Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

DÉBAT

Grand oral de Manuel Valls : confiance renouvelée mais majorité fragilisée ?

En savoir plus

DÉBAT

Immigration clandestine : l'Europe impuissante ?

En savoir plus

FOCUS

Immigration en Méditerranée : prêts à risquer leur vie pour rejoindre l’Europe

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Margaret Atwood, la reine du roman d’anticipation est de retour !

En savoir plus

LE DUEL DE L’ÉCONOMIE

Vote de confiance : Manuel Valls sera-t-il soutenu par sa majorité ?

En savoir plus

TECH 24

Apple, IFA, cours de code : c'est la rentrée high-tech !

En savoir plus

L'ENTRETIEN

Coalition contre l'EI : "L'Iran doit participer"

En savoir plus

L'ENTRETIEN

PDG de Netflix : "Nous sommes un grand exportateur de films français"

En savoir plus

SUR LE NET

Certains médias accusés de faire le jeu de l'EI

En savoir plus

  • Valls obtient la confiance des députés malgré l'abstention des "frondeurs"

    En savoir plus

  • Ligue des champions : Monaco s'impose, le Real cartonne

    En savoir plus

  • EI, EIIL, Daech, comment appeler les jihadistes en Irak et en Syrie ?

    En savoir plus

  • Au moins 67 Sud-Africains tués dans l'effondrement d'un immeuble à Lagos

    En savoir plus

  • Une roquette tirée de Gaza vers Israël, la première depuis la trêve

    En savoir plus

  • Les étrangers désormais interdits de travail au Soudan du Sud

    En savoir plus

  • L’inavouable alliance des États-Unis et de l’Iran contre l’EI

    En savoir plus

  • Exposition : Niki de Saint Phalle, une sacrée nana, au Grand Palais

    En savoir plus

  • Air France : la grève se durcit, les négociations "bloquées"

    En savoir plus

  • Yannick Agnel, la fin du rêve américain

    En savoir plus

  • Deux branches d’Al-Qaïda appellent les jihadistes à s’unir contre la coalition anti-EI

    En savoir plus

  • Nouvel appel des musulmans de France contre l’EI

    En savoir plus

  • Washington frappe des positions de l'État islamique près de Bagdad

    En savoir plus

  • Les députés ukrainiens ratifient l’accord d’association avec l’UE

    En savoir plus

EUROPE

Ed Miliband défend son père, "l'homme qui détestait la Grande-Bretagne"

© Twitter

Texte par Stéphanie TROUILLARD

Dernière modification : 03/10/2013

Le "Daily Mail" a provoqué la colère du chef du Parti travailliste britannique Ed Miliband avec un article mettant en doute la patriotisme de son père, un philosophe marxiste. Le leader du Labour a qualifié ces accusations de "mensonges".

"L’homme qui détestait la Grande-Bretagne." C’est par ce titre choc que le "Daily Mail" a consacré dans son édition du 28 septembre un article peu élogieux sur Ralph Miliband, le père d’Ed, l’actuel chef du Parti travailliste, et de David, ancien secrétaire d’État. Dans les pages du quotidien britannique, le journaliste Geoffrey Levy met en doute le patriotisme de ce philosophe marxiste, décédé en 1994 à l’âge de 70 ans et qui a influencé la carrière politique de ses fils. Selon lui, Ralph Miliband, un Belge de confession juive, qui avait immigré en Grande-Bretagne en 1940 au début de la Seconde Guerre mondiale, n’avait rien "d’autre que du mépris pour les valeurs britanniques, ses traditions et ses institutions".

Pour appuyer sa thèse, le rédacteur cite des extraits du journal intime écrit à l’âge de 17 ans par le tout nouveau migrant : "L’Anglais est un nationaliste enragé. Ils sont peut-être les gens les plus nationalistes au monde. On voudrait presque qu’ils perdent la guerre pour leur montrer ce que sont vraiment les choses". Avec ironie, Geoffrey Levy souligne également que ce "dégoût" n’a pas empêché Ralph Miliband de recevoir la meilleure des éducations en Grande-Bretagne et d’y passer le reste de sa vie.

Dans son édition du 1er octobre, le Daily Mail refuse de s'excuser mais publie le droit de réponse d'Ed Miliband
© Twitter

"Des mensonges"

Après la publication de l'article, le leader du Labour Ed Miliband a vivement réagi à ces accusations. Dans un droit de réponse rendu public le 1er octobre dans les pages du "Daily Mail", il défend l’honneur de sa famille. "Je l’aimais et il aimait la Grande-Bretagne. Il n’y a aucun argument crédible dans ce papier ou de preuves dans sa vie qui peut justifier ce titre à sensation", écrit l’homme politique. Ed Miliband rappelle que son père s’était également engagé durant la guerre dans la Royal Navy : "Il l’a fait car il était déterminé à faire partie du combat contre les nazis et pour aider sa famille cachée en Belgique. Il combattait pour la Grande-Bretagne."

Le jeune chef de parti a même reçu le soutien de ses opposants politiques. Interrogé au sujet de l’article du "Daily Mail", le Premier ministre conservateur David Cameron a exprimé sa sympathie, rapporte le "Telegraph" : "Il n’y a pas un jour où l’on ne pense à son père et à tout ce qu’il représentait. Je comprends donc parfaitement pourquoi Ed a voulu donner sa propre version". Le vice Premier ministre Nick Clegg a lui aussi appuyé le droit de réponse de son adversaire travailliste dans un message publié sur Twitter : "Je soutiens Ed Miliband dans la défense de son père. La politique devrait être un jeu où on attaque le ballon, mais pas le joueur et encore moins sa famille".

Une attaque contre le fils

Michael Newman, l’auteur du livre "Ralph Miliband and the Politics of the New Left", dont sont extraites les citations du journal intime de l’adolescent, a lui aussi vivement critiqué le travail journalistique du "Daily Mail". Dans une lettre ouverte dans le "Guardian", il explique que son ouvrage a été "déformé" et que la véritable cible de Geoffrey Levy n’est pas Ralph Miliband, mais son fils, le chef du Parti travailliste, que l’on accuse de vouloir faire "aboutir la vision" politique de son père. Mais pour ce professeur, cette théorie est "absurde", car le père et le fils s’opposent sur certaines doctrines. Alors que "Ralph pense que le capitalisme responsable est en lui-même une contradiction", Ed veut "sauver le capitalisme en le rendant plus décent, humain et fraternel".

Pour certains observateurs de la vie politique britannique, l'article du "Daily Mail" n’est pas seulement une attaque personnelle contre le chef du Parti travailliste. Dans une analyse publiée sur le site de ABC, la correspondante européenne de la chaîne américaine Barbara Miller note ainsi que cette polémique a lieu a un moment bien précis, à une semaine "d’une réunion à Westminster au cours de laquelle la Grande-Bretagne pourrait adopter un nouveau système au sujet de la régulation de la presse".

Lancé en 2011 à la suite du scandale des écoutes téléphoniques illégales pratiquées par le tabloïd "News of The World", l’idée d’une charte royale censée empêcher les dérives des médias suscite une vive opposition de la part de nombreux journaux dont le "Daily Mail". Pour l’analyste des médias Steve Hewlett, cité par ABC, il ne fait donc aucun doute que le journal britannique a profité de "cette opportunité pour s’attaquer à l’un des principaux leaders politiques, Ed Miliband, qui soutient cette nouvelle charte".

Malgré ces nombreux soutiens exprimés un peu partout dans les médias britanniques, le "Daily Mail" n’a aucune intention de se rétracter. Juste à côté du droit de réponse de Ed Miliband, le journal a publié un article au titre sans concession : "Pourquoi nous ne nous excuserons pas". Pour sa défense, le rédacteur en chef Jon Steafel soutient que Ralph Miliband "détestait les institutions britanniques comme la reine, l’Église et l’armée et il voulait une révolution des travailleurs. Nos lecteurs ont le droit de le savoir". 

Première publication : 02/10/2013

  • ROYAUME-UNI

    Battu par son frère en 2010, David Miliband finit par abandonner la vie politique

    En savoir plus

  • ROYAUME-UNI

    Un premier discours plutôt centriste pour "Ed le rouge"

    En savoir plus

  • ROYAUME-UNI

    La tête du Parti travailliste, un fauteuil pour deux... frères

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)