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FRANCE

La stratégie de Fillon : "Court-circuiter Sarkozy et se positionner pour 2017"

© AFP | François Fillon.

Vidéo par France 2

Texte par Charlotte BOITIAUX

Dernière modification : 17/09/2013

Selon certains politologues, les propos de François Fillon - suggérant que le FN peut être "moins sectaire" que le PS - ne relève pas d'un revirement idéologique profond mais d'un "réajustement" électoral en vue de 2017.

Il maintient ses propos et souhaite qu’on "arrête de le caricaturer". L'ancien Premier ministre François Fillon, dont les propos le 8 septembre dernier sur la stratégie à adopter vis-à-vis du Front national ont provoqué un mini vent de panique au sein de l'UMP, ne change pas de cap. En cas de second tour aux élections municipales en 2014 entre un candidat socialiste et un frontiste, l’ancien lieutenant de Nicolas Sarkozy entend toujours appeler à voter pour le "moins sectaire" des deux.

"Je prends un risque, je le prends en connaissance de cause. J’accepte d’être minoritaire dans mon parti si c’est le cas", a-t-il déclaré mardi 17 septembre au quotidien "L’Opinion".

"Je ne condamnerai jamais un Français qui vote pour un autre Français", a-t-il encore déclaré. Ce rejet du "ni-ni" (ni FN, ni PS au second tour) et du "Front républicain" (tout sauf FN au second tour) plutôt surprenant de la part d’un homme politique réputé modéré, n’étonne pas vraiment Olivier Rouquan, enseignant chercheur à l’Institut supérieur du management public et politique (Ismapp).

"Enlever de l’oxygène à Sarkozy"

"Sa stratégie est assez claire, il souhaite se positionner pour l’échéance présidentielle de 2017. Pour cela, il doit court-circuiter Nicolas Sarkozy [qui pourrait revenir sur la scène politique, NDLR], lui enlever de l’oxygène. Quoi de plus efficace que de surfer sur la stratégie de l’ancien président, à savoir : faire des appels du pied à la frange la plus droitière de l’électorat UMP", explique le politologue à FRANCE 24. Surtout, cet "ajustement de sa tactique" est d’autant plus compréhensible qu’un sondage BVA pour i-Télé, réalisé les 12 et 13 septembre, révèle que 70 % des sympathisants UMP sont pour une normalisation du parti de Marine Le Pen.

"Il suit cette base électorale, déjà courtisée par Jean-François Copé", ajoute Olivier Rouquan. Alors François Fillon tente de faire d’une pierre deux coups. Il ne faudrait pas non plus qu’il se laisse distancer dans les sondages par cet autre rival qui a accédé à la présidence du parti en novembre 2012 et dont les ambitions présidentielles ne sont un secret pour personne. "François Fillon occupe donc l’espace médiatique, une tactique vieille comme le monde", souligne Olivier Rouquan.

Mais l’ancien Premier ministre ne craint-il pas de perdre, avec cette nouvelle "tactique", son électorat d’antan qui voyait en lui l'incarnation de la "droite sociale" ?

Pas vraiment, estime le politologue de l’Ismapp. "Son profil est bien connu. Deux ou trois déclarations choc ne remettront pas en cause son image. Fillon ne cherche pas à consolider sa base électorale. Il cherche à ne pas perdre ceux qui se radicalisent ou qui doutent", ajoute le spécialiste.

Une scission de l'UMP peu probable

Reste à savoir si en opérant ce revirement stratégique François Fillon fera courir le risque d’une grave scission à l’UMP - parti déjà morcelé entre son aile dure qui appelle à "courtiser" les électeurs du FN et son aile modérée exhortant à ne pas franchir de "ligne rouge". Le week end dernier, Jean-Pierre Raffarin, le chef de file du courant centriste de l'UMP, a clairement pris ses distances avec François Fillon. "Le vote FN est une ligne de fracture pour l'UMP", a-t-il écrit sur Twitter. Même positionnement de l'ancien ministre Xavier Bertrand. "Nous devons rester fermes sur nos valeurs. Pas de compromis, pas de compromission [avec le FN]", a-t-il déclaré.

Pour Jean-Yves Camus, spécialiste de l’extrême droite à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris), le risque d’implosion du grand parti de droite n’est rien d’autre qu’une chimère. "L’UMP est un parti qui a toujours été formé d’un conglomérat hétéroclite de courants et valeurs. Un parti qui n’a jamais institutionnalisé une idéologie claire. Il n’y a donc aucun risque d’implosion puisqu’il n’y a jamais eu de véritable unité", précise-t-il.

Même son de cloche de la part d’Olivier Rouquan. "À chaque polémique, on nous a brandi la menace de la scission de l’UMP : après les cantonales de 2011, après la crise Copé/Fillon sur le leadership du parti…, explique-t-il. Et, il n’en a jamais rien été. L’UMP est un parti fort, solide, qui, au mieux, verra cette polémique s’éteindre d’elle-même, au pire, sera forcé de réajuster sa ligne idéologique."

Première publication : 17/09/2013

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