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FRANCE

Projet de taxe sur le vin : l’empire de la vigne contre-attaque

© afp

Texte par Mehdi CHEBIL

Dernière modification : 02/12/2013

Malgré les dénégations du ministre de l’Agriculture, le monde viticole continue à se mobiliser contre un projet de taxation du vin pour des raisons de santé. Les vignerons s’insurgent notamment contre la "radicalisation du message sanitaire".

François Hollande en train de déguster un verre de vin blanc avec un message l'appelant à "soutenir la deuxième activité productrice du pays". C’est avec cette image, que l’industrie viticole française a lancé son assaut contre le projet de taxation du vin pour raison de santé, initié en mai dernier par le Sénat.

Cette campagne de presse centrée sur le site "cequiavraimentsaoulerlesfrancais.fr" a depuis été relayée par de nombreux médias, comme le quotidien régional La Provence, qui titrait en une, dimanche 29 septembre, "Qui en veut aux vins français?"

La menace fantôme

Couverture du quotidien La Provence

L’association "Vin & Société", qui représente les acteurs du monde viticole français, s’est déclarée satisfaite du départ en trombe de sa campagne, affirmant à FRANCE 24 avoir reçu plus de 150 000 visiteurs uniques depuis le lancement, jeudi, du site détaillant les "cinq mesures envisagées contre le vin".

Deux jours après la mise en ligne de la campagne, une des mesures vinicides évoquées par le lobby viticole – "l’interdiction de parler du vin sur internet" – disparaissait comme par enchantement du rapport de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MiLDT), cité par Vin & Société. Une simple "erreur de copié-collé" de la part des rédacteurs de la MiLDT aurait été à l’origine du malentendu, selon Le Figaro. Au troisième jour de l’offensive viticole, c’est le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll qui intervenait pour écarter "toute idée de taxation sur le vin en 2014".

Cette déclaration n’a cependant pas suffit à rassurer les acteurs de la filière viticole, où l’on souligne que le projet de taxation sur le vin dépend d’abord du ministère de la Santé. "Nous restons mobilisés, et nous interpellons le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, afin d’obtenir un arbitrage sous l’égide de Matignon. C’est un sujet transversal qui implique les ministères de la Santé, du Tourisme, et de l’Agriculture", explique Valérie Fuchs, attachée de presse à Vin & Société.

Haro sur la "radicalisation sanitaire"

Capture d'écran de la campagne de "Vin & Société"

Intégré au projet de loi pour le financement de la sécurité sociale, qui sera discuté par le Parlement en octobre 2013, ce projet de taxation du vin s’inscrit dans la lignée de la fiscalité dite "comportementale" - des prélèvements obligatoires censés influencer les comportements jugés à risque en matière de santé publique. C’est pourquoi le lobby viticole a axé sa campagne contre la "radicalisation du message sanitaire", à grand renfort d’images d’Épinal, évoquant un attachement au terroir, et au patrimoine à mille lieux des basses questions de fiscalité.

L’association dénonce ainsi la "stigmatisation" du vin pour raison de santé avec la photo intemporelle d’un vigneron dressé dans son domaine sous le message : "si je vous suis bien, dans ma famille depuis trois générations on produirait quelque chose de mauvais pour la santé ?". Un autre passage épingle le projet d’affichage obligatoire des unités d’alcool sur les bouteilles de vin avec la phrase alarmiste suivante : "A quand la prochaine étape : L’alcool tue ? Le vin tue ? écrit sur les étiquettes de votre cru préféré".

À la santé de Bercy

Un message à même de toucher le grand public, mais qui risque de laisser froids les comptables de Bercy, ces derniers étant bien conscients de la fiscalité très avantageuse dont bénéficie le vin. Dans une lettre datée du 12 août 2013, le ministre de l’Économie Pierre Moscovici rappelait que "le vin tranquille (non pétillant, ndlr) supporte une fiscalité de 2,7 centimes par bouteille de 0,75 litre, la même quantité de bière est fiscalisée à hauteur de 27 centimes, soit dix fois plus". La même quantité d'alcool à 40° attirerait près de 5 euros de taxe.

Le début du débat autour du projet de loi sur le financement de la sécurité sociale, le 9 octobre prochain, permettra de savoir si le lobby viticole est parvenu à tuer dans l’œuf l’idée d’une taxation du vin pour raison de santé.

Capture d'écran de la campagne de "Vin & Société"

Première publication : 30/09/2013

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