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Culture

Vidéo : Patrice Chéreau au cinéma, de "La chair de l'orchidée" à "Persécution"

© Archives - AFP | Patrice Chéreau au Festival de Cannes en mai 2003

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 08/10/2013

Immense homme de théâtre, le Français Patrice Chéreau, décédé lundi, était aussi un réalisateur accompli. De "La chair de l'orchidée" en 1974 à "Persécution" en 2009, il n'a cessé de bousculer les spectateurs avec des œuvres tragiques.

Décédé à Paris lundi 7 octobre, à l’âge de 68 ans, Patrice Chéreau est reconnu mondialement pour son travail de metteur en scène. Mais l’homme de théâtre était aussi un cinéaste talentueux. Au cours de sa carrière, ce fils d’artistes peintres a réalisé dix films qui, chacun à leur manière, ont marqué le cinéma français avec des thèmes dramatiques et particulièrement sombres.

En 1974, à l’âge de 31 ans, Patrice Chéreau passe pour la première fois derrière la caméra avec une transposition de "La Chair de l'Orchidée" de James Hadley Chase. Il met ensuite en scène Simone Signoret en 1978 dans "Judith Therpauve", l’histoire d’une veuve d’un grand résistant qui accepte de sauver un journal à la dérive après la guerre. Mais il faudra attendre 1984 avec "L’homme blessé" pour que le cinéaste rencontre son premier succès critique. Présenté au Festival de Cannes, ce film, avec Jean-Hugues Anglade, dresse une peinture sombre de l’homosexualité.

Quatre ans plus tard, il revient sur la Croisette avec "Hôtel de France", une transposition du "Platonov "de Tchekhov dans une époque moderne. Ce long-métrage révèle une nouvelle génération de comédiens dont Valeria Bruni-Tedeschi, Agnès Jaoui ou encore Vincent Pérez. C’est finalement en 1994 que Patrice Chéreau réalise son œuvre la plus marquante, "La Reine Margot". Dans cette fresque sanglante et tragique, il revient sur le massacre de la Saint-Barthélemy. Le film récolte une moisson de prix avec deux récompenses à Cannes (Prix du Jury et prix d’interprétation féminine), ainsi que cinq César, dont celui de la meilleure actrice pour Isabelle Adjani.

En 1998, le réalisateur connaît de nouveau le succès avec "Ceux qui m’aiment prendront le train", un regard intimiste sur la mort et une famille en crise, servi par un casting talentueux mené par Jean-Louis Trintignant, Charles Berling ou encore Dominique Blanc.

"Intimité", une passion amoureuse filmée à Londres, et interprétée en anglais, lui permet de remporter, à Berlin, l’Ours d’Or du meilleur réalisateur en 2001. Toujours au cœur d’histoires tourmentées, il filme ensuite avec "Son Frère" (2003) l’agonie d’un jeune homme atteint d’une maladie incurable.

La souffrance est également présente dans "Gabrielle" (2005), une adaptation de Joseph Conrad sur la désagrégation d'un couple de la bourgeoisie parisienne, incarné par Pascal Greggory et Isabelle Huppert. Avec "Persécution", en 2009, Patrice Chéreau signe son dernier film. Dans ce thriller psychologique, Romain Duris et Charlotte Gainsbourg vivent une passion malheureuse et paranoïaque. Sans limite, le cinéaste n’aura cependant pas réussi à réaliser une œuvre qui lui tenait à cœur, dans laquelle Al Pacino était censé incarné Napoléon, l’empereur français exilé à Sainte-Hélène.

Première publication : 08/10/2013

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