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FRANCE

Procès du Tanit : les pirates somaliens condamnés à neuf ans de prison

© AFP

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 18/10/2013

Après une semaine de procès, les trois Somaliens, qui comparaissaient en France pour le détournement du voilier Tanit en avril 2009 et la séquestration de cinq otages, ont été condamnés à neuf ans de réclusion criminelle.

Les trois Somaliens, accusés d’avoir pris en otage les occupants du voilier Tanit, au large de la Somalie en avril 2009, ont été condamnés à neuf ans de réclusion criminelle par la cour d'assise d'Ille-et-Vilaine (Bretagne). L'avocat général, Brigitte Ernoult-Cabot, n'a donc pas souhaité différencier les responsabilités des accusés.

Tous trois ont comparu pour "détournement de navire par violence ou menace, arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire de plusieurs personnes, commis en bande organisée". L'avocat général avait requis dix à douze ans de réclusion à l'encontre des hommes qui étaient passibles de la prison à perpétuité. 

Le 4 avril 2009, les trois pirates somaliens avaient attaqué le voilier de 12 mètres, qui croisait à plus de 900 km des côtes somaliennes, avec à bord Florent Lemaçon, Chloé et leur fils Colin, trois ans et demi, ainsi que deux équipiers. Six jours plus tard, les commandos français tentaient de libérer les otages. Une opération qui s’est soldée par la mort de deux chefs pirates et du skippeur français.

Les regrets des accusés

Quatre ans après le drame, cette semaine de procès devant la cour d’assises d'Île-et-Vilaine a permis de mieux cerner la personnalité des accusés. Mohamed Mahamoud, Abdelkader Osmane Ali et Mahamoud Abdi Mohamed, âgés de 26 à 31 ans, se sont présentés comme des "exécutants" de la prise d’otages du 4 avril 2009. Des jeunes désœuvrés, affamés, qui ont cédé à la tentation d'une vie plus facile avec ce piratage, qui était "comme braquer une banque", selon l'un d'eux.

"Je n'ai jamais voulu causer la mort de quelqu'un, j'aurai préféré mourir moi-même", a assuré Mohamed. Les trois accusés ont expliqué - dans un contexte de traductions difficiles durant tout le procès - avoir été piégés par le recruteur et chef des pirates. Ils se sont sentis "redevables" envers cet homme, après que celui-ci leur eut offert nourriture, khat [drogue, NDLR] ou encore vêtements. Ce suspect n'a pas été extradé.

Toutefois, "la misère, ça ne justifie pas tout", a relevé mercredi 15 octobre l'ex-ministre de la Défense, Hervé Morin, à l'instar d'autres témoins lors de cette audience.

"Le vrai sentiment qu'une œuvre de justice a été faite"

Mais le procès a également eu le mérite d’apporter des réponses aux victimes et à leurs familles. "Mes clients sont arrivés dans cette enceinte sans aucune confiance dans la justice de leur pays", mais "ils en repartent avec le vrai sentiment qu'une œuvre de justice a été faite", a souligné, vendredi, lors de sa plaidoirie, l'avocat des parties civiles, Me Arnaud Colon de Franciosi. Il a précisé, que ses clients n'étaient pas venus au procès non pas "par vengeance" envers les trois pirates, mais "pour que les responsabilités des uns et des autres soient démontrées".

Les responsables militaires appelés à la barre ont confirmé, que la mort de Florent Lemaçon était bien due à une balle française, et qu'ils l'ont su dès la fin de l'opération commando le 10 avril 2010.

"À aucun moment, ils [mes clients, NDLR] n'ont mis en cause l'armée", a dit Me Arnaud Colon de Franciosi, rappelant qu'à "titre personnel, de nombreux militaires ont exprimé beaucoup de compassion" envers les victimes, et de l'aide "sur le plan humain".

Mais "les dirigeants de l'État français avaient pris la décision de donner une leçon aux dirigeants pirates à terre", a-t-il ajouté. "Florent Lemaçon est mort, pour moi, pour la raison d'État. On a souhaité que cette opération soit un signe très fort envers les Somaliens, les otages sont passés au second plan", a-t-il affirmé.

Avec dépêches

Première publication : 18/10/2013

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