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SPORT

La Dolce Vita de Rudi Garcia, l'entraîneur français de l’AS Roma

© AFP

Texte par Marc DAOU

Dernière modification : 06/10/2013

Sept matchs sept victoires. D'abord accueilli avec scepticisme par la presse italienne et les supporteurs romains, l’entraîneur Rudi Garcia est en train de ressusciter l’AS Roma, en tête de la Serie A.

"Veni, Vidi, Vici". Nul doute qu’en quittant, après cinq ans de bons et loyaux services, Lille et la Ligue1 pour l’AS Roma, Rudi Garcia ne pensait pas signer des débuts aussi fracassants en Italie. En empochant un septième succès en sept journées de championnat, samedi à l’extérieur face à l'Inter de Milan (3-0), son équipe impressionne. Elle caracole à la première place du classement de la Serie A devant la Juventus et Naples, après avoir marqué 20 buts marqués contre un seul encaissé.

À 49 ans, le premier Français à entraîner un club de l’élite italienne, a donc réussi à conquérir en un temps record le respect des supporteurs romains, aussi passionnés qu’exigeants.
 
D’autant plus que, non content de tutoyer le sommet du championnat depuis le début de la saison, la Roma version "Mister Garcia" a en plus remporté haut la main l’importantissime derby romain, fin septembre, contre la Lazio honnie. "J’ai quelque chose à vous dire : je suis Romanista", a lâché Rudi Garcia après le seul match qui compte aux yeux de la Ville éternelle et des tifosi des "Giallorossi". Une déclaration d’amour prononcée en italien qui lui a valu les applaudissements des journalistes présents à sa conférence de presse.
 
Accueilli avec scepticisme
 
Pourtant la tâche ne s’annonçait pas aussi facile de l’autre côté des Alpes pour l’ancien coach lillois. Et pour cause, la saison dernière, l’AS Roma avait fini 6e de Serie A et échoué en finale de la Coupe d’Italie face aux rivaux de la Lazio. Une claque humiliante pour le club qui se voyait priver par la même occasion de toute compétition européenne.
 
Totalement inconnu en Italie, Rudi Garcia laissait sceptiques bon nombre d’observateurs avisés du calcio et de "tifosi" du club romain qui attendaient plus tôt une grosse pointure pour entraîner leur club. D’aucuns se demandaient comment celui que la presse italienne avait surnommé "le sergent Garcia" allait supporter la pression de la Serie A, tout en sachant que l’AS Roma a consommé pas moins de cinq entraîneurs lors des deux derniers exercices.
 
Francesco Totti et l'AS Roma enchaînent les victoires
© AFP
Pour ne rien arranger, l’effectif romain avait perdu certains de ses meilleurs éléments pendant le mercato laissant craindre des débuts compliqué pour le club de la Louve. Sont notamment partis le buteur international italien Pablo Osvaldo, le stratège argentin Erik Lamela, le crack brésilien Marquinhos, qui fait désormais les beaux jours de la défense parisienne.
 
Or ces départs n’ont nullement impacté le rendement des hommes de l’ancien coach lillois. Le recrutement intelligent effectué par la Roma, qui a notamment enregistré les signatures du latéral brésilien Maicon, du milieu à tout faire néerlandais Kevin Strootman, du solide défenseur central marocain Medhi Benatia, de la pépite serbe Adem Ljajic et surtout du virevoltant ailier ivoirien Gervinho, une recrue exigée par Rudi Garcia en personne qui l’avait entraîné à Lille, ont donné un nouvel élan aux "Giallorossi". Encadrés par les deux icônes emblématiques Francesco Totti, toujours aussi décisif et Daniele De Rossi, toujours aussi combatif, l’effectif paraît parfaitement équilibré et d’un réalisme froid pendant les matchs.
 
Pari insensé
 
Le mérite de ce pari insensé tenté par la Roma revient à l’audacieux directeur sportif du club, Walter Sabatini. Ce dernier, qui a récemment confié avoir longuement étudié le travail effectué par Rudi Garcia à Lille ne peut aujourd’hui, tant que les résultats suivent, que se féliciter de son choix. "Garcia a fait du bon travail en France, il a gagné [doublé coupe et championnat de France en 2011, NDLR], et surtout toutes ses équipes ont joué un football spectaculaire, c’est pourquoi nous l’avons choisi pour ce job", a-t-il déclaré à la chaîne de télévision Sky Sport Italia, samedi.
 
Si les débuts tonitruants de Rudi Garcia sont confirmés et que les résultats positifs s’enchaînent, les fidèles de l’AS Roma pourront sérieusement se remettre à rêver, eux qui sont sevrés de titres de champion d’Italie depuis 2001. Sur la page Facebook du club de la Louve, les compliments et les marques d’affection se multiplient en faveur du "Francese". 
 
Conscient des dangers que provoquent l’excès de confiance et l’enthousiasme qui en ont fait chuter plus d’un en Italie, trop expérimenté pour ne pas redouter la versatilité des supporteurs en cas de coup dur, Rudi Garcia joue la prudence. "Nourrir trop d’espoirs aujourd’hui pourrait nous conduire vers des désillusions, a-t-il déclaré samedi à l’Équipe. Pour cette raison, nous devons rester humbles et on fera les comptes à la fin du Championnat".

 

Première publication : 06/10/2013

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