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FRANCE

"L’islamophobie à la française" selon Claude Askolovitch

©

Texte par Assiya HAMZA

Dernière modification : 15/10/2013

Dans "Nos mal-aimés. Ces musulmans dont la France ne veut pas", le journaliste dénonce la mise au ban de la société de cette communauté dans l'Hexagone. Un ouvrage nourri de témoignages de fervents pratiquants qui finit par perturber le lecteur.

Le titre est accrocheur, l’auteur bien connu du grand public. Lassé par "l’imbécilité des discours dominants ou politico-médiatiques sur l’islam, sur les musulmans et ce qu’est la France", Claude Askolovitch a décidé de dénoncer "la maladie française" qu’est l’islamophobie en publiant "Nos mal-aimés : ces musulmans dont la France ne veut pas" (Éditions Grasset). Un livre, étrillé par les critiques, basé sur des rencontres qui viennent nourrir les propos du journaliste.

La France est "islamophobe". "C’est une bizarrerie française, affirme Claude Askolovitch, interrogé par France24.com. Des musulmans pratiquants, voire très pratiquants, font partie de cette société multiculturelle et multireligieuse qu'est la France, or ce pays à cette incapacité à gérer des conflits en tenant compte de cet état de fait". En effet, la France est "aussi" musulmane.

Cette France "bigarrée et compliquée"

C’est une partie de cette France musulmane que Claude Askolovitch a voulu rencontrer afin de lui donner la parole. Il prend la défense de l’islam en rappelant que le pays a changé, qu’il continue de changer et qu’il faut l’accepter. C’est "irréversible", écrit-il. La France est devenue "bigarrée et compliquée". Malheureusement "nos principes démocratiques et républicains cèdent dès qu’il s’agit de l’islam". Ce journaliste ,qui a arpenté les plus grandes rédactions de la place de Paris, estime insupportable qu’au nom "même de la laïcité" on tape "sur des personnes en leur assénant ‘vous ne faîtes pas partie de la société’".

On comprend le tiraillement de ces pratiquants face à une société qui défend bec et ongles la laïcité. On entend la colère de Sabrine, contrainte d’enlever le voile, qu’elle avait choisi de porter dès l'adolescence, pour raisons professionnelles. On entend la détresse de Katia, réduite à faire sa prière dans un placard à balais. Mais n’est-ce pas tout simplement le prix à payer pour vivre dans une société où, au nom de la laïcité, le port ostensible de signes religieux est interdit ? Ainsi, en octobre 2009, le proviseur du lycée Dumont d’Urville de Toulon avait refusé l'accès de son établissement à un abbé portant la soutane. Le journal du Sud-Ouest "Var-Matin" en avait évoqué d’autres. Malgré la mobilisation de la communauté Sikh, le turban est toujours interdit en France.

L’arbre qui cache la forêt

Claude Askolovitch, au fil de ses rencontres, a croisé un salafiste, salarié à la régie des transports de Marseille, un converti dont la femme ne sort plus du domicile conjugal car elle ne peut porter la burqa, des étudiants de Sciences-Po etc… "Cela ne signifie pas pour autant que toute personne d’origine arabo-musulmane porte une barbe, une moustache ombrée pour faire comme le prophète où un foulard sur la tête. Bien évidemment non". Et c’est là où le bât blesse. En ne présentant que des "musulmans engagés, intégristes pour certains", et bien qu’il se défende d’avoir fait un "panorama scientifique des musulmans", Claude Askolovitch met en lumière la vision du monde d’une minorité de Français musulmans. "Un parti pris dû au hasard des rencontres, se défend-il. Je suis journaliste, je m’intéresse à des gens, mais je ne prétends pas représenter un tout qui n’existe pas".

"Il n’y a pas d’individus dès que l’on parle de l’islam. Il y a des archétypes", dénonce-t-il. Et pourtant, à travers ses rencontres, ce sont ces fameux archétypes que paradoxalement il nourrit. Où sont ces millions de Français musulmans qui n’aspirent ni à la ségrégation sexuelle chez eux, ni sur leur lieu de travail ; qui ne portent pas la barbe ou le voile ; qui fêtent les anniversaires et Noël tout comme ils fêtent l’Aïd ? Nulle part. Comme toujours. Ces Français-là n’existent ni pour les islamophiles, ni pour les islamophobes.

Lorsqu’on souligne que son ouvrage pourrait nourrir l’islamophobie qu’il dénonce, Claude Askolovitch se braque. "L’islamophobie est née avant mon bouquin, avant même que l’on voit la moindre burqa dans les rues de Paris, avant les grandes affaires de foulard. Regardez ce qui est écrit dans les grands journaux et qui n’est jamais vérifié [l’islamisation de Chanteloup les vignes lors de l’affaire de la crèche Baby-Loup NDRL]. Un bouquin est une œuvre personnelle. Ce n’est que mon voyage, mon regard, mon opinion".

"La musulmane est l’enfermée de la République"

Quant au voile, il revient sans cesse dans cet ouvrage. "C'est beaucoup plus embêtant de ne pas embaucher une femme voilée que d'avoir un Noredine qui a une conception radicale ou intégriste de sa religion. S'il considère que les hommes et les femmes doivent vivre séparément en dehors du foyer, c’est lui. Il affiche la couleur et ne prétend pas être un humaniste ou un progressiste. Le problème c’est quand des humanistes excluent des gens qui ne leur ont rien fait au nom de leur humanisme". Claude Askolovitch le défend et affirme que la laïcité opprime les musulmanes. La République est allée trop loin en interdisant le port du voile à l’école. Il prend aussi la défense de l’employée voilée de la crèche Baby-Loup, licenciée à cause de son foulard. "Dans les années 80, la 'beurette' était l’avenir de l’immigration. Au XXe siècle, la musulmane est l’enfermée de la République", écrit Claude Askolovitch. Toutes les musulmanes ne sont pas des marranes [Sous l'Inquisition, les juifs convertis au catholicisme mais restés fidèles à leur foi, NDLR], c'est-à-dire des femmes contraintes de renoncer au voile pour travailler, mais qu’elles garderaient précieusement "plié dans un coin de leur tête". Penser que le voile se résume à un bout de tissu est une illusion. Car au-delà du foulard, il y a une vision du monde qui se heurte à celle des autres. Il y a parfois le refus d’être en présence d’hommes, même quand il s’agit d’un médecin, le refus de certains enseignements au nom de croyances religieuses comme la théorie de l’évolution de Darwin…

Près de trois Français sur quatre estiment que l'islam n'est pas compatible avec les valeurs républicaines, selon un sondage Ipsos réalisé en janvier 2013 pour le journal "Le Monde". Cette même enquête révélait que 8 Français sur 10 jugent que la religion musulmane cherche à "imposer son mode de fonctionnement aux autres" et que pour 54 % des sondés, les musulmans sont intégristes. C’est une catastrophe. La France est hostile à l’islam, tout simplement parce qu’elle méconnaît cette religion. Elle la redoute parce qu’elle n’y est confrontée qu'à la "faveur" d’un attentat terroriste ou d’un incident lors d'un contrôle d’identité d’une femme portant le voile intégral.

Les quelques portraits brossés par Claude Askolovitch, mêmes s’ils ne sont pas à l'image de la France musulmane, risquent d'alimenter des stéréotypes déjà bien ancrés.

Première publication : 14/10/2013

  • Claude Askolovitch, auteur de "Nos mal-aimés : ces musulmans dont la France ne veut pas"

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