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Reportage : des Syriens soignés dans les hôpitaux de "l'ennemi" israélien

© Capture d'écran FRANCE 24 | L'hôpital Ziv de Safed, en Israël

Vidéo par Nidal Rafah , Gallagher FENWICK

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 18/09/2013

Si Israël et la Syrie sont toujours officiellement en guerre, des hôpitaux de l’État hébreu accueillent depuis quelques mois des Syriens blessés dans le conflit. Un acte qui remet en question la neutralité israélienne affichée depuis mars 2011.

Un adolescent syrien est étendu sur le lit d’un hôpital israélien. Des écrans affichent ses signes vitaux. Le jeune garçon est entre la vie et la mort.

Avidan Landau, infirmier au Centre hospitalier Ziv, à Safed, dans le nord d’Israël, entre dans la pièce pour vérifier le niveau de la perfusion. "C’est juste un gamin, pas mon ennemi", explique l’homme. "Un enfant ne peut pas être un ennemi."

Depuis le début du soulèvement syrien, il y a plus de deux ans, Israël a – jusque récemment – pris soin de ne pas prendre publiquement position dans le conflit qui se déchaîne de l’autre côté de sa frontière du Nord-Est. Israël et la Syrie sont officiellement en état de guerre depuis des décennies.

Mais depuis quelques mois, au moins deux hôpitaux israéliens ont accueilli une poignée de Syriens gravement blessés. Au centre hospitalier Ziv, près de 100 patients syriens, arrivés par la frontière du Golan, ont été soignés depuis le mois de février.

L’un d’entre eux, qui accepte de parler à FRANCE 24 sous couvert d’anonymat, par peur de représailles de la part des forces loyales au président syrien Bachar al-Assad une fois de retour chez lui, explique que les rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL) coopèrent avec l’armée israélienne à la frontière.

"Les combattants [rebelles syriens] viennent sans armes. Ils nous placent dans une zone où l’armée israélienne peut venir nous voir. Ensuite, les Israéliens viennent nous récupérer. Franchement, j’étais supris qu’Israël nous recueille."

Sur un autre lit, une jeune fille est grièvement blessée à la jambe droite. Elle a dû subir une amputation partielle. Sa mère, qui a elle aussi été blessée, est allongée dans un autre. En se cachant le visage, elle exprime sa gratitude envers Israël. "Si quelqu’un dans mon pays me demande où j’ai été soignée, je dirai Israël. Je remercie ses médecins et leur souhaite beaucoup de succès. Je ne peux pas en dire beaucoup plus", déclare-t-elle.

Après les soins, retour en Syrie

Depuis le déclenchement de la révolte syrienne, en mars 2011, plus de 110 000 personnes ont été tuées et plus de deux millions de Syriens ont fui, principalement dans les pays voisins : Jordanie, Liban et Turquie.

Israël refuse d’accueillir les réfugiés d’un pays avec lequel il est techniquement toujours en guerre, mais également pour éviter un afflux de réfugiés. Si les patients syriens sont soignés dans des hôpitaux israéliens, ils ne sont pas autorisés à rester une fois rétablis.

"Nous appelons l'armée israélienne. Elle envoie ses ambulances pour récupérer les patients et les ramener en Syrie si j'ai bien compris. En fait je ne suis pas sûr de leur destination finale", explique le Docteur Oscar Embon, directeur du centre hospitalier Ziv.

Les médecins assurent qu'il n'est pas question de politique ici, que leurs efforts ne sont qu'un geste humanitaire en réaction aux atrocités qui se déroulent dans le pays voisin et qui n'épargnent personne. Ils reconnaissent en revanche que tous les patients syriens soignés ici appartiennent au camp anti-Assad.

Israël veut que les "méchants" s’en aillent

Dans une récente rupture avec la neutralité publique observée par Israël dans le conflit syrien, l'ambassadeur israélien aux États-Unis, Michael Oren, a déclaré au "Jerusalem Post" qu’Israël voulait le départ d’Assad depuis le début du soulèvement.

Dans un extrait de l'interview qui doit être publiée vendredi dans le quotidien israélien, Michael Oren a déclaré que les "méchants" soutenus par l'Iran [Allié de Bachar al-Assad, NDLR] sont pire pour Israël que des rebelles soutenus par des groupes islamistes extrémistes.

La déclaration de Michaël Oren est la première reconnaissance publique de la façon dont Israël considère stratégiquement le conflit syrien.

"C'est tout à fait nouveau car jusqu'à présent, officiellement - ou du moins publiquement -, le gouvernement israélien n'a jamais exprimé de préférence entre les rebelles et le régime [syrien]", explique Gallagher Fenwick, correspondant de FRANCE 24 dans la région. "Ce qui reste cependant incertain à ce stade, c’est de savoir si Israël a aidé ou aidera l'opposition à provoquer la chute de Bachar al-Assad."

L’ONU toujours dans l’impasse

Les diplomates des pays détenteurs du droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU ont tenu plusieurs réunions à New York cette semaine pour tenter d'élaborer une résolution visant à détruire les armes chimiques syriennes.

Alors qu’Israël et la Syrie ont su maintenir un statu quo depuis la guerre de 1973, l’État hébreu se montre aujourd’hui inquiet quant aux stocks d’armes chimiques d’Assad, armes les plus dissuasives du régime syrien face à son voisin doté de l’arme nucléaire. Si Israël n’a jamais confirmé, ni infirmé, posséder ce type d'arme, la plupart des analystes s'accordent à dire que c'est la seule nation à la détenir au Moyen-Orient.

“Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a fait comprendre, surtout au secrétaire d’État américain John Kerry, que la communauté internationale devait montrer sa détermination à faire respecter la ligne rouge", explique Gallagher Fenwick, que constituerait l’usage d’armes chimiques en Syrie. "Netanyahou veut que les efforts internationaux soient couplés à une menace militaire claire."

Alors que les diplomates se querellent sur les textes des résolutions, à des milliers de kilomètres, sur un lit d'hôpital propre avec des draps colorés et sous le regard souriant de Mickey affiché au mur, un adolescent se bat toujours contre la mort. S’il se rétablit, il pourrait devoir retourner dans son pays natal ravagé par la guerre. Mais pour l'instant, il est en sécurité, entre les mains de l'"ennemi".

Première publication : 18/09/2013

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