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Afrique

Hausse du prix du carburant : des manifestations font une trentaine de morts

© AFP

Vidéo par Julien SAUVAGET

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 26/09/2013

Depuis lundi, le Soudan est en proie à des manifestations contre la hausse du prix des carburants. Au moins 29 personnes sont mortes dans les protestations, les plus importantes depuis l'arrivée d'Omar el-Béchir au pouvoir en 1989.

Le Soudan est en proie à de vives protestations depuis lundi 23 septembre. Au moins 29 personnes ont été tuées en marge du mouvement depuis trois jours. Après l'annonce lundi du gouvernement de lever les subventions de l'État sur les carburants, des manifestation anti-gouvernementales ont éclaté dans plusieurs villes du pays. Il s'agit du plus important soulèvement, virant parfois même à l'émeute, depuis l'arrivée au pouvoir du général Omar el-Béchir en 1989.

Des activistes ont appelé à de nouvelles manifestations jeudi à Khartoum, où les forces anti-émeutes étaient déployées dès le matin aux principaux carrefours, selon le correspondant de l'AFP. Plusieurs dizaines de personnes ont déjà péri depuis trois jours en marge des manifestations.

"Nous avons reçu les corps de 21 personnes" depuis le début des protestations lundi contre la levée des subventions sur les prix des carburants, a déclaré une source à l'hôpital d'Oumdourman, ville jumelle de Khartoum, précisant que tous étaient des civils. Huit autres personnes ont péri à travers le pays, selon des témoins et des familles.

Slogan du printemps arabe

Les manifestations s'étaient poursuivies jusque tard dans la nuit mercredi et gagné de nouveaux quartiers dans la capitale.

"Liberté, liberté", "Le peuple veut la chute du régime", ont scandé les manifestants, dont beaucoup d'étudiants, reprenant le slogan phare du printemps arabe.

Les manifestations ont tourné à l'émeute par endroits, et les protestataires ont tenté d'incendier mercredi soir un bâtiment relevant du ministère du Tourisme dans un quartier du sud de la capitale. Seule la façade extérieure a brûlé, selon des témoins.

Mardi, des protestataires avaient pillé et incendié le siège du Parti du congrès national, au pouvoir, à Oumdourman, selon des témoins.

Écoles fermées, connexions internet coupées

Khartoum avait été paralysée par les protestations, les manifestants brûlant des pneus et bloquant les rues.

Face à l'ampleur des troubles, les autorités soudanaises ont quant à elles annoncé la fermeture des écoles à Khartoum jusqu'au 30 septembre.

Les connexions internet étaient toujours coupées jeudi, selon plusieurs utilisateurs, mais il n'était pas possible de déterminer s'il s'agissait d'une panne ou d'une coupure délibérée de la part des autorités.

Face à l'extension des troubles, l'ambassade des États-Unis à Khartoum a appelé "toutes les parties à ne pas recourir à la force et au respect des libertés publiques et au droit au rassemblement pacifique".

Avec dépêches
 

Première publication : 26/09/2013

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