Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

DÉBAT

Hollande face à la presse : le chef de l'État a tenu sa conférence semestrielle

En savoir plus

CAP AMÉRIQUES

La stratégie des États-Unis face à l'organisation de l'EI

En savoir plus

FOCUS

Thaïlande : le business lucratif des mères porteuses

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Niki de Saint-Phalle, une "nana" militante et engagée

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCONOMIE

Les incertitudes économiques d'une Écosse indépendante

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"DDay"

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Kilt ou double"

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Ebola : une volontaire française de MSF contaminée

En savoir plus

SUR LE NET

Iran : les jeunes internautes contournent la censure

En savoir plus

  • Écosse : "Quel que soit le résultat, il va y avoir beaucoup de mécontents"

    En savoir plus

  • Frappes en Irak, croissance, Europe : les principales annonces de Hollande

    En savoir plus

  • Cinq casques bleus tchadiens tués dans le nord du Mali

    En savoir plus

  • Thaïlande : le business lucratif des mères porteuses

    En savoir plus

  • Alex Salmond, le visage d'une Écosse qui rêve d'indépendance

    En savoir plus

  • L'Australie, une cible de choix pour l'organisation de l'EI ?

    En savoir plus

  • Yacine Brahimi, la pépite algérienne révélée par Porto

    En savoir plus

  • Belgique : l'euthanasie d'un violeur inquiète les partisans de la mort assistée

    En savoir plus

  • Peu importe l’issue du référendum, "l’Écosse ne sera plus jamais la même"

    En savoir plus

  • Livraison d'armes aux rebelles syriens : le Congrès américain doit se prononcer

    En savoir plus

  • Vladimir Evtouchenkov, le nouvel oligarque dans le viseur du Kremlin

    En savoir plus

  • Parcours sans-faute des Bleues vers le Mondial-2015

    En savoir plus

  • Une star de la Silicon Valley rachète le château de Pommard

    En savoir plus

  • Le sulfureux maire de Toronto atteint d'un cancer rare et agressif

    En savoir plus

  • "Hollande renvoie l’image de quelqu’un de trop optimiste"

    En savoir plus

EUROPE

Berlusconi humilié au Sénat : "L'influence du Cavaliere s'érode"

© AFP

Vidéo par François GOULIN

Texte par Gaëlle LE ROUX

Dernière modification : 03/10/2013

À l’issue de quatre jours de crise politique en Italie, le Sénat a voté la confiance au gouvernement d’Enrico Letta, après une surprenante volte-face de Silvio Berlusconi. Le Cavaliere est apparu abattu, humilié après une fronde au sein de son parti.

Silvio Berlusconi humilié. La mine grave, les yeux rivés sur le sol, il se rassied sans un regard pour ses fidèles, puis, de ses deux mains, masque son visage. Le Cavaliere, par l’un des coups de théâtre dont il a le secret, vient de créer la stupeur dans le Sénat italien qui s’apprête à voter pour ou contre le gouvernement d’Enrico Letta.

"Nous avons décidé, non sans débat interne, de voter la confiance", lâche l’ancien président du Conseil, qui souhaitait encore mardi faire chuter le gouvernement italien. Quelques instants plus tôt, le Premier ministre italien Enrico Letta a lancé un appel virulent à "préserver les Italiens d’une nouvelle crise politique". Le vote du Sénat sera sans appel : 235 sénateurs choisissent la confiance au gouvernement, contre seulement 70 qui s'y opposent.

La volte-face de Silvio Berlusconi sonne comme un aveu d’échec. Samedi, c’est pourtant lui qui avait de nouveau mené l’Italie au bord du marasme politique en ordonnant aux cinq ministres issus de son parti, le Peuple de la Liberté (PDL), de démissionner. Tous avaient obéi, non sans traîner des pieds.

Mais cette décision, prise sans concertation avec les instances dirigeantes de son parti, avait déclenché la colère de plusieurs membres PDL. Même Angelino Alfano, vice-président du Conseil forcé à la démission et considéré jusqu’alors comme le dauphin du Cavaliere, s’était rangé du côté des frondeurs, affirmant qu’il envisageait de devenir "berlusconien autrement".

"Érosion de son influence"

Le Cavaliere a bien tenté, lundi soir, de sonner la fin de la récréation et de faire rentrer les dissidents dans les rangs. En vain. Mercredi, à l’ouverture de la session sénatoriale en vue du vote de confiance au gouvernement, Angelino Alfano a commis l’ultime affront : au lieu de s’asseoir à côté de son (ex-) mentor, il a pris place à gauche d’Enrico Letta. Celui-là même dont Berlusconi souhaitait la chute.

"Silvio Berlusconi a tout simplement et grossièrement mal calculé sa capacité à influencer les membres de son parti, particulièrement les plus jeunes, analyse Marco Vincenzino, politologue spécialiste de l’Italie, sur l’antenne de FRANCE 24. Une nouvelle génération a émergé dans le monde politique italien. Beaucoup de membres du PDL ne veulent pas voir leurs décisions dictées par l’intérêt personnel de Silvio Berlusconi mais par l’intérêt national, surtout à un moment où la situation économique du pays est très critique".

En outre, précise le politologue, de nombreux jeunes politiciens mettent dans la balance l’avenir de leur carrière politique. "Berlusconi, au final, a réalisé qu’il avait plus à perdre en restant campé sur sa position qu’en opérant cette pirouette, poursuit Marco Vincenzino. Il l’a fait, mais non sans y laisser quelques plumes : il a perdu beaucoup de crédibilité en Italie, mais également à l’extérieur des frontières. C’est l’illustration d’un processus -lent mais continu et inexorable - d’érosion de son influence".

Résistance politique

Un nouveau coup de massue l’attend vendredi 11 octobre. Le Sénat doit se prononcer sur son exclusion et sur la déchéance de son immunité parlementaire, conformément à sa condamnation pour fraude fiscale à quatre ans de prison (commués en un an de travaux d’intérêt général ou d’assignation à domicile) et à une déchéance de ses activités publiques pendant un à trois ans. Cette mesure le mettrait à la merci de la justice italienne, alors que le Cavaliere traîne encore de nombreuses casseroles judiciaires : il est, entre autres, poursuivi pour prostitution de mineure et proxénétisme dans l’affaire du Rubygate.

Pour autant, les analystes, au fait de l’étonnante résistance politique de Silvio Berlusconi, se gardent bien de le donner politiquement mort. Car ce milliardaire à la tête d’un empire médiatique conserve toutefois une forte assise populaire. En février, son parti avait totalisé près de 30 % des suffrages aux élections législatives. Selon de récents sondages, la popularité des divers partis politiques a peu évolué depuis ce scrutin et ce, malgré la confirmation de sa condamnation pour fraude fiscale, en août dernier.

"Silvio Berlusconi a annoncé qu’il relançait Forza Italia, son parti d’origine, celui qu’il a construit il y a 20 ans, et qu’il en sera le leader même s’il n’est pas élu", rappelle Pierre Musso, professeur de sciences politiques à Rennes 2 et auteur de "Berlusconi : le nouveau prince". "Il risque ainsi de garder une grande influence sur la politique italienne. Tant qu’une force alternative n’émerge pas et que Berlusconi bénéficie d'une assise populaire aussi forte, il ne disparaîtra pas", estime le politologue.

Une conviction confirmée, cette semaine, dans les colonnes du journal italien Panorama, par le Cavaliere lui-même. En des mots, sonnant à la fois comme une menace et comme une prédiction, il a affirmé : "Je ne meure pas, même s’ils me tuent".

 

Première publication : 02/10/2013

  • ITALIE

    La droite italienne peut-elle se passer de Berlusconi ?

    En savoir plus

  • CRISE POLITIQUE

    Italie : Enrico Letta va demander la confiance du Parlement

    En savoir plus

  • ITALIE

    Rome tente d'éviter les élections anticipées après l'explosion de la coalition

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)