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EUROPE

Lampedusa : après la tragédie, la polémique sur les secours

© AFP

Vidéo par Philomène REMY

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 06/10/2013

Alors que les opérations de repêchage des corps ont repris au large de Lampedusa, des témoins du drame remettent en cause l'action de sauvetage des autorités. D'autres critiquent la politique d'immigration italienne.

Alors que des cérémonies de commémoration se multiplient pour rendre un dernier hommage aux 300 victimes du naufrage survenu jeudi dernier aux abords des côtes de Lampedusa, la polémique enfle sur l'action des services de secours.

L'agence de presse italienne Ansa annonce que 70 nouveau corps ont été repêchés dimanche au large de l'île de Lampedusa.

Des accusations de personnes qui ont sauvé des naufragés lors de la tragédie de Lampedusa, selon lesquelles les secours envoyés par les autorités ont mis longtemps à arriver, suscitent la controverse en Italie.

"Choisir qui on allait sauver"

Marcello Nizza faisait partie d'un groupe de huit personnes qui se trouvaient en mer pour une partie de pêche nocturne lorsqu'il a entendu dans l'obscurité, avant l'aube, des appels de détresse. "Soudain, ça a été l'enfer", a-t-il déclaré samedi. "Le pire, c'était de

choisir qui on allait sauver, en sachant que les autres allaient se noyer".

Ce dernier a raconté que lui et ses camarades avaient commencé à 6h30 heure locale (04h30 GMT) à hisser sur leur bateau des survivants du naufrage, nus et rendus glissants par le gazole qui s'était échappé de leur navire, et qu'ils avaient appelé la garde côtière à 6h45.

Ce touriste, qui semble hanté par le drame auquel il a assisté, a déclaré qu'il avait ensuite fallu environ 45 minutes aux garde-côtes pour arriver sur place, alors que le naufrage avait eu lieu à environ 500 mètres de la côte de Lampedusa.

De son côté, la garde côtière rejette cette accusation. Elle dit n'avoir reçu le premier appel qu'à 7h00 et être arrivée sur les lieux 20 minutes plus tard.

Par ailleurs, Marcello Nizza affirme que lorsque son bateau de pêche, le Gamar, est rentré au port de Lampedusa avec 47 clandestins survivants, il a été empêché de repartir en mer parce que les garde-côtes lui ont dit qu'ils devaient auparavant obtenir une autorisation officielle pour lui permettre de le faire. "J'aurais pu sauver plus de naufragés si les secours étaient arrivés à temps et s'ils nous avaient permis de ressortir plutôt que d'attendre la permission de Rome", a-t-il dit.

Filippo Marini, porte-parole des garde-côtes, a déclaré qu'une "autorisation" n'était pas requise, mais que la garde côtière devait coordonner les opérations de secours lorsqu'elles impliquent à la fois des navires officiels et des navires privés. "Sinon ce serait le chaos", a-t-il dit.

L’agence de coordination mise en cause

Un autre aspect de la polémique est la mise en cause par le gouverneur de Sicile, Rosario Crocetta, de l'agence Frontex, chargée de coordonner la surveillance des frontières extérieures de l'UE. "Où était Frontex jeudi matin ? N'ont-ils pas de radar ? Est-il plausible que personne n'ait vu ce bateau ?", a demandé le gouverneur. "Quel genre

de contrôle avons-nous si nous ne trouvons les gens que lorsqu'ils sont en train de mourir, si nous n'avons pas assez de radars ?", a-t-il ajouté.

De plus, le maire de Lampedusa, Giusi Nicolini, a estimé qu'une loi italienne très controversée pourrait avoir dissuadé certains citoyens de se porter au secours des naufragés. Cette loi réprime les personnes considérées comme ayant facilité une immigration illégale.

Des "normes inhumaines"

Evoquant semble-t-il des bateaux de pêche qui, selon certaines informations, auraient quitté les lieux sans intervenir, Giusi Nicolini a déclaré à des journalistes : "Les bateaux de pêche sont partis parce que notre pays a traduit en justice des pêcheurs et des propriétaires de bateaux qui avaient sauvé des vies et qui ont été accusés d'avoir favorisé une immigration illégale". Et d’ajouter, "le gouvernement doit changer ces normes inhumaines", a-t-elle déclaré.

Salvatore Martello, président du consortium des pêcheurs, s'est révolté, devant des journalistes de l'AFP, contre le soupçon que des bateaux de pêche aient ignoré les appels de détresse des naufragés.

"Un vrai marin ne laisse jamais personne dans l'eau", a-t-il dit, en rappelant que les pêcheurs de Lampedusa, plus proche de l'Afrique du nord que du reste de la Sicile, "sont habitués à sauver les vies" des migrants.

Avec dépêches

Première publication : 06/10/2013

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