptiste, père musulman

Les éléments biographiques disponibles sur Hammami, difficiles à vérifier, proviennent essentiellement d'un texte sur Internet lui étant attribué. Le document, titré "L'histoire d'un djihadiste américain", relate son engagement au côté des Shebab. Il raconte aussi combien sa famille ou les plats chinois à emporter de son Alabama natal lui manquent, parle de son enfance entre une mère baptiste originaire d'Irlande et un père musulman d'origine syrienne.

Pour les Shebab, Hammami s'occupait du recrutement, via son rap appelant à la lutte et diffusé en anglais sur Internet. Mais depuis plusieurs mois, rien n'allait plus entre l'Américain et les insurgés. Hammami accusait Godane d'avoir trahi l'ex-chef présumé d'Al-Qaïda en Afrique de l'Est, le Comorien Fazul Abdullah Muhammad, tué à Mogadiscio en 2011, et disait faire lui-même l'objet de menaces. Les insurgés avaient rétorqué qu'il cherchait à "semer la discorde" au sein du mouvement rallié à Al-Qaïda.

Doublement traqué par les Américains et les Shebab, Hammami avait continué à alimenter la Toile de messages ironiques. En mars, il avait raillé la prime offerte par Washington pour sa capture, demandant combien il pourrait obtenir pour sa seule "jambe gauche".

La fin de l'alliance anti-Godane ?

La mort annoncée de Hammami allonge une liste conséquente de figures des Shebab victimes de luttes internes et de la purge menée par Godane. S'il est confirmé, son décès signifiera que "l'alliance anti-Godane (au sein du mouvement) est presque neutralisée", estime Abdi Aynte, responsable du groupe de réflexion somalien Heritage Institute For Policy Studies.

Les dissensions au sein des Shebab, entre les partisans d'un djihad mondial réunis autour de Godane et les défenseurs d'un agenda plus nationaliste, ont affaibli un mouvement déjà mis à mal par des revers militaires. Chassés de Mogadiscio en 2011, les insurgés ont depuis perdu tous leurs bastions dans le centre et le sud de la Somalie.

Malgré tout, avec quelque 5 000 hommes, ils restent pour les experts le principal obstacle au retour de la paix dans un pays en état de guerre civile depuis la chute du président Siad Barre en 1991.

Avec dépêches

Première publication : 13/09/2013

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