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EUROPE

Immigration : l'Europe du Sud réclame plus d'implication des pays du Nord

© AFP | Le port de Lampedusa, le 4 octobre

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 08/10/2013

Les ministres de l’Intérieur européens, réunis à Luxembourg, doivent aborder la question des politiques migratoires en Europe, cinq jours après le drame de Lampedusa. Les pays du Sud de l’UE demandent une révision des politiques d’asile en Europe.

L’onde de choc provoquée par le récent naufrage au large de Lampedusa, au cours duquel plus de 200 personnes ont péri, continue de secouer l’Europe, cinq jours après le drame. Les préoccupations liées à opération de sauvetage, toujours en cours, a rapidement fait place à des interrogations sur les responsabilités de l’Union européenne (UE) dans cette énième tragédie de l’immigration clandestine et à l’inadéquation des politiques de migration en vigueur sur le Vieux Continent.

Deux navires, l'un battant pavillon du Panama et l'autre du Danemark, ont sauvé plus de 400 immigrés dans la nuit de lundi à mardi.

La cargo panaméen Begonia G. a sauvé 263 immigrés, qui se disent Syriens et Palestiniens, alors que leur embarcation se trouvait en difficulté à plus de 100 km des côtes siciliennes. Le groupe, comprenant 63 femmes et près de 80 mineurs, est arrivé à l'aube à Catane, dans l'est de la Sicile.

Quant au cargo danois, il a embarqué 141 immigrés qui se disent Syriens, dont 39 femmes et 28 enfants, et faisait route vers le port de Pozzallo, en Sicile.

Dès jeudi, Rome a exhorté les pays membres de l’UE à gérer le flot d’immigrants clandestins qui débarquent chaque année sur ses côtes. Depuis janvier 2013, affirment les autorités italiennes, 22 000 clandestins sont arrivés dans le sud du pays, soit trois fois plus qu'en 2012. "De nouvelles solutions doivent être trouvées au niveau européen", a affirmé le président du Conseil italien, Enrico Letta.

L'Italie, comme de nombreux pays du Sud de l’Europe, notamment l’Espagne, Malte, la Grèce, Chypre et la Croatie, souhaiterait que soient révisées les règles européennes en matière d’accueil des migrants. Car ce sont principalement par leurs frontières que passent les clandestins en provenance de Tunisie, d’Égypte, de Lybie et de Turquie. Et c’est donc à eux qu’échoit la tâche d’accueillir, d’héberger et de traiter les demandes d’asile, conformément au règlement dit Dublin II, adopté en 2003. En contrepartie, l’UE leur octroie une aide financière : à ce titre, l’Italie doit percevoir cette année 130 millions d’euros.

Réviser les politiques d’asile

Cette mission devient bien lourde à gérer pour les pays du Sud de l'Europe, qui plaident pour une révision des accords de Dublin. Ce à quoi 24 des 28 pays de l’UE ont opposé une fin de non-recevoir catégorique.

"Dublin II n'a pas a être modifié", a immédiatement répondu le ministre allemand de l’Intérieur, Hans-Peter Friedrich. Même son de cloche de la part de ses homologues danois et suédois : "l'UE a tous les instruments nécessaires pour faire face", a affirmé le Danois Morten Bodskov. "Tous les États devraient faire aussi bien que la Suède et l'Allemagne" en matière d'asile, a pour sa part réagi le Suédois Tobias Billström. Même la commissaire européenne des Affaires intérieures, Cécile Malmström, a estimé que "ce n’était pas le jour" pour aborder cette question.

Selon les données d’Eurostat, l’office statistique de l’UE, ce ne sont en effet pas les pays du Sud de l’Europe qui accueillent la majorité des demandeurs d’asile, mais bel et bien ceux du Nord. En 2012, ils ont été plus de 330 000 à frapper aux portes de l'UE. Environ 77 500 des demandes ont été enregistrées en Allemagne, 60 600 en France, 44 000 en Suède et 28 000 en Belgique et au Royaume-Uni (soit 70% du nombre de demandes). L'Italie a, elle, enregistré 17 500 demandes. L’an dernier, environ 100 000 permis de séjour ont été accordés dans l’UE. Les deux tiers l’ont été en Allemagne, en Suède, en France et au Royaume-Uni.

Mais au Sud, dans des pays frappés de plein fouet par la crise et soumis à de drastiques coupes budgétaires, l’accueil des migrants devient problématiques, alors que, depuis les révolutions arabes et l’intervention en Libye, l’immigration venue d’Afrique du Nord s’intensifie. Les gouvernements fustigent l'indifférence des capitales du Nord, qui font la sourde oreille face aux difficultés rencontrées par leurs voisins.

Et pourtant, en 1999, le traité d’Amsterdam avait prévu de mettre en place une politique migratoire commune. Mais 16 ans après sa ratification, le projet est resté lettre morte : rares sont les directives de ce traité, sur la question de l’immigration, à avoir été transposées dans les législations nationales. Dans les faits donc, aux yeux des pays européens, la gestion des vagues de migrants arrivant à Lampedusa, ainsi que les régulières tragédies dans le canal de Sicile, restent un problème purement italien, à la charge des autorités de Rome.

Frontex souffre d’un manque de moyens

Le budget de l'agence de surveillance des frontières européennes Frontex est "insuffisant", a estimé, mardi, Laurent Fabius, alors que les pays membres sont appelés à renforcer son action après le drame de Lampedusa.

"Il faut être plus efficace, beaucoup plus efficace que l'Europe ne l'a été sur les actions de surveillance" de ses frontières, a souligné le ministre devant les députés français.

Le chef de de la diplomatie française, qui intervenait lors de la séance de questions orales à l'Assemblée nationale, a également estimé que "Interpol et Europol doivent agir" contre les passeurs "qui font leur fortune sur la misère et le trafic humain".

Pourtant, des outils ont été mis en place pour aider les pays à gérer l’immigration clandestine. En 2004, l’UE s’est ainsi dotée d’une agence de surveillance de ses frontières : Frontex. Son objectif : "soutenir la coopération opérationnelle entre les États membres en matière de gestion des frontières extérieures, de les assister pour la formation des garde-frontières nationaux, d’effectuer des analyses de risques, d’organiser des opérations conjointes de retour des clandestins dans leurs pays d’origine", explique la Marine nationale française.

Mais l’agence n’emploie que 300 agents pour surveiller quelque 50 000 km de frontières. Autant dire que son efficacité reste faible en matière d’aide aux autorités nationales et de régulation de l’immigration clandestine, même si, à en croire la Commission européenne, "Frontex a permis de sauver 16 000 vies en Méditerranée" au cours des deux dernières années. D’autant plus que l’agence, dotée en 2011 d’un budget de 118 millions d’euros, a vu son financement fondre à 85 millions d’euros, restrictions budgétaires obligent…

L’UE nourrit aujourd’hui l’ambition de doubler Frontex d’un système de surveillance satellitaire du trafic en Méditerranée, baptisé Eurosur. Son objectif : cibler les bateaux en difficulté et permettre une meilleure coordination entre États pour venir au secours des embarcations en danger. Son coût est évalué à 244 millions d’euros entre 2014 et 2020, il doit être validé par le Parlement européen dans les jours qui viennent.

"Approche prohibitionniste"

Reste qu’aux yeux des ONG et de nombreux experts, la multiplication des drames liés à l’immigration en Méditerranée tient essentiellement dans la philosophie même des politiques migratoires européennes. Migreurop dénonce ainsi les effets pervers d’une logique sécuritaire. "Faut-il rappeler que si des Syriens en fuite tentent, au risque de leur vie, la traversée de la Méditerranée, c’est parce que les pays membres de l’UE refusent de leur délivrer les visas qui leur permettraient de venir légalement demander asile en Europe ?"
 
Pour Bruno Cousin, maître de conférence spécialiste de l’Italie à l’université de Lille, tout tient à "la façon dont les politiques de contrôle des frontières sont conçues par l’État italien comme par l’agence européenne Frontex". "Il faut cesser d’avoir une approche prohibitionniste, de penser qu’on met en place des politiques pour arrêter les flux migratoires, estime-t-il. On ne peut pas les arrêter."

Première publication : 08/10/2013

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